Le monde a changé, les vampires aussi, les humains sont prêts pour la guerre...
 
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 Jane Volturi [Validée]

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Jane Volturi
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Âge Rpg : 14 ans / 395 ans
Statut marital : Célibataire
Particularité : Peut causer une douleur mentale insupportable aux personnes en les regardant.

MessageSujet: Jane Volturi [Validée]   Lun 27 Juil - 16:34



Jane Volturi



Nom : Volturi

Prénom : Jane

Age : 14 ans / 395 ans, née le 10 mars 1609

Race : Vampire

Statut marital : Célibataire

Particularité : Peut causer une douleur mentale insupportable aux personnes en les regardant



Histoire :


Il pleuvait à torrent, au-dehors, le village était noyé depuis plus de deux jours. Dans une des petites maisons, des femmes apportèrent plus de chandelles de suif et de lampes à huile, repoussant les hommes au loin, apportant de l’eau chaude, des linges. La doyenne du village était au bord du lit, contre le mur de la maison, devant  une femme allongée, la jeune April, le visage couvert de sueur et criant de douleur. Elle cria lorsqu’une nouvelle contraction survint, attrapant la main d’une voisine qui vint se placer à son chevet. Quelques femmes craignaient pour elle, l’accouchement était survenu plus d’un mois avant le terme, il s’agissait de son premier enfant, elle avait déjà perdu beaucoup de sang. On avait peur d’une nouvelle mort en couches, laissant le père seul avec un bébé. Ledit peur qui avait été repoussé dans la maison d’à côté, attendant avec le mari d’une des femmes aidant la future mère. Il n’y avait pas de présence masculine aux accouchements, c’était là une affaire de femmes. Cela évitait aussi des ennuis si l’enfant ou la mère trépassaient durant l’accouchement.

April avait à peine dix-neuf ans. Née dans ce village, elle avait épousé un an plus tôt Nathan Eastwood, charpentier de vingt-six qui venait de s’y installer pour le travail. Un coup de foudre, comme on pouvait le dire. Il était très bien bâti, musclé par son métier, les yeux noirs rieurs et les cheveux du même ton. Un bon vivant, qui n se faisait que rarement du souci, prenant la vie comme elle venait. Il était déjà venu travailler bien des fois au village avant de s’y installer pour de bon, construisant lui-même sa maison. C’était un homme très ouvert, souriant, qui aimait beaucoup s’amuser. Il était apprécié, bien considéré. Il avait aidé le père d’April à reconstruire sa maison, partiellement détruite à cause d’un incendie. Nathan aimait profondément ce petit coin d’Angleterre, ce village assez proche de la puissante Londres. Et surtout, il aimait profondément April.

La jeune femme était d’une blondeur étincelante, les yeux si bleus qu’ils en semblaient irréels. Des yeux qui changeaient tout, des yeux qui faisaient toute la différence, car bien qu’elle ait un visage commun, une silhouette ordinaire, son regard avait la capacité de capter, intriguer, fasciner. Elle avait une telle façon de vous observer que cela pouvait très vite devenir gênant, mettre mal à l’aise, voire effrayer. Elle était du genre silencieuse, renfermée sur elle-même. Si opposée à Nathan, en caractère et physique, que tous les villageois se demandaient comment ils avaient pu tomber amoureux. Et pourtant, ils s’aimaient, forts, ardemment. En ce jour, April allait mettre au monde le fruit de leur amour, tandis que son mari se rongeait les sangs en attendant la délivrance. Il l’entendait crier. Il l’entendait hurler alors qu’elle mettait le bébé au monde. Il tournait en rond, à la fois anxieux et impatient. Plus de deux heures passa encore avant qu’on ne vienne le chercher.

Il courut aussitôt au chevet de sa femme, bouche bée en voyant dans ses bras non pas un mais deux bébés. Deux nourrissons, minuscules, des jumeaux, un garçon et une fille. Ils ‘assit au bord du lit, près de sa femme, penché sur les nouveau-nés. La petite était née la première, puis son frère, presque aussitôt. Il les nomma Jane et Alex Eastwood, ses enfants, leurs premiers enfants. April étant épuisée, on coucha assez vite les bébés dans le berceau que leur père avait fabriqué. Nathan veilla sur elle alors qu’elle s’endormait, ses petits couchés l’un contre l’autre sous une couverture.

Elle mourut dans la nuit.

Le père d’April, Logan, emménagea avec Nathan et les bébés pour l’aider à s’occuper d’eux. C’était un homme un peu bourru, assez solitaire et mystérieux, qui mit longtemps avant de faire le deuil de sa fille unique. Pendant que Nathan partait pour de longues journées de travail, il s’occupa des jumeaux, les nourrissant, les changeant, veillant sur eux avec le plus grand soin, les élevant comme leur mère l’aurait fait. Il revoyait April en eux, surtout grâce à leur regard, et on ne pouvait douter qu’il aimait profondément ses petits-enfants. Nathan travaillait très dur pour subvenir aux besoins de ses enfants, enchaînant les chantiers, partant très tôt pour revenir souvent tard. Deux ans après la mort de sa femme, des troubles naquirent dans le pays. L’Eglise lançait peu à peu, dans toute l’Europe, une immense chasse aux sorcières. Des histoires couraient, on pointait du doigt des évènements étranges, on parlait de loups-garous qui se disséminaient dans le monde. Racontars, pour Nathan, qui ‘y prêta aucune attention. Les sorcières et les loups-garous n’existaient, personne ne pouvait être doté de pouvoirs surnaturels dans ce monde.

– Il ne faut pas prêter garde à ce genre de ragots inutiles, disait-il avec force.

Près de lui, Logan ne disait rien. Il se contentait d’écouter les uns et les autres, d’observer avec exactement le même regard dérangeant que sa fille décédée, un regard pensif et sombre. Les rumeurs allèrent bientôt plus vite, plus forts. On commençait à croire aux sorcières et autres démons. Des loups bien plus gros et terrifiants que les loups ordinaires de ces contrées étaient aperçus, la nuit, souvent sous la lumière de la pleine lune. Logan veillait désormais bien plus sur ses petits-enfants, deux jeunes enfants qui restaient souvent entre eux à jouer, repoussés par les autres petits du village car leurs regards étaient « dérangeants ». Logan les surveillait attentivement, décelant les signes qu’il avait guettés depuis leur naissance quand ils eurent tout juste cinq ans. Comme lui, comme leur mère, ces deux petits avaient hérité d’un don ancestral, deux dons plus précisément. Un pouvoir qui fusait par le regard, ce regard si marquant qu’ils avaient depuis toujours. Il décida de les entraîner en secret à camoufler leurs dons, ne voulant pas effrayer leur père avec ça, lui qui avait toujours ignoré les capacités spéciales d’April.

Jane se souvenait du jour où son père était mort à son tour, dans un accident de travail. Elle était accrochée à son frère, fourrés dans les jambes de leur grand-père, au cimetière. Elle se souvenait qu’il faisait très froid, que les gens présents à l’enterrement murmuraient entre eux en les regardant, eux et leur papi. Elle n’avait pas compris, ce jour-là, qu’ils étaient devenus des parias, pour les villageois. La peur ambiante se transformait en haine. Leur mère était morte en les mettant au monde, leur père, si apprécié au village, était mort à son tour. Ils étaient différents, ne se mêlaient pas aux autres, beaucoup d’histoires couraient sur leur grand-père. Il n’en fallait guère plus. A partir de ce jour, Jane comprit peu à peu que sa propre vie lui échappait. Le pouvoir qu’elle détenait commença à lui échapper, après des heures passées à le contrôler. Ce fut la même chose pour son frère et ils furent surnommés les « jumeaux en sorcellerie ». L’Inquisition, alertée, ne perdit guère de temps à venir au village…

Logan était assez âgé, à présent, et malgré un caractère fort et irascible, un côté vieux loup solitaire et un mépris marqué vis-à-vis des villageois, il n’avait rien perdu en courage ni en loyauté. Il savait ce qui allait arriver, il savait ce que risquait Jane et Alec, il savait qu’il souffrira beaucoup et qu’eux-mêmes auront la vie très dure, une fois seuls. Pourtant, il n’hésita pas à se porter seul responsable des événements qui étaient survenus, des ces crises de douleur ou de coma, et pour preuve, il en fit la démonstration devant tout le village, les inquisiteurs, les juges, un pouvoir « que ne pouvait posséder deux gamins », selon les juges. Il fut condamné à la pendaison et les enfants, âgés de dix ans, se retrouvèrent seuls, pour une vie de misère. Perdus, reclus, ils allèrent vivre dans une cabane à l’écart du village, juste à l’entrée de la forêt. Ils avaient vu leur grand-père en prison une dernière fois. Il leur avait interdit de venir à l’exécution, qu’ils n’avaient pas à voir ça. Ils devaient vivre, rien de plus.

Jane était plutôt petite, pour son âge, et fut amaigrie d’autant plus par cette période. Elle ressemblait néanmoins de plus en plus à sa mère, surtout par le regard. Le rejet et la peur qu’ils inspiraient aux villageois la remplissaient de peur, de colère, d’une rage qu’elle évacuait parfois sur les animaux, par accident, son regard laissant échapper ce trop plein de pouvoir qui l’étouffait. Un pouvoir qui avait causé la mort de son grand-père, dont elle voulait se débarrasser, mais elle ne le pouvait pas. Plus elle essayait de l’étouffer, de le reléguer dans un coin de son esprit à jamais, plus il ressortait avec violence, la prenant par surprise. Elle s’en rendait malade, tout lui échappait, et son frère n’était pas dans un meilleur état. Elle travaillait comme elle pouvait au village pour gagner un peu d’argent. Son frère était journalier dans les fermes aux alentours. La nuit, sil s‘enfermaient à double-tour, essayant de dormir, serrés dans les bras l’un de l’autre. Ils mouraient de froid et de faim.

Le jour de leurs douze ans, la neige cristallisait la forêt, il faisait si froid qu’une grosse épidémie de grippe était tombée sur le pays. La nuit était tombée et ils étaient affamés, épuisés, aux portes de la mort. Voyant son frère malade et tremblant de fièvre, Jane s’était levée, avait enfilé ses chaussures, recouverte d’un châle qu’elle avait serré autour d’elle, puis était sortie, dans l’espoir de trouver des plantes pour faire baisser la température et aider son frère à se sentir mieux. Elle avait un peu couru pour se réchauffer, seulement éclairée par la lumière froide et morbide de la pleine lune. Elle était déjà loin de chez elle. Arrivée dans une praire, elle se penchait pour trouver les plantes convoitées lorsqu’un grognement sourd et sauvage lui fit relever la tête. Elle vit avec horreur un loup immense, aussi gros qu’un cheval, à trois mètres d’elle, la bave aux crocs. Elle hurla lorsqu’il bondit, le pouvoir dont elle avait hérité jaillissant malgré elle. La bête tomba sur le sol avec un hurlement bestial, se tordant dans la terre et la neige, visiblement à l’agonie. Jane était elle aussi tombée à genoux, les yeux rivés sur le loup, qui disparut soudainement.

Elle sursauta, folle de terreur, et le repéra plus loin, avec des silhouettes humaines autour de lui. Il y eut un craquement et un feu jailli, où le loup fut jeté. Elle voulut se relever mais ses jambes ne lui obéissaient plus, son cœur battait trop vite, pulsant le sang dans ses veines et lui donnant le tournis. Elle fondit en larmes, tremblante comme jamais, lorsque quelqu’un s’agenouilla tout à coup devant elle. Redressant la tête, elle vit un homme habillé chaudement et d’une façon noble, avec les yeux noirs, des cheveux longs de la même couleur, et la peau si pâle. Il tendit la main et essuya doucement les larmes qui coulaient toujours. Elle tourna à nouveau la tête vers le feu, où ces hommes avaient jeté la bête.

– Que fais-tu ici à une heure pareille, fillette ?

Elle reporta son attention sur l’homme, balbutiant qu’elle avait besoin de plantes pour son frère, qu’il était très malade. L’homme lui sourit puis lui dit qu’il pouvait sans doute l’aider. Il la souleva tout à coup dans ses bras, la prenant par surprise, et se leva. Les autres personnes présentes leur jetèrent de drôles de regard et elle sentit la colère la brûler à nouveau. Oui, c’était ça, une brûlure qui la dévorait en permanence et qui parfois sortait d’elle sans aucun contrôle. L’homme, qui s’appelait Aro, la ramena ainsi chez elle, parlant sur le trajet du loup qu’elle avait stoppé tout net. Mais elle ne l’avait pas fait exprès… Il s’occupa lui-même de les soigner puis leur donna à manger. Il était très gentil, souriant, ne les brusquait pas et ne leur demandait pas non plus de comptes sur ce qu’ils pouvaient faire, tous les deux. Jane lui fut grandement reconnaissante, il leur avait sans aucun doute sauvé la vie. Il resta avec eux les deux jours suivants avant de repartir. Un départ que Jane regretta beaucoup, car ils n’avaient jamais plus rencontré une personne qui ne les traite pas de démons, sinon lui.

Les mois suivants, leur solitude ne fut que plus accrue. L’épisode du loup avait fait prendre conscience à Jane qu’elle n’arrivait pas à étouffer son pouvoir, qu’il surgissait selon sa peur ou sa colère, sans prévenir, toujours plus violent. Alec non plus ne parvenait pas à étouffer son don, qui était en quelque sorte l’opposé du sien. Jane ne pouvait dire qu’elle fut surprise le jour où vint les arrêter. Elle savait qu’ils seront toujours différents, qu’il n’y avait pas de place pour eux dans ce monde. Ils ne méritaient pas de vivre parmi le peuple anglais. Condamnés sans même un procès, ils furent attachés à un bûcher, tous les deux, sous les cris des villageois qui n’attendaient que cela depuis des années. Ils allaient mourir, comme leurs parents, comme leur grand-père. Le bûcher fut enflammé, la foule ria, Jane hurla. Son pouvoir échappa à son contrôle comme jamais, frappant au hasard selon où se portait son regard. On finit par hurler de lui envoyer une dague en plein cœur afin qu’elle cesse ses pouvoirs de sorcière, aux portes de la mort.

La douleur était terrible. Inimaginable. Elle n’arrivait plus à respirer. La tête tournée vers son frère, elle croisa son regard, ses lèvres remuant à peine pour former un adieu. Il y eut soudain des hurlements, dans la foule, mais elle ne distinguait plus rien. Elle ne pensait plus qu’à Alec, sa seule famille, l’autre moitié de son âme, la seule personne qu’elle aimait profondément sur cette terre. Elle se sentait partir lorsqu’il sentit une main glacée glisser sur son cou puis sur sa joue, lui faisant tourner la tête. La Mort ? Deux yeux rouges la fixaient intensément, elle ne parvenait à voir que ça. La Mort était là. La Mort la prit dans ses bras, l’arrachant aux flammes. Elle gémit, appelant Alec d’une voix brisée, puis se tut, son cœur s’arrêtant un peu avant de repartir faiblement. Elle voulait être près de son jumeau avant d’en finir. Les yeux rouges se penchèrent sur elle et elle sentit quelque chose de gênant à son cou. Elle ferma les yeux, sentant qu’on l’allongeait, sachant qu’elle était trop blessée pour survivre. Alec…

Elle attendait la fin mais son corps continuait de brûler, ses blessures à vif continuaient de lui arracher des gémissements de souffrance. Sa main effleura celle de son jumeau et elle s’y accrocha, désespérée. Elle sentait le sang, autour d’elle. Elle parvint à voir des corps gisant au sol puis les flammes du bûcher luire si fort. Elle était peut-être en enfer. Seule la main de son frère dans la sienne lui permettait de s’accrocher à la raison et ne pas penser au feu qui continuait de les consumer. Un feu qui nourrissait son pouvoir, un pouvoir qui voulait jaillir et frapper contre la cruauté du monde. La main glaciale revint sur son front, puis sur sa joue. Son cœur battait vite, à présent, comme s’animant une dernière fois avant de s’éteindre pour de bon. Son frère tressaillit tout à coup, serrant sa main sur la sienne. Elle rouvrit les yeux avec peine, le regard brouillé.

– On peut les déplacer ? demanda tout à coup une voix aux intonations basses et lasses.

– Pas tant que leurs blessures seront à vif.

Elle referma les yeux, ne pouvant les garder ouverts. Elle flottait dans une demi-inconscience, croyant halluciner ou devenir folle de douleur. Combien de temps cela dura ? La douleur ne stoppait pas, son corps continuait de la brûler, son frère souffrait autant qu’elle, elle le sentait. Ils se serraient la main, reliés ainsi l’un à l’autre. Une fois, la main froide avait essayé de séparer leurs mains, les éloigner l’un de l’autre, et seulement là, elle laissa un cri franchir ses lèvres, refusant qu’on la coupe de son frère pas alors qu’ils agonisaient tous les deux à terre. La main ne revint pas ensuite et elle crut même entendre un petit rire. Une éternité sembla passer avant qu’on ne la prenne tout à coup et la soulève, lui faisant perdre le contact de son frère du même coup. Elle gémit, le cœur battant toujours à une vitesse folle. Elle était dans les bras d’une personne, incapable de prendre le contrôle de ses membres, les yeux à demi ouverts, la tête reposant sur une épaule dure et froide, sur une veste mince. Son regard accroché son bras, la manche déchirée jusqu’au coude, révélant une peau fine, blanche, sans une trace. Mais elle avait brûlé… Elle brûlait encore maintenant. Le feu du bûcher n’avait pas quitté son corps.

Elle crut que ceux qui les emmenaient volaient, le paysage défilait sous ses yeux à une vitesse qu’elle n’aurait pas crue possible. Ils couraient, peut-être, elle ne savait pas. Elle ne savait même plus si elle était vivante ou morte, voulant juste retrouver son frère, être près de lui. Pitié, il était le seul qu’elle aimait encore… Elle ne lâcha plus un bruit ni un souffle tout le reste du trajet, presque évanouie, voyant parfois le soleil, parfois les étoiles. Certains de ses sens lui revenaient, elle entendait mieux, elle sentait parfois le vent sur sa peau. Ce dernier fait acheva de la convaincre qu’elle était bel et bien morte, car sa peau avait été détruite. Ils arrivèrent dans un autre endroit en intérieur, dans une sorte de chambre. La Mort jouait avec eux, ils étaient ballotés ici et là, elle avait perdu toute notion de temps. Mais ce fut dans cette chambre qu’elle retrouva Alec, allongé près d’elle. Ils se reprirent aussitôt la main, se soutenant mutuellement dans ce bûcher qui se poursuivait sans fin. Et leurs cœurs battaient toujours plus vite, plus forts, comme s’ils vivaient toujours.

Puis il cessa de battre.

Jane en fut d’abord abasourdie, restant sans bouger, les yeux grands ouverts. Elle savait, sans même se tourner, qu’Alec venait de vivre la même chose. Elle voyait… Tout très net, d’un seul coup. Les moindres détails du plafond au-dessus d’eux, de la chambre où ils étaient. Une architecture inconnue, le soleil au-dehors, les tableaux, elle voyait tout si parfaitement qu’elle en et le vertige. Elle se retourna sur son frère et hoqueta en voyant ses yeux rouges. Il porta une main à son visage avec un faible sourire et elle comprit qu’elle aussi les avait désormais de cette couleur. La brûlure n’était plus là, à l’exception de leur gorge. S’en était trop, beaucoup trop. Elle serra son frère dans ses bras et ils restèrent ainsi, blottis l’un contre l’autre sans bouger. Deux heures plus tard, on entra dans la chambre mais elle ne bougea pas pour autant. Une voix s’éleva et elle reconnu presque aussitôt celle d’Aro. Elle tourna le regard vers lui, choquée, ne comprenant plus du tout ce qui se passait.

– Vous êtes enfin réveillés, sourit-il.

Ce fut Aro qui se chargea de leur expliquer, avec patience, ce qu’ils étaient devenus, reprenant à partir du moment où les avait sauvé sur le bûcher, leur transformation, puis les caractéristiques de leur nouvelle race. Il s’était assis au bord du lit pour tout leur dire, les détailler, les laissant accrochés l’un à l’autre sans faire le moindre commentaire. Jane le crut assez vite, d’abord parce qu’elle pouvait voir son frère, ressentir la brûlure de sa gorge, ensuite parce que c’était lui qui les avait sauvé, par deux fois, ils lui devaient la vie. Et même si ce n’était plus une vie humaine, ils avaient échappé à leur condition, à l’Inquisition, à la haine, à la mort. Ils étaient tous les deux, ils ne se quitteront jamais. Et surtout, ils n’étaient plus seuls. C’est cela surtout qui aida Jane à tout accepter. Ils avaient enfin une place dans ce monde, un endroit où ils pouvaient légitimement se sentir chez eux. Maintenant, ils faisaient parti d’un clan, ils ne seront plus jamais seuls.

L’arrivée des jumeaux dans le clan ne se fit pas sans quelques heurts. Ni Alec ni elle n’avaient le moindre début de contrôle sur leurs pouvoirs et beaucoup de gardes en firent les frais. Des dons soumis à leurs humeurs de nouveau-nés, ce qui provoqua beaucoup de remous sur une longue période. Ils ne sortirent que très peu, durant les premières années de leur vie de jeunes vampires. Ils occupaient leur temps à tester ce qu’ils pouvaient faire, voir, entendre, à s’entraîner, à s’exercer pour garder le contrôle de leurs pouvoirs… Aro leur appris à parler Italien et à écrire, mais aussi à compter, leur enseignant diverses choses sur la géographie, l’histoire des vampires et celle des humains. Ni elle ni Alec n’avaient jamais été à l’école et les cours leur prirent beaucoup de temps, mais ils apprenaient vite. Le temps passe vite lorsqu’on est bien occupé. Ils parvenaient peu à peu à ne plus penser à ce qu’ils avaient traversé, même si le traumatisme était particulièrement profond. Mais ils devaient continuer à vivre, le temps aidera sûrement à oublier.

Le château de Volterra était très grand mais il devint vite familier à Jane, tout comme la ville. Il lui fallut beaucoup de temps avant de réussir, peu à peu, à laisser son passé derrière elle, oublier la mort et le bûcher, oublier ces longs jours où ils étaient seuls, tous deux, à mourir sans que personne ne vienne leur tendre la main. Avoir un endroit où se sent chez soi, des personnes qui ne vous jetaient pas des regards effrayés ou dégoûtés lorsque vous approchiez, c’était… Agréable. Les autres gardes du clan les traitaient comme s’ils étaient là depuis bien des années, c’était un tout autre univers, elle se sentait liée à un grand projet et avait envie de s’y épanouir. S’ouvrir aux autres fut un passage délicat, elle avait tendance à se renfermer sur elle-même pour se protéger, ne laissant qu’Alec pénétrer dans cet espace intime et secret. Ils étaient très jeunes, ayant une apparence de jeunes enfants, mais ils purent se faire quelques amis. La découverte de l’amitié fut aussi assez ardue, mais la situation était différente, ils étaient dans un clan, et donc soudés, solidaires.

Le clan Volturi est un clan créé pour faire respecter la loi et garder le monde des vampires en paix en suivant une certaine ligne de conduite. Leurs premières missions permirent à Jane de mieux comprendre les buts du clan et surtout les méthodes, pourquoi s’entraîner ainsi, pourquoi apprendre à se battre et maîtriser leurs dons, mais aussi pourquoi tous ces cours, qui pouvaient paraître inutiles, mais qui leur permettaient d’être discrets, se mêler aux humains, voir vivre longtemps parmi eux sans que personne ne se doute de rien ni ne les trouve étrange. Cuisine, chant, danse, musique, habillage, langues, histoires, coutumes de la région, tout y passait, il s’agissait d’évoluer sans se faire remarquer. Le fait que son frère et elle aient des « bouilles d’anges » les aidaient à paraître parfaitement innocents, des enfants à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession, ce qui était très ironique quand on y songeait bien. Jane était restée longtemps triste de ne plus pouvoir grandir mais cette tristesse fut chassée grâce au soutien de son frère et du clan. Elle gardera à jamais une apparence enfantine, soit. Mais elle était intégrée à une immense famille et avait désormais une place dans ce monde.

L’extermination des Enfants de la Lune prenait fin lorsqu’elle arriva à mener ses premiers grands combats. Ces loups, semblables à celui qui l’avait attaqué alors qu’elle était toujours humaine, une nuit de pleine lune, étaient en train de disparaître de la surface de la terre. Mais Jane n’était plus une simple petite fille, réagissant à la peur et l’instinct, fragile. Elle avait changé, elle était désormais bien plus forte, munie du soutien de son clan et du savoir qu’on lui avait donné. Elle voulait rendre ce qu’on lui avait offert et fit donc de son mieux, dans tous ces combats, pour participer, se battre, réussir. Les loups mouraient, la guerre touchait à sa fin. Elle était fière d’appartenir aux Volturi, le plus grand clan au monde et sans doute le plus puissant. On les surnommait toujours les jumeaux en sorcellerie mais cela ne la gênait plus. Leurs pouvoirs pouvaient en effet être apparentés à cela, lorsqu’on y songeait bien. Mais ils étaient intégrés, respectés, ce n’était que cela qu’elle voyait. Peu importe que le reste du monde et d’autres vampires les voient comme des monstres effrayants, elle se souciait d’abord de son clan.

Les deux plus longs combats auxquels elle participa avec les siens furent l’anéantissement des Enfants Immortels, qui pullulèrent dans le monde à une époque, ainsi qu’au « nettoyage » en Amérique du Sud de nouveau-nés et de leurs créateurs, qui s’exposaient aux humains. Pour ces derniers, cela leur prit presque un an, le temps de tous les traquer, les anéantir, calmer les humains, ramener l’ordre. Des mois pour tuer tous les gamins transformés à deux ou trois ans puis détruire leurs créateurs. Les missions si longues et importantes étaient cependant rares, les vampires ne se prenaient pas aussi souvent que les humaines dans des conflits aussi importants. Le plus gros de leur travail consistait à détruire de petits clans trop agités, des nomades devenus fous, espionner et s’infiltrer parmi les humains pour étouffer certaines histoires ou participer à certains projets, garder l’œil ouvert pour repérer ceux avec du potentiel, surveiller le monde, constamment, étouffer les problèmes dans l’œuf lorsqu’ils le pouvaient.

Jane passait une grosse partie de son temps libre avec Alec, lorsqu’ils étaient au château. Ils discutaient tranquillement, jouaient parfois, ou restaient simplement ensemble, sans rien dire ni faire, à se reposer. Parfois, ils s’amusaient avec Félix et Démétri, avec qui ils formaient une véritable équipe, chassant, discutant, s’amusant. Jane aimait aussi lire dans la bibliothèque, s’évadant dans un monde loin de celui-là, pour le plaisir. Ils étaient bien occupés mais ils avaient aussi du temps pour eux, pour faire ce qu’ils voulaient. Jane était somme toute très différente selon qu’elle se trouve au sein du château ou à l’extérieur, en mission. Au-dehors, elle restait très froide, distante, impassible. L’image d’un garde de son clan, n’étant pas là pour être compatissant ou complaisant. Mais entre les hauts murs du château, protégée du monde extérieur, elle pouvait s’autoriser la détente, les sourires, un comportement plus sain et abordable. Cette dualité du caractère était devenue habituelle avec les années qui défilaient, elle ne voulait pas tout mélanger.

Ils approchaient à grand pas du 21ème siècle, et les jumeaux de leurs 400 ans, lorsqu’un nouveau conflit mondial éclata. Peu commun, celui-là, car un puissant clan de vampires, les Antonescu, s’était allié à ce qui restait des Enfants de la Lune pour tenter de les anéantir et se venger. Au moins leurs ennemis avaient-ils eu l’intelligence de déclarer la guerre alors que les humains étaient eux-mêmes entrés dans un conflit violent, cela allait leur permettre de garder l’affaire loin de leurs yeux. Le conflit gagna rapidement en ampleur, un exercice auquel les Volturi étaient très bien rodés. Tout cela aurait pu se régler en quelques mois si leurs ennemis n’avaient joué aux apprentis scientifiques en déclenchant la propagation d’un virus créé de toutes pièces qu’ils ne pouvaient même pas contrôler eux-mêmes. Un virus qui se répandit à une vitesse fulgurante, touchant tous les êtres mystiques de cette terre, loups comme vampires, sur toute la planète. Le pouvoir de Jane y réagit, tout comme celui de son frère, et une grande confusion gagna leur clan, étant donné qu’ils étaient nombreux à posséder des dons. Ils furent repoussés en arrière des combats, laissant les vampires les plus âgés du clan et ceux qui n’avaient pas de don prendre les premières lignes.

Mais ils devaient combattre. Leurs ennemis s’étaient regroupés, prêts à lancer l’assaut final. Jane ne pouvait pas contrôler son don, qui évoluait, bougeait si fort, mais elle pouvait tout simplement faire comme il ya  bien des années, comme lorsqu’elle était humaine, puis nouvelle-née. Le laisser s’échapper à son bon vouloir, à peine guidé par la colère et l’envie de voir ses ennemis à terre. Elle se remémora la haine et la peur qui l’avaient prise le dernier jour de sa vie humaine, tout ce qu’elle avait ressenti, en nourrissant son pouvoir, puis rouvrit les yeux, tournée vers ses ennemis. Elle frappait ainsi au hasard, avec plus ou moins de force, parvenant à jeter le trouble et déstabiliser ceux qu’elle touchait. Cette dernière bataille dura longtemps, si longtemps, et il n’était que temps d’y mettre fin car les humains furent à deux doigts de découvrir la vérité. Le clan Antonescu fut vaincu, tout comme leurs alliés poilus. A la fin du combat, elle s’effondra à moitié dans les bras de Démétri, qui était venu les récupérer, son frère et elle. Elle sentait son don s’agiter, il la brûlait comme ce jour sur le bûcher, elle perdait le contrôle. Fermant les yeux pour ne blesser personne par accident, elle se laissa raccompagner, quittant le champ de bataille avec les autres.

De retour à Volterra, il fallut entamer une « rééducation » pour tous ceux qui possédaient des dons. Phase plutôt agaçante car Aro se mit alors à les couver, Alec et elle, d’une façon qu’elle n’aurait pas cru possible. Certes, les vampires avaient beaucoup changé, le soleil n’était plus inoffensif, la transition était assez brutale et douloureuse, mais de là à les veiller comme ça … ? Il savait parfaitement, grâce à son propre pouvoir, qu’ils détestaient cela mais le faisait tout de même. Elle ne comprenait pas pourquoi il y mettait autant de soin, ils étaient juste deux membres de son clan, et même s’ils avaient à peine quatorze ans en apparence, ils n’étaient pas les derniers arrivés et surtout pas les plus fragiles. Enfin soit, autant prendre son mal en patience, il cessera de les couver autant lorsqu’ils iront mieux, n’est-ce pas ? Du moins, elle l’espérait. Le monde était toujours sous une tension extrême, les vampires étaient perturbés, la peur et la méfiance exacerbée, chacun en était encore au stade à découvrir les nouvelles facettes de sa race et les accepter.

Ni Jane ni son frère ne sortaient beaucoup, depuis la fin de la guerre, car Aro tenait à ce qu’ils se « remettent en forme » d’abord. Jane sentait que son pouvoir continuait d’évoluer et se modifier mais elle devait bien faire avec et le contenir. Leur vie avait changé mais ce n’était pas si terrible, tant qu’ils étaient toujours au sein du clan, où chacun pouvait soutenir les autres. Le monde demandait une surveillance encore plus accrue et ils ne devaient pas perdre de vue leurs objectifs. La lutte ne se terminera jamais, la colère ne s’éteindra pas plus. Elle voulait continuer le combat qu’elle menait depuis des siècles, aider le clan à garder sa force et étouffer dès le berceau toute envie de guerre. Les enfants de la lune n’étaient pas tous éteints et des rumeurs d’alliance avec des vampires et même des humains couraient. Fallait-il y croire ? Alec et elle étaient déjà restés assez longtemps au château, il était plus que temps de se remettre en chasse.


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