Le monde a changé, les vampires aussi, les humains sont prêts pour la guerre...
 
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 Guerre et Paix

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Démétri Volturi
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MessageSujet: Guerre et Paix   Ven 4 Déc - 19:05

Les nouveaux moyens de transports, depuis une ou deux décennies, étaient quand même un rêve pour celui qui voulait voyager rapidement. Démétri en savait quelques chose, ayant passé la majorité de son existence à courir en tous sens sur la planète, perdant un temps infini entre chaque voyage, alors qu'aujourd'hui, il pouvait se permettre un aller-retour rapide entre son lieu de mission et l'Italie. Marchant les mains dans les poches, levant le nez parfois pour mieux sentir les odeurs et autres pistes, il marchait sans faire de bruit, malgré les multiples brindilles et feuilles traînant au sol. D'ici, ils pouvaient facilement entendre l'océan, les vagues venant se briser sur la plage de sable assez fin et blanc, lieu idyllique pour les touristes mais aussi d'autres visiteurs de la réserve, la plupart tout sauf innocents. Il y avait pas mal d'humains, ici, des fugitifs, ainsi que des vampires venus pour échapper au soleil et se nourrir sans trop de peine. Le traqueur sentait la présence de tout ce beau monde... Mais même si Aro et Caïus se baladaient ici sans autre protection que celle de Démétri, personne n'avait encore eu la mauvaise idée de les attaquer. Tous les deux savaient se défendre et aucun vampire, de toute manière, n'était suffisamment débile pour s'en prendre à deux chefs des Volturi dans leur propre pays.

– Tu as la tête ailleurs, Démétri, lança tout à coup Caïus en tournant la tête vers lui.

Le traqueur haussa un peu les épaules, marmonnant "Pas plus que d'habitude". Il n'avait jamais été d'une nature très enjouée, sauf lors de quelques moments qu'il passait avec son meilleur ami, Félix. Lui, en revanche, était souvent de bonne humeur, surtout lorsqu'il reluquait toutes les filles du château et essayait de convaincre Chelsea de sortir avec lui, arguant qu'il était "grand, fort, musclé et un très bon coup". Autant dire qu'il n'avait toujours pas eu beaucoup de succès. Aro lui jeta un regard, devant lequel Démétri resta impassible. Pas la peine d'essayer de convaincre qui que ce soit, surtout lui puisqu'il lui suffira d'un geste pour savoir ce qui se tramait dans la tête du Russe. Il pensait à Dylan, en réalité. Avoir enfin trouvé une personne lui ressemblant et capable de comprendre ce qu'il vivait et ressentait avait réussi à briser sa morosité, sa réserve habituelle. Il le revoyait tenter d'expliquer ce qu'il avait fait, s'en défendant alors que le Russe était le seul sur cette planète à pouvoir comprendre, hormis Aro. Il lui manquait, pour être honnête, ce petit humain lui plaisait bien, il était attachant. Retenant un soupir, il continua de suivre ses chefs, arrivant en bordure de la forêt, où les arbres commençaient à s'éclaircir un peu, pour laisser place à la plage.

– Ça ne peut pas être les mêmes qu'en France, poursuivait Caïus, après une nouvelle remarque de son frère. L'odeur est différente, tu l'as bien senti. Que va-t-on faire ?

– Juste observer, je te l'ai déjà dit. Démétri, tu pourrais daigner répondre ?

Hein ? A quoi ? Il fixa son chef, perplexe, n'ayant pas capté qu'on lui avait posé une question. Quand l'avait-il fait, au juste, et sur quel sujet ? Aro leva un sourcil puis tendit la main, claquant des doigts d'un air impérieux. Le traqueur fit une légère moue avant de lui donner la sienne, gêné qu'il voit ça, c'était quand même très personnel. Heureusement, le chef du clan ne fit aucun commentaire, se contentant de soupirer en lui ordonnant de se concentrer un peu. Il hocha directement la tête, remettant la main dans sa poche, observant ensuite l'océan, sous la pâle leur de la lune. Les deux hommes parlaient entre eux de la fameuse odeur trouvée dans les forêts autour de Forks, ainsi que du truc qui était parvenu à s'introduire chez les Cullen lorsque la maîtresse de maison était seule... Episode qui manqua bien d'arracher un soupir agacé au traqueur, toujours ahuri devant un tel niveau de bêtise et de stupidité, n'en revenant de voir une vampire, assez âgée et donc ayant de l'expérience, pouvant ne pas se soucier d'un incident aussi grave, continuant sa petite vie comme si de rien n'était.

– Non, cette chose n'a pas fouiné dans toute la maison, dit-il lorsque Caïus lui posa la question. L'odeur restait limitée aux alentours de la fenêtre, elle n'a fait qu'entrer, marcher dans le couloir et ressortir aussitôt. Selon Esmée, l'impact provoqué l'était d'un animal de la taille d'un gros chien. Mais pas assez gros pour que ce soit un Enfant de la Lune, même toute jeune. C'était de jour de toute façon.

Caïus maugréa entre ses dents, se redressant ensuite en déclarant qu'il avait soif. Un sourire carnassier et particulièrement cruel se dessina sur ses lèvres lorsqu'il se tourna vers la réserve en se frottant les mains, riant comme un parfait psychopathe de film d'horreur. Le traquer proposa de l'escorter mais se fit renvoyer balader, le chef blond voulait être seul. Il partit aussitôt en les laissant sur-place, courant dans les profondeurs de la forêt, alors qu'Aro avait un sourire amusé. Et bien, certains campeurs humains ne verront pas le soleil se lever, demain matin, il y avait bien plus dangereux que des loups ou des pumas, dans cette forêt. Le silence revint peu à peu, seulement marqué par les bruits des insectes et petits animaux nocturnes occupés à chasser, nourrir leurs petits ou reconstruire leurs nids.

– Combien de temps devons-nous rester à Forks, Maître ? demanda-t-il en tournant la tête vers Aro. Et sous quelle couverture ? J'ai déjà établi la mienne, mais pas encore Félix ou les jumeaux, ils attendent vos ordres. Je doute qu'il n'y ait que des EDLs, dans cette forêt, les odeurs y sont très étranges. Un combat pourrait éclater là-bas à 'importe quel instant.

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Aro Volturi
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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Sam 5 Déc - 20:29

Bien sûr qu'il était possible que des humains travaillent en étroite collaboration avec les enfants de la Lune, ce ne serait pas une nouveauté ! Aro secoua légèrement la tête en exposant les cas de ce genre s'étant déjà présentées au cours de l'Histoire, voyant qu'il n'avait guère l'air convaincu. Créer de nouvelles chimères était difficile mais pas impossible, l'avancée de la médecine, des sciences et de la technologies autorisaient certains "miracles" jusqu'ici irréalisables. Son frère rétorqua que si le truc chez les Cullen était vraiment une chimère, pourquoi n'avait-il pas attaqué la femme de Carlisle ? Elle était seule et sans défense ! En effet, ce point-là était curieux. Madame Cullen, incroyablement naïve, voire particulièrement idiote aux yeux du chef des Volturi, n'aurait eu strictement aucune chance. Elle était bien trop candide et innocente pour faire une combattante efficace, elle ressemblait trop à une humaine. Naïve, idiote, pas grand-chose à en tirer, cette femme était l'incarnation même de la bêtise sur cette terre. Pour en revenir à cette chose, ce ne devait pas être bien gros, mais dans tous les cas assez dangereux. Comme l'avait souligné sur-place Démétri, ce qui pouvait se permettre d'entrer ainsi dans la maison d'un clan entier de vampires était obligatoirement assez fort et malin pour s'en tirer en tombant sur les propriétaires. Cette chère Esmée n'avait pas dû comprendre le principe, c'était... regrettable pour elle. Un tel niveau de stupidité devenait presque artistique. Caïus se retourna pour demander à leur traqueur s'il avait senti l'odeur dans toute la maison, si ce truc s'était promené longtemps avant de fuir.

– Non, cette chose n'a pas fouiné dans toute la maison, dit-il lorsque Caïus lui posa la question. L'odeur restait limitée aux alentours de la fenêtre, elle n'a fait qu'entrer, marcher dans le couloir et ressortir aussitôt. Selon Esmée, l'impact provoqué l'était d'un animal de la taille d'un gros chien. Mais pas assez gros pour que ce soit un Enfant de la Lune, même toute jeune. C'était de jour de toute façon.

Oui... Son frère s'arrêta tout à coup, lançant d'un ton hargneux qu'il avait faim, en ayant visiblement déjà assez de cette discussion. Il était toujours si impatient, les années ne le changeaient. Le chef du clan se retint de lever les yeux au ciel, croisant les bras, pendant que Caïus renvoyait vertement balader Démétri, qui lui avait proposé ne escorte. Allons, Caïus, le jeune traqueur faisait juste son travail, après tout, un peu de calme. Il devait être dans une de ses périodes où il avait encore plus soif de sang que d'accoutumée. Son frère avait toujours été ainsi, passant par des phases où son envie de violence et de sang était exacerbée, au poing de le transformer en un véritable monstre. Aro eut un sourire amusé en le regardant courir, s'engouffrant dans les ténèbres de la forêt, à la recherche de ses futures proies. Paix à l'âme des humains qui croiseront sa route cette nuit, la chasse était ouverte, le plus grand prédateur au monde était sur le terrain. Reportant le regard sur l'océan, Aro fit deux pas à la lisière des bois, entendant sans écouter les bruits qui l'entouraient. Il songeait à cette nouvelle guerre, plus latente et discrète, mais non moins ravageuse. La majorité des membres de leur espèce, aujourd'hui, ne demandaient qu'à vivre en paix en oubliant le virus, les EDLs, ou le fait que le soleil pouvait les tuer. Les seuls s'en étant contenté étaient les vampires voyant là une belle occasion de se suicider sans forcément venir provoquer leur clan et mourir plus lentement que prévu sous les coups de Caïus ou de Jane.

– Combien de temps devons-nous rester à Forks, Maître ? demanda-t-il en tournant la tête vers Aro. Et sous quelle couverture ? J'ai déjà établi la mienne, mais pas encore Félix ou les jumeaux, ils attendent vos ordres. Je doute qu'il n'y ait que des EDLs, dans cette forêt, les odeurs y sont très étranges. Un combat pourrait éclater là-bas à n'importe quel instant.

– Le temps de régler cette histoire, répondit-il d'un ton neutre en avançant sur le sable, ou au moins d'en apprendre le maximum avant de décider s'il vaut la peine d'aller faire un ménage plus musclé dans cette région.

Autrement dit, de sélectionner les gardes les plus aptes pour un passage rapide mais brutal, afin d'éliminer en quelques nuits, au maximum, tous les indésirables. Ces sales bêtes se reproduisaient vite, éliminer les EDLs déclarés signifier éliminer aussi tous leurs rejetons, pas forcément simple à trouver. Démétri et tous ceux ayant un tant soit peu de talent pour la traque, au sein du clan, étaient mobilisés pour dénicher les gamins de ces monstres et les exterminer, qu'ils soient encore à l'âge du berceau ou non. La guerre n'appelait pas à faire de sentiments, particulièrement avec ces bêtes sauvages. Démétri avait suivi le mouvement, marchant sur le sable rendant une couleur étrange sous la pâleur de la lune, presque surnaturelle.

– Les jumeaux peuvent s'inscrire au lycée, en seconde ou en première. Félix choisira le métier qu'il voudra, comme couverture, peu m'importe. Restez en état de veille permanente, tous les trois. Enfin, vous connaissez votre boulot, je n'ai plus à vous l'apprendre.

Aro rendit un faible sourire au traqueur, fier de voir ces quatre-là former aujourd'hui une équipe soudée et efficace. C'était ainsi que les choses fonctionnaient au mieux, lorsqu'on était ami ou proche des personnes avec qui on travaillait chaque jour, aucun travail ne pouvait être aussi efficace sans cette condition essentielle.

– Continue d'envoyer autant d'informations que possible, Démétri. Tu seras le plus à l'aise pour te déplacer dans ces forêts sans risque, même seul, grâce à ce que tu es. Je pensais que nos ennemis auraient déjà tenté de vous attaquer... Ils doivent être affaiblis, ils préparent leur contre-attaque, le danger peut survenir de n'importe où. Nous avons besoin de reconstituer nos forces, nous aussi. Beaucoup de gardes âgés et expérimentés ont été tués durant la guerre. Les petits nouveaux que nous avons recrutés ne sont pas encore prêt pour une bataille en règle, il faudra du temps. Quel âge a ce traqueur humain ?

– Vingt-et-un ans.

Jeune, encore, très jeune... Lorsqu'il avait le choix, le chef des Volturi préférait ne pas intégrer à la garde des vampires âgés de moins de vint-cinq ans lors de leur transformation. Bien sûr, il y avait quelques exceptions, les jumeaux, par exemples, qui seraient morts pour de bon sans la transformation, ainsi que deux ou trois gardes pour lesquels il n'avait été possible d'attendre. Mais lorsqu'il le pouvait, Aro aimait attendre que ses gardes soient bien adultes. La raison était simple, un adulte sera plus simple à contenir une fois transformé et pourra mieux se défendre, alors qu'un vampire ayant la taille d'un enfant ou d'un adolescent sera d'office plus vulnérable. Pour le reste, ce n'était qu'une question d'éducation, une personne mordue à quatorze ou vingt-trois ans sera toujours capable de faire un bon garde avec l'entraînement et l'éducation adéquats.

– Continue de t'occuper de lui aussi, en parallèle. Il sera utile. Compris ? Si tu n'as pas de question, file. Tu dois y être retourné pour l'aube.

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Démétri Volturi
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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Dim 6 Déc - 12:45

– Le temps de régler cette histoire, répondit-il d'un ton neutre en avançant sur le sable, ou au moins d'en apprendre le maximum avant de décider s'il vaut la peine d'aller faire un ménage plus musclé dans cette région.

Donc de faire venir une partie du clan dans les montagnes entourant Forks afin d'y mener une extermination systématique et complète. Démétri hocha la tête en suivant son chef, visualisant le travail à fourni dans les prochains jours. Récolter le maximum d'informations, sur la région, les habitants, les Enfants de la Lune, tous les événements bizarres qui s'étaient déroulés depuis la fin de la guerre, interroger les témoins, se débarrasser de ceux qui en savaient trop, rester vigilant, en résumé, tout un travail de fourmi. C'était habituel, dans ce genre de combats, Démétri avait connu bien des périodes comme ça depuis son entrée dans le clan. Enfin, son "entrée". Depuis le jour où Aro s'était brutalement imposé sur son chemin sans lui demander son avis et l'avait emmené avec lui après l'avoir fichu au tapis d'un coup de dents et un peu de venin. Aujourd'hui, le traqueur souriait en se remémorant cette scène. Il était incapable de se défendre efficacement, à l'époque, faible humain encore bien naïf et effrayé pour un rien, vivant dans un pays de glace et sans goût. Tout avait tellement changé, il traversait les siècles en suivant les évolutions de ce monde, se faisant des amis, suivant une idéologie, parcourant cette terre en tâchant de chasser l'ennui venant se coller à chacun de ses pas. Il vivait depuis si longtemps qu'il était logique que la lassitude ne se détache plus de lui. Plus le temps filait et plus trouver des distractions devenait vital, afin de ne pas sombrer dans la folie. Les vampires dépassant le millénaire étaient d'une rareté extrême car l'ennui vous tuait en un rien. Démétri aimait ce clan pour sa vigueur, car il pouvait repousser l'ennui comme il le pouvait, en cherchant sans cesse de nouvelles missions, de nouveaux défis, des nouvelles proies. Ne pas être trop blasé, écrasé par ses siècles d'existence.

– Les jumeaux peuvent s'inscrire au lycée, en seconde ou en première. Félix choisira le métier qu'il voudra, comme couverture, peu m'importe. Restez en état de veille permanente, tous les trois. Enfin, vous connaissez votre boulot, je n'ai plus à vous l'apprendre.

La fierté fleurit dans le cœur du traqueur lorsque son chef lui sourit, touché par cette confiance qui leur accordait. L'entraînement pour devenir garde n'avait rien de très simple, tout le monde n'y parvenait pas, il arrivait régulièrement que certains nouveaux meurent au cours d'une mission ou soient  détruit par le clan lui-même. La plupart du temps, les faibles ou les boulets étaient simplement virés mais il arrivait que Caïus profite d'une recrue ne faisant pas l'affaire pour s'amuser avec. Ne devenait pas garde Volturi qui veut, leur chef ne s'encombrait pas des inutiles et celui qui voulait devenir membre à part entière du clan devait prouver qu'il était capable de suivre le rythme. Certains gardes étaient aussi transformés et intégrés directement par leurs chefs, humains prometteurs qu'on enlevait pour les mordre et les intégrer à la garde. Ils n'étaient pas si nombreux, dans ce cas de figure, la majorité des gardes étaient déjà vampires lorsqu'ils avaient rejoint les rangs d'Aro et de ses frères. Démétri, Félix et les jumeaux avaient tous les quatre étaient repérés humains puis mordus. Eleazar aussi, qui était parti il y a déjà longtemps. Renata, s'il se souvenait bien. Santiago, de même, ainsi que Milena, une petite vampire assez fascinante qui vivait comme espionne au Brésil. Plus quelques autres. Le traqueur ne saurait plus dire qui exactement, les membres du clan ne se limitaient pas à ceux vivant à Volterra, il ne s'occupait pas de tout le monde.

– Continue d'envoyer autant d'informations que possible, Démétri. Tu seras le plus à l'aise pour te déplacer dans ces forêts sans risque, même seul, grâce à ce que tu es. Je pensais que nos ennemis auraient déjà tenté de vous attaquer... Ils doivent être affaiblis, ils préparent leur contre-attaque, le danger peut survenir de n'importe où. Nous avons besoin de reconstituer nos forces, nous aussi. Beaucoup de gardes âgés et expérimentés ont été tués durant la guerre. Les petits nouveaux que nous avons recrutés ne sont pas encore prêt pour une bataille en règle, il faudra du temps. Quel âge a ce traqueur humain ?

– Vingt-et-un ans.

Le Russe aimerait bien qu'il devienne un vampire, honnêtement. Avoir enfin trouvé une personne capable de comprendre était réconfortant, cela le rendait heureux. Durant des siècles, il avait vécu avec l'idée que personne ne pouvait vraiment saisir ce qu'il ressentait chaque jour, cette impression de malaise lorsqu'une personne qu'il devait protéger était en danger, ce tiraillement le poussant vers certaines voies et chemins, l'écartant de d'autres. Cette envie de suivre certaines personnes à la trace, de les traquer, même sans rien leur faire au final mais simplement parce que son don l'y poussait. C'était indescriptible, il fallait le vivre pour saisir ce qu'on pouvait ressentir. Les odeurs qui se gravaient dans votre mémoire, le monde qui s'ouvrait à vous d'une façon très cadrée, vous dirigeant sans que vous ne décidiez vraiment de vos prochains pas. Le stress s'abattant sur vous lorsqu'un danger approchait. Ce don calculait toute votre vie et enfin, enfin il avait rencontré une personne pouvant comprendre. Après plus d'un millénaire à vivre sur cette terre.

– Continue de t'occuper de lui aussi, en parallèle. Il sera utile. Compris ? Si tu n'as pas de question, file. Tu dois y être retourné pour l'aube.

– Bien, maître.

Il inclina la tête, le saluant puis tournant les talons, partant à son tour en courant à travers les bois. Pas sûr et léger, indiscernable pour une oreille humaine, une ombre filant entre les arbres sans pouvoir être attrapée. Il courut, le souffle inexistant, touchant du bout ds doigts la trace de morsure qu'il portait au cou. Même cela avait changé, aujourd'hui, leur venin n'était plus le même. Toujours aussi douloureux lors de la transformation, bien que ce soit une autre forme de douleur, il était plus efficace et puissant, plus rapide aussi. Sorti assez vite de la forêt, il fila vers Rome, le regard inexpressif alors qu'il continuait sa course rapide. Ils risquaient d'en avoir pour un moment, à présent, leurs ennemis se terraient et ne semblaient pas encore prêts à vraiment se montrer. Qu'importe, pour le moment, ils leur tomberont dessus bien assez vite, qu'ils se cachent donc ! Cette guerre était loin d'être terminée...

N'ayant passé que peu de temps en Italie, il put prendre un avion de retour assez rapidement. En rentrant à Forks, il fut accueillit par une pluie fine et maussade, la radio ne crachotant que des nouvelles intéressantes au possible. Enfin, il y aura un peu d'action toute à l'heure. C'était en ce beau lundi de septembre que la battue était prévue. Il y allait avoir des morts s'ils trouvaient vraiment la chimère... Faire une battue avec à peine une trentaine de flics, équipés seulement de fusils de chasse et de pistolets, bien humains, bonjour le massacre. Le traqueur grommela un peu entre ses dents, serrant la main sur le volant. Il devra protéger Dylan, en tout cas, il pourrait se faire tuer facilement. Félix et les jumeaux partiront aussi dans les bois, afin d'apercevoir cette chimère et la maîtriser si c'était possible. Se garant près de la maison Swan, il salua le shérif lorsqu'il vint leur ouvrir, entrant lorsqu'il l'y invita. Les trois frère et sœurs étaient dans la salle à manger, la plus petite tendant un paquet cadeau à la plus âgée lorsqu'il entra avec Charlie. Anniversaire ? Il le souhaita poliment, avec un maigre sourire. Elle le remercia du bout des lèvres, assise devant son petit-déjeuner.

– Quand débute la battue ? demanda-t-il à Charlie, refusant de signe de tête le café qu'il lui proposa.

– Dans une heure, le temps que tout le monde s'équipe. Vous avez pris des chaussures de marche ?

Il hocha la tête, remarquant d'un coup d'œil que Dylan aussi avait une tenue d'extérieur, avec la veste réglementaire des flics, un pistolet accroché à sa ceinture. Assis en bout de table, il était occupé à charger un long fusil avec des balles à gros calibre. Démétri avait aussi emmené un fusil et quelques armes humaines mais inutile qu'il ne comptait guère dessus, étant lui-même un prédateur. Charlie repartit à l'étage, pour faire il ne savait quoi. La petite fille demanda tout à coup s'il était un ami de son grand frère, relevant la tête avec du chocolat au coin des lèvres. Il lui répondit qu'ils étaient collègues, s'approchant de Dylan en le regardant inspecter ses armes.

– Toujours pas plus d'hommes en renfort ?

– Leah a convaincu les gardes forestiers d'organiser aussi des patrouilles. L'autre imbécile reste convaincu qu'on est assez nombreux ! Ils n'ont pas vu la taille de ce truc. Il faudrait charger un MI-16 dans un hélico puis partir fumer ce truc.

Brutal, comme stratégie, mais ce ne serait pas inefficace. Il se contenta d'hocher la tête, assez pensive. "Leah", c'était bien une des Quileutes, n'est-ce pas ? La fille qui était tombée sur la chimère lors d'une patrouille avec lui ? Elle risquait de tiquer très fortement en le voyant parmi les flics humains, aucun doute là-dessus. Ils poursuivaient pourtant le même but, pour une fois, les louveteaux de cette réserve se croyaient les seuls à combattre. S'appuyant contre le dossier d'une chaise, debout près de Dylan, il remarqua que sa sœur brunette avait un air plus inquiet. Il y avait de quoi, enfin, tous les atouts n'étaient pas connus des humains. Alec à lui seul pouvait neutraliser leurs ennemis, Jane les stopper en pleine course, ce sera bien plus utile lors d'un combat que des armes à feu. Une de ces balles ne stoppera pas une chimère en pleine course... En revanche, il ne fallait pas que ces bêtes puissent approcher assez les jumeaux en combat rapprochés, ils étaient trop petits pour lutter comme il le fallait.

– Vous y arriverez quand même si vous êtes peu nombreux ?

Hum... Démétri échangea un bref regard avec Dylan, sans répondre pour autant. Ce n'était pas la bonne question, là, fillette. Au lieu de se demander s'il y avait des chances de massacrer rapidement cette bête, il fallait demander combien d'humains allaient y rester avant de parvenir au moins à la blesser. Elle se leva tout à coup puis alla serrer son frère dans ses bras en lui disant d'être prudent. Comme c'était mignon, les relations frère-sœur. Sauf que le frère en question avait l'air très choqué. Ils n'étaient pas aussi proches que les jumeaux, cs deux-là.

– J'ai emmené des couteaux de chasse dans ma voiture, au cas où, ajouta-t-il pour Dylan. Sinon, oui, il vaudrait mieux utiliser de l'artillerie lourde mais on ne pourra, trop de campeurs, de chasseurs ou de randonneurs, dans la réserve. On a peu de chances de tomber sur la bête mais faut se préparer. Est-ce qu'on aura au moins un soutien aérien ?

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Dylan C. Swan
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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Mer 9 Déc - 22:25

Charlie avait gardé un plus large arsenal d’armes que prévu. Dylan souleva un de ses fusils pour l’examiner, ouvrant le chargeur pour voir le calibre des balles. Raven venait juste de sortir du lit et de venir sur la table de la salle à manger, s’asseyant en regardant toutes les armes avec de grands yeux. Elle ne bougeait plus, serrant un paquet-cadeau contre elle en fixant un revolver avec une très grande attention et un air assez effrayé. Dylan ne prêta pas attention, normal qu’elle s’inquiète à son âge, lui lançant de manger, plutôt. Bella, elle, ne devait pas être encore bien réveillée, elle n’avait jamais été du matin. Même petits, il fallait toujours la tirer hors du lit par les pieds pour la pousser sous la douche. Posant le fusil, il vérifia les multiples boîtes de cartouche afin de trouver le bon calibre, laissant Charlie aller ouvrir comme on venait de sonner. Ça devait être Démétri, il était censé de venir ce matin, avant les battues. Son nouveau collègue entra dans le salon-salle à manger juste au moment où Raven sembla se secouer puis donner son cadeau à sa sœur en lui souhaitant un bon anniversaire. Dylan lui avait souhaité au saut du lit, tout de suite l’esprit occupé par la battue et la folie qui allait avec.

– Quand débute la battue ? demanda-t-il à Charlie, refusant de signe de tête le café qu'il lui proposa.

– Dans une heure, le temps que tout le monde s'équipe. Vous avez pris des chaussures de marche ?

Papa, c’est bon, ils n’avaient plus quatre ans, il n’était pas obligé de vérifier ce genre de détails ! Enfin soit… Dylan trouva enfin la boîte qu’il cherchait, chargeant aussitôt le fusil après avoir vérifié si tout fonctionnait bien. Raven plongeait enfin le nez dans son bol, plus énergique que Bella, à cette heure. Son père repartit un moment, et tant mieux, ça lui évitera des réflexions stupides. Sa plus jeune sœur demanda ensuite à Démétri s’il était un de ses amis, ne pouvait pas s’empêcher de toujours questionner les gens. Il lui fit signe de boire le contenu de son bol, plutôt, elle allait être en retard si elle traînait trop le matin. Allez, hop ! Il pouvait la déposer à l’école, si Charlie devait partir plus tôt, mais il ne comptait pas attendre deux heures devant la salle de bain. Ah, Bella pouvait aussi l’emmener et la déposer, c’est vrai. Enfin, peu importe pour le moment, il y avait plus urgent. Vingt-six hommes pour recouvrir une zone aussi grande face à une bête inconnue… Trente-deux hommes, si on compatit les gardes forestiers qui s’occupaient du parc national. C’était ridicule ! Ils n’avaient pas vu ce truc, ce n’était pas une malheureuse balle qui allait l’arrêter en pleine course. Et même, en supposant que ce soit le cas, des balles suffiront-elles à tuer en un ou deux coups une bête de cette taille ? Rien n’était moins sûr.

– Toujours pas plus d'hommes en renfort ?

– Leah a convaincu les gardes forestiers d'organiser aussi des patrouilles. L'autre imbécile reste convaincu qu'on est assez nombreux ! Ils n'ont pas vu la taille de ce truc. Il faudrait charger un MI-16 dans un hélico puis partir fumer ce truc.

Seule solution valable et efficace à ses yeux. Soit, le parc était en zone protégé, il ne fallait pas détruire certaines espèces rares qui y vivaient, on n’allait pas tirer comme ça alors qu’il y avait des randonneurs et des chasseurs, mais il aurait suffi d’évacuer toute la zone de la moindre activité humaine – que ce ne soit toujours pas le cas était déjà assez aberrant – puis de s’excuser platement auprès des associations écologistes qui hurleront car les écureuils roux d’il-ne-savait-quoi auront eu les poils roussis dans l’affaire. Retenant un très long soupir, il jeta le fusil, accroché en bandoulière, dans son dos, vérifiant que toutes ses armes étaient bien chargées et glissant des munitions dans les poches de sa veste et à sa ceinture. C’était de la folie. Il en avait parlé un peu avec Leah et elle trouvait aussi que cette expédition n’était rien d’autre qu’un suicide ouvert. Ils n’étaient pas assez nombreux, pas assez armés.

– Vous y arriverez quand même si vous êtes peu nombreux ?

Hein ? Heu… Oui, sûrement. Il échangea un regard peu convaincu avec Démétri, retenant une grimace. Peut-être, peut-être pas, ils aviseront une fois sur-place. Bella se leva tout à coup puis le vint serrer dans ses bras, manquant de lui arracher un hoquet de stupeur, surtout qu’elle lui glissa d’être prudent, avant de retourner s’asseoir. Ouh là, hum, donc on reprend. On va dire que c’est à cause du manque de sommeil. Il lui jeta un regard un peu éberlué en vérifiant son revolver, celui que Raven, observait sous tous les angles toute à l’heure au lieu de manger. Le regret de ne pas avoir d’armes plus lourdes et efficaces fleurit à nouveau dans son esprit, le faisant grincer des dents. Une bonne vieille mitraillette… Des grenades… Enfin, de quoi abattre ce truc du premier coup ! Mais non, il fallait croire que c’était trop compliqué pour le commissariat de Forks, comme si la police n’avait jamais emprunté quelques armes à l’armée pour les grandes occasions. Ils devaient se dire que ce n’était que quelques gros loups un peu agressifs, pas de quoi en faire toute une histoire.

– J'ai emmené des couteaux de chasse dans ma voiture, au cas où, ajouta-t-il pour Dylan. Sinon, oui, il vaudrait mieux utiliser de l'artillerie lourde mais on ne pourra pas, trop de campeurs, de chasseurs ou de randonneurs, dans la réserve. On a peu de chances de tomber sur la bête mais faut se préparer. Est-ce qu'on aura au moins un soutien aérien ?

– Dans mes rêves, il y en avait, soupira longuement Dylan. Prêt ?

Il ramassa tout ce qu’il lui fallait puis dit au revoir à ses sœurs, lançant à Bella avant de partir d’emmener Raven à l’école si Charlie partait aussi plus tôt, refermant la porte d’entrée derrière lui. C’était parti… Ce sera un miracle si aucun d’entre eux ne se faisait dévorer avant la fin de la journée. Ils retrouvèrent tout le monde à l’heure prévue en amont des principaux chemins de randonnées, vers l’Ouest. Laissant la voiture, ils prirent leurs chevaux, prêts pour la chasse. Leah lui fit signe et il lui sourit, lui présentant brièvement Démétri. Son amie frémit tout à coup, disant « bonjour » d’une voix étrange, un peu forcée. Elle était malade ? Il trouvait qu’elle avait les traits plutôt tirés. Il lui en fit la remarque mais elle haussa les épaules en disant juste qu’elle n’avait pas passé un très bon dimanche et que la soirée avait été bizarre. Ils n’eurent pas le temps de discuter plus, il fallait former les groupes, quatre de sept personnes chacun. Dylan jeta un œil au plan qu’on lui fit passer, talonnant son cheval pour partir avec son groupe.

– Tu es certaine que ça va aller, Leah ? Si tu n’es pas très en forme… Tu peux encore faire demi-tour, on ne va pas te forcer à cavaler dans les bois toute la journée si ça ne va pas.

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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Mar 15 Déc - 19:02

La meute allait courir les bois, oui, mais se cantonnait aux territoires de leurs ancêtres, autour de la réserve. Ils ne voulaient pas s’éloigner de la Push pour en protéger les habitants, au cas où, cela se comprenait, mais ne rassurait pas du tout Leah. Claquant la portière de sa voiture, elle appuya le pied contre le capot pour refaire ses lacets et serrer ses rangers, penchée en avant pour s’assurer que rien dans sa tenue ne pouvait s’accrocher aux branches et la ralentir. On venait d’amener les chevaux, car les chemins qu’ils allaient prendre étaient impraticables en jeep. Ce sera à cheval ou à pied, ce qui accentuait la dangerosité de la mission. Le jour était à peine levé, la brume trop épaisse pour y voir à plus de trois mètres devant soi, couvrant la plupart des odeurs. Leah ne craignait pas le parc, d’habitude, mais aujourd’hui, elle n’aimait vraiment pas l’idée de s’y aventurer. Ils n’étaient pas assez nombreux et ce n’est pas elle, en tant que simple louve, qui allait protéger tout le monde. C’était de la folie ! Aussi peu d’hommes contre une bête de cette taille… S’ils tombaient sur cette bête, ils allaient passer de chasseurs à proies, certains risquaient de mourir avant la fin de la journée.

Miroir l’attendait, assez nerveux, comme les autres chevaux. Elle vérifia la selle et les sangles, lui flattant les naseaux pour le calmer un peu. Les animaux avaient décidément bien plus d’instinct de préservation que les hommes. Voyant Dylan arriver, plus loin, elle lui fit un signe de la main pour qu’il la rejoigne. Juste avant que son cœur ne fasse un bond brutal en voyant le mec qui l’accompagnait, dont les yeux bleus ne la trompait pas. Elle se força à lui dire bonjour, choquée qu’il soit ainsi présent avec Dylan. Pourquoi un vampire lui collait aux basques ?! Et ce n’était pas un Cullen, celui-là, loin de là. Lui aussi savait qu’elle n’était pas humaine, elle pouvait le lire dans son regard. Son ami lui demanda tout à coup si elle était malade, elle avait les traits tirés. Hein ? Heu… Non, tout allait bien. Leah haussa les épaules, répondant juste que son dimanche avait été agité et sa soirée assez bizarre. Du genre une vampire inconnue qui sautait toute nue dans son bain pour le prendre avec elle, sans la moindre gêne. Rien de très intéressant, comme on dit, la routine ! Ce monde était fou.

Grimpant sur le dos de Miroir, elle ne put retenir un frisson en sentant le regard glacé du vampire droit sur sa nuque. Que fichait-elle ici ?! D’où venait-il et pourquoi était-il là ? « Démétri », ce prénom ne lui disait rien du tout mais ça n’avait pas l’air tout jeune. Elle lui rendit son regard en saisissant les rênes pour faire avancer Miroir. Et dire que Dylan était complètement inconscient de chevaucher entre une louve Quileute et un vampire. Si seulement elle pouvait lui dire la vérité sur elle, elle pourrait aussi l’avertir contre le vampire dans la foulée. Se mordant les lèvres, elle suivit leur petit groupe, passant sous les frondaisons des arbres, dans un chemin en pente douce. Leah ne savait plus ce qui l’angoissait plus, qu’ils traquent une bête inconnue et trop puissante pour eux ou d’être dans un groupe de traque avec un vampire inconnu et Dylan comme proie. Ça ne pouvait décemment pas être pire.

– Tu es certaine que ça va aller, Leah ? Si tu n’es pas très en forme… Tu peux encore faire demi-tour, on ne va pas te forcer à cavaler dans les bois toute la journée si ça ne va pas.

– Ne t’en fais pas pour moi, lança-t-elle avec plus d’énergie, je me sens parfaitement bien.

Et il n’était pas question de le laisser seul avec ce sale type, d’autant plus s’il avait déjà commencé à faire « ami-ami » avec lui ! Depuis combien de temps ce buveur de sang lui tournait-il autour ? Depuis combien de temps s’approchait-il ainsi ? Ne pas le savoir la rendait folle, morte d’inquiétude. Avec ça, pourquoi de jouer au collègue sympa, sans l’attaquer ? Leah ralentit un peu Miroir, restant en arrière du groupe. Ils avaient un peu accéléré, allant au petit trop sous les pins et les sapins hauts de plusieurs mètres. Une fois encore, pas assez de bruit, dans cette forêt, c’était très oppressant. Le vampire ralentit lui aussi sa monture, venant se mettre à sa hauteur avec un regard aigu. Elle lui jeta un regard noir, bien qu’un long frisson l’ait agité. Non, décidément, il ne lui revenait pas, elle n’aimait pas sa tête. Il lui murmura alors qu’elle était l’une des petits louveteaux de la Push, ce qui lui fit grincer des dents. Donc il les connaissait, alors qu’eux ne savaient rien de lui. Il les avait espionnés ?! Et pourquoi n’avaient-ils pas flairé son odeur ? Ils avaient des sens décuplés, une fois transformés !

– Qu’est-ce que tu veux à Dylan ?! grinça-t-elle très bas, sachant très bien qu’il allait tout de même l’entendre. Et surtout, que fous-tu dans cette chasse ?! Depuis quand les monstres de ton espèce s’intéressent aux loups géants ?!
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Démétri Volturi
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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Jeu 17 Déc - 18:13

– Dans mes rêves, il y en avait, soupira longuement Dylan. Prêt ?

Ça promettait. Caïus aussi dirait sûrement que c'était de la folie pure, surtout depuis la nuit où lui-même avait bien failli se faire arracher la tête par un de ces loups étranges. Le traqueur n'excluait la possibilité d'un EDL ayant muté ou quelque chose de ce genre là, un peu à la façon des louveteaux de cette réserve étriquée qui pouvaient se transformer à volonté. Et donc qu'il existait un lien plus profond que prévu entre les deux espèces... Hum, cela donnait matière à réfléchir. Pendant le trajet, il jeta de temps en temps des coups d'œil à Dylan, pensif. Il était moins méfiant avec lui depuis qu'il l'avait mordu, cependant, Démétri devra recommencer assez vite avant de le maintenir ainsi, sous influence. Cette nuit, sans doute, à moins qu'il ne trouve une occasion dans la journée. Le droguer l'assommer, l'abrutir de somnifères, il existait bien des moyens pour qu'il ne se rende compte de rien. Petit à petit, il tombera ainsi sous une influence complète, Démétri pourra en faire ce qu'il voudra, les humains étaient si simples à manipuler, une fois qu'on savait comment s'y prendre. Le Volturi retint un sourire un peu cynique en garant la voiture, songeant à la suite des événements. Le jeu de pouvoir, de lien et de domination sur un humain l'amusait assez, c'était une nouvelle forme de dépendance qui s'accrochait aux humains et les rendait d'autant plus vulnérable.

En rejoignant les autres, ils furent rejoint par une femme dont l'odeur crispa aussitôt le traqueur. Une louve... Non, une des Quileutes, plutôt. Amusant d'en trouver ici, lui qui avait pensé aux lien qu'ils avaient avec les EDLs quelques minutes plus tôt à peine. Elle aussi avait reconnu sa véritable nature, il suffisait de voir son expression, son ton crispé, sa posture raide. L'observant de haut en bas avec discrétion, il sentit plus longuement son odeur, la comparant à celle d'un autre Enfant de la Lune qu'il avait gardé en mémoire. Oui, cela se rapprochait beaucoup, beaucoup trop, même. Les changements ayant affectés leurs espèces avait-il aussi rapproché les Quileutes de ces loups maudits ? Carlisle leur avait déjà soutenu que non, sauf que sa parole valait ce qu'elle valait, étant donné qu'il ne voulait pas voir tous les Quileutes périr, il fera toujours attention pour les préserver. Pensif, il continua d'observer en biais la Quileute, tout en grimpant sur le dos de son cheval, sans faire attention à leur conversation. L'odeur si familière de la peur et de l'angoisse vint flotter jusqu'à lui, cette fille était bien nerveuse. Elle avait bien de quoi l'être... Les humains de leur petit groupe ne pouvaient se douter de rien, ignorant des deux monstres qui voyageaient avec eux. Pauvre Dylan, il avait l'air bien innocent, ainsi.

– Tu es certaine que ça va aller, Leah ? Si tu n’es pas très en forme… Tu peux encore faire demi-tour, on ne va pas te forcer à cavaler dans les bois toute la journée si ça ne va pas.

– Ne t’en fais pas pour moi, lança-t-elle avec plus d’énergie, je me sens parfaitement bien.

Elle devait se méfier. Démétri garda les rênes dans une main, posant l'autre sur le devant de la selle. Aucun détail ne lui échappait, il était habitué à ce genre de chasse depuis des siècles. Pour le moment, il ne sentait aucune menace sur bien des lieues à la ronde, ses sens ne lui renvoyaient rien d'alarmant. Dylan ne devait rien sentir non plus, il était très calme. Ralentissant un peu, il vint se mettra à hauteur de la louve, répondant d'un léger sourire à son regard très noir. Il la rendait nerveuse, c'était clair et net. Quant à elle, elle l'intriguait, il sera intéressant de pouvoir l'examiner de plus près, afin de savoir ce qu'elle avait réellement en commun avec les Enfants de la Lune. Cette nouvelle piste devait être examinée en profondeur, afin de ne rien laisser passer. Il lui lança dans un murmure qu'elle était une de ces petits louveteaux de la Réserve, près de Forks, la faisant grincer des dents au passage. S'ils pensaient que leur petit coin de plage et de forêt était bien protégé... Enfin, soyons honnête, Démétri partait avec un très gros avantage, étant donné que ces petits loups ne pouvaient pas le traquer à l'odeur. Même sans cela, il n'était guère difficile de se déplacer où on le voulait une fois qu'on savait comment s'y prendre. Un "bébé" vampire est tout faible et tout mignon, la force, l'endurance et l'intelligence venaient de plus en plus fortement avec l'âge. Une fois qu'on avait assez d'expérience derrière soit pour savoir comment se tirer de beaucoup de dangers.

– Qu’est-ce que tu veux à Dylan ?! grinça-t-elle très bas, sachant très bien qu’il allait tout de même l’entendre. Et surtout, que fous-tu dans cette chasse ?! Depuis quand les monstres de ton espèce s’intéressent aux loups géants ?!

– Nous sommes deux monstres, ma chère, toi comme moi. Sache que "mon espèce" s'est toujours intéressée aux loups géants, bien avant que l'idée même de ta conception effleure l'esprit de ta mère.

Il lui dédia un sourire ironique, ne comptant pas lui dire quel âge il avait en réalité. Ce pouvait être très difficile à accepter, pour certains, bien qu'il existe bon nombre de vampires bien plus âgés que Démétri, beaucoup plus expérimentés, portés par la force des millénaires et ayant vécu tous les plus grands changements de ce monde. Plus un vampire vieillissait, plus il devenait puissant, plus son esprit devenait complexe et riche. Il fallait le vivre pour le comprendre ! Marcus était un bon exemple, comprendre les discours qu'il tenait parfois était impossible lorsqu'on n'avait vécu que vingt ou trente ans.

– Je n'ai pas l'intention de tuer ton ami, respire, ricana-t-il. Si je voulais sa mort, je serai passé à l'acte depuis longtemps. En revanche, concernant cette mignonne petite bête que vous avez croisé l'autre jour, j'avoue qu'elle m'intéresse tout particulièrement. Tout comme je m'intéresse aux liens qui existent entre elle et toi.

Elle parut outrée, ouvrant la bouche pour lui crier dessus puis s'interrompit tout net lorsqu'il projeta son bras pour l'attraper derrière la tête, coinçant sa nuque dans sa main glacée et dure, leurs chevaux côte à côté, en arrière du groupe. Elle lui glapit de la lâcher, retenant de justesse son cheval qui avait fait un écart.

– Je traque les bêtes comme toi depuis des temps que tu ne connais que par les livres d'Histoire, murmura-t-il. Si tu veux un conseil, ne te dresse pas sur mon chemin. Tu n'es pas officiellement une ennemie à mes yeux, mais si tu deviens une gêne, je t'éliminerai sans hésiter. Comme d'autre loups-garous.

Il la relâcha sèchement puis talonna son cheval, revenant à hauteur de Dylan. Toujours aucun signe de danger immédiat.

– Je doute qu'on trouve cette bête aujourd'hui, dit-il d'un assez naturel. Vous pensez qu'on a des chances ?

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Dylan C. Swan
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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Dim 20 Déc - 21:59

– Ne t’en fais pas pour moi, lança-t-elle avec plus d’énergie, je me sens parfaitement bien.

Certaine ? Vraiment ? Il lui jeta un long regard puis lui fit un faible sourire, ajoutant de ne pas hésiter à le dire si elle ne se sentait pas bien. Se déconcentrant sur le trajet, il observa les alentours avec attention, se détendant pour laisser place à cet instinct bizarre qui le travaillait sans cesse, le laisser l’envahir, prendre le contrôle et ainsi lui dévoiler si un danger approchait. Il savait parfaitement que ce n’était pas raisonnable d’agir ainsi, qu’il ne devrait pas avoir confiance sur la base de simples impressions, qu’il se mettait sans doute en grand danger. C’était plus fort que lui, cet instinct le poussait tant, parfois, qu’il ne pouvait pas y résister, le suivant sans même le réaliser. Les mains serrées sur les rênes de son cheval, il prit une longue et douce inspiration, fermant à moitié les yeux en se laissant guider. Pour le moment, Dylan ne ressentait rien de particulier, aucun danger n’approchait d’eux. Non, il ne pouvait en être certain, oui, c’était déraisonnable, non, il ne pouvait pas oublier ce don bizarre qui l’aidait dans ce genre de situations. Rouvrant les yeux, il les plissa pour voir plus loin, tournant la tête pour être sûr que rien ne leur fonçait dessus, il savait à quelle vitesse courait ce truc.

Les membres de leur équipe parlaient parfois, à voix très basse, la nervosité était palpable. Comment se débrouillait les autres groupes ? Dylan sortit son portable pour leur envoyer un message, avant de réaliser qu’il n’avait aucun réseau. Tellement pratique, d’autant plus que personne n’avait emmené de radio. Son voisin le plus proche, Jehan, mourrait de peur, c’était visible. Il ne cessait de lancer des regards à droite et à gauche, respirant trop vite et tremblant, murmurant une longue litanie entre ses lèvres serrées. Du calme, enfin ! La bête n’était pas près d’eux, ça, c’était certain ! Enfin, certain pour lui, il n’était pas certain que ses intuitions bizarres parviennent à convaincre ses collèges qu’aucun danger immédiat ne les menaçait. Ce n’était même pas la peine d’essayer de les rassurer. Faisant la moue, il essaya à nouveau de trouver du réseau sur son portable, détestant l’idée que leur groupe soit ainsi isolé au beau milieu des montagnes, mal armés, pour traquer une bête inconnue et potentiellement mortelle. Ne captant toujours rien, il lâcha un gros soupir exaspéré en fourrant son portable dans sa poche, rejoint au même moment par Démétri. Partir comme ça sans ressources, c’était un calvaire ! Ils n’avaient rien de valable pour se défendre !

– Je doute qu'on trouve cette bête aujourd'hui, dit-il d'un assez naturel. Vous pensez qu'on a des chances ?

– De se faire tuer ? grinça-t-il avec une certaine hargne. Si on tombe dessus, ouais, on a toutes nos chances ! Ce pauvre imbécile… Je te jure que c’est un vrai tordu !

Le tutoiement était sorti seul, sans qu’il y prenne garde, il ne s’en rendit compte qu’un moment plus tard. Il s’excusa mais le Russe lui fit un petit sourire en lançant que ce n’était pas grave, ils n’avaient pas une grande différence d’âge. Si ça ne le gênait pas, tant mieux, c’était juste un détail après tout. Autour d’eux, la forêt était toujours incroyablement calme, si paisible qu’on pourrait difficilement croiser qu’elle abritait une bête de légende mortelle et dangereuse. Après avoir descendu le versant sud des collines de Crystal Rocks, il fallut descendre de cheval, guider leurs montures à pieds, car les chemins devenaient très durs et presque impraticables, ralentissant encore leur progression. Il devait être presque dix heures du matin, maintenant, impossible d’en être certain sans voir le soleil. Dylan retint un soupir en sentant, sitôt après cette pensée, de la pluie fine leur tomber dessus. Il détestait la pluie, elle effaçait des traces parfois importantes et brouillait les pistes. Pluie qui devint à mesure plus forte, leur faisant rentrer la tête dans les épaules, les trempant rapidement jusqu’aux os. Voir loin devant soi devint vite impossible, comme progresser convenablement. Dylan grogna de mécontentement, prête à insulter le ciel. Cette expédition était mauvaise, de plus en plus.

Un grondement, dans le lointain, leur annonça la venue d’un orage. Dylan porta une main à ses yeux pour en dégager les mèches, collées à son front par la pluie battante, essayant d’y voir clair malgré tout. Un malaise lui serrait de plus en plus le cœur, une impression oppressante qui le tenaillait. Ce n’était pas possible, ils n’y voyaient plus rien, ne pouvaient pas avancer vite et leurs montures devenaient très nerveuses à cause de l’orage qui approchait. Ils devaient faire demi-tour ! Leur chef de groupe cria qu’ils pouvaient encore continuer un peu, après que le jeune flic lui ait lancé ça. Espèce de… Dylan manqua de glisser, tirant sur les rênes de son cheval pour le faire avancer. Tout à coup, le malaise augmenta brutalement, comme si on avait marché sur sa tombe. Il s’arrêta tout net, se retournant, scrutant la mer d’arbres dans leur dos, avec le sentiment d’être épié. Il ne pouvait pas distinguer grand-chose, la pluie était trop forte. Une main se posa tout à coup sur son épaule, le faisant à moitié sursauter. Démétri était là aussi, sourcils froncés, inspirant comme s’il reniflait l’air ambiant. Il avait une expression différente, plus… Plus… Comme s’il était plus âgé, à présent, ou plus…

Il resta figé, guettant un bruit, un signe, un danger, silencieux et attentif. Le malaise était persistant mais restait à l’écart, comme fixé au sol. Il se passa un long moment, sans que ni lui ni Démétri ne bouge. Ils attendaient, surveillant, puis le malaise diminua peu à peu, avec lenteur, s’éloignant avant de disparaître complètement. Dylan eut un long tremblement, éternuant avant de se ressaisir. Quoi que ça puisse être, c’était loin. Se retournant, il écarquilla les yeux en voyant qu’ils étaient seuls… Leur groupe était parti. Bouchée bée, il courut en avant pour observer les alentours à moitié choqué, puis les insulta d’enfoirés en criant, outré. Quelle bande d’enculés ! Ils… Non mais bon sang ! Ils étaient partis ! Ils… Ils étaient partis, enfin ! Sans même un mot ! Les enfoirés ! Il en resta choqué un instant, se tournant vers Démétri, regardant ensuite leurs chevaux qui se serraient l’un contre l’autre en piaffant. Dylan savait que cette expédition allait être une catastrophe, de long en large ! S’appuyant contre le tronc d’un arbre, il les insulta encore en se souvenant qu’ils n’avaient même plus la carte. Ils ne pouvaient pas les rejoindre, perdus au milieu du parc, alors qu’une bête sauvage rôdait dans le coin.

– Viens, soupira-t-il, faut qu’on s’abrite en attendant que la pluie cesse.

Il s‘enfonça avec lui sous l’abri des arbres, de plus en plus profondément, tirant leurs chevaux avec eux. Suivant le cours de la rivière, ils remontèrent jusqu’à une petite cascade, attachant leurs chevaux aux arbres avant de s’abriter derrière la petite chute d’eau, marchant dans la gadoue et les feuilles mortes, à l’abri de la pluie torrentielle et glaciale. Perdu pour perdu… Ils allaient mettre des heures avant de rentrer à Forks. D’ici que son père panique et ne lance des recherches… S’asseyant contre un rocher, par terre, au diable la boue et le reste, il prit machinalement la gourde d’eau que le Russe lui tendit, buvant trois longues gorgées, en ruminant sa rancœur. Région de merde, mentalités de gros trous du cul qui ne pensaient qu’à leurs gueules et inconscients de tous les dangers. Frissonnant, il resserra sa veste sur lui, s’appuyant contre le rocher dans son dos. Il avait comme un petit goût bizarre dans la bouche… S’affaissant un peu, il se frotta les yeux, ayant l’impression d’entendre des cris, des rires d’enfants, puis le bruit d’un vent grinçant, tout autour de lui. Il crut percevoir la voix de Démétri qui lui demandait si ça allait et il bafouilla un vague « oui », bougeant plus faiblement.

Des bruits assez étranges vinrent le cerner, lui arrachant un nouveau frisson, de peur cette fois. Il se débattit comme il le put pour repousser ces ombres qui s’approchaient de lui, gémissant lorsqu’il sentit deux mains glacées prendre ses poignets et un poids s’appuyer sur lui, sur ses jambes, se penchant contre son torse et son visage. Son cœur s’emballa aussitôt, pendant qu’il clignait des yeux à toute vitesse pour y voir plus clair, effrayé par ce qu’il entendait. La voix de Démétri vint à nouveau près de lui, à son oreille, voix lui murmurant de ne pas s’inquiéter. Dylan referma les yeux, ne pouvant même pas bouger, quelque chose était sur lui. Un toucher léger descendit sur sa gorge, puis il perçut un pincement à son cou, une gêne à cet endroit. Les ombres s’approchaient, tournaient autour de lui, d’eux, c’était assez terrible. Il n’était pas du genre à s’effrayer pour rien, sauf cette fois, il avait vraiment peur. Il parvint à éclaircir un peu ce qu’il voyait, le cœur au bord des lèvres, reconnaissant Démétri, qui lui dit à nouveau de ne pas s’inquiéter. Où étaient-ils… Qu’est-ce qui se passait ?! Le Russe l’entoura tout à coup de ses bras et Dylan s’accrocha à lui par réflexe, comme à une bouée, le souffle court. Juste avant de ressentir ce pincement à son cou, plus accentué.

– J’ai mal, bafouilla-t-il.

– N’ai pas peur.

Dylan eut un sursaut de surprise en sentant des lèvres fines et froides se poser sur les siennes, des bras durs l’enlacer avec fermeté, une présence qui l’envahissait entièrement. Il se retrouva appuyé contre le rocher, croyant halluciner, les yeux à moitié fermés, comprenant avec peine que c’était bien son collègue qui était en train de l’embrasser à pleine bouche en lui laissant à peine le temps de reprendre son souffle. Il essaya de résister, le repousser, voulut parler, alors qu’un goût âcre, avec une pointe de sel, se mélangeait au baiser. Quelque chose coula dans sa gorge, avec lenteur, durant un moment. Dylan eut un violent frisson, coincé sous son collègue, cessant peu à peu de se débattre, oubliant pourquoi il voulait se dégager. Il se laissa embrasser, les yeux clos et réagissant à peine, les mains crispées sur les épaules du Russe, comme pour se retenir. Lorsqu’il cessa, le jeune homme était complètement étourdi, le cœur battant à toute vitesse, sans plus comprendre ce qui lui arrivait et comment il en était arrivé là. Tournant la tête, il essaya de reprendre son souffle et s’éclaircir les idées, comprenant qu’il était dans les bras de son collègue, collège qui l’avait embrassé sans que Dylan veuille le repousser. Il se sentait bizarre, comme flottant loin de son corps, toujours avec goût étrange dans la bouche.

– Pourquoi tu m’as embrassé ? parvint-il à articuler.

– Drôle de question… On embrasse les gens lorsqu’ils nous plaisent.

Dylan rougit malgré lui, se laissant faire lorsque Démétri se redressa, l’entraînant avec lui, avant de le serrer dans ses bras. Il devrait se dégager, se reprendre, n’arrivait pas à faire un seul mouvement, hébété. Posant sa tête contre lui, il se laissa aller, refermant les yeux, l’épuisement s’abattant sur lui avec brutalité. C’était comme si on lui avait aspiré une partie de son énergie vitale, il ne parvenait plus à réfléchir clairement.

– On doit essayer de rentrer vite, murmura-t-il doucement, la pluie cesse… Retrouver notre chemin. Il faut y aller.

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Démétri Volturi
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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Mer 23 Déc - 22:22

– De se faire tuer ? grinça-t-il avec une certaine hargne. Si on tombe dessus, ouais, on a toutes nos chances ! Ce pauvre imbécile… Je te jure que c’est un vrai tordu !

Dem retint un petit rire, haussant les épaules en le rassurant d'un geste lorsqu'il s'inquiéta de l'avoir tutoyé, ajoutant qu'ils n'avaient pas une très grande différence d'âge. Enfin, techniquement, plus d'un millénaire les séparaient, Démétri était né en Russie, à une époque dont ne se rappelaient que les livres d'Histoire et certains vampires assez âgés. Reportant le regard sur la route, après avoir vite lancé un regard ironique à la Quileute qui fulminait, il se détendit un peu en entendant, au loin, le pas si reconnaissable de Félix en pleine course, accompagné de ceux, bien plus légers, des jumeaux. Ils n'étaient pas très loin, à deux ou trois kilomètres peut-être, d'après ce qu'il entendait. Il ne sentait pas la bête proche, pour le moment. Leur groupe s'attaqua à un versant un peu plus raide des collines, dans un silence presque religieux, descendant un peu plus tard de cheval et ralentissant encore la progression. Devoir se traîner avec des humains mous et inconscients en plus d'une louve acariâtre était assez pénible. S'il pouvait être avec son équipe, ce serait plus rapide et efficace, ce n'était pas quelques humains qui allaient être efficaces face à une chimère de ce genre.

La pluie vint bientôt se mêler à la partie, rendant cette chasse encore plus lassante, aux yeux du traquer, car les humains en ralentirent encore plus. Allez, hop, on se dépêche un peu ! Plus jeune, la pluie suffisait à brouiller les pistes, voire les effacer, il avait du mal à se repérer. Puis avec l'entraînement et l'expérience, il pouvait percevoir les traces qu'il suivait même avec une pluie torrentielle, comme celle qui commençait à leur tomber dessus. Le temps filait, la bête n'était toujours pas venue leur dire bonjour et la louve Quileute puait la mort, c'était tellement agréable, vive les infiltrations. Ils marchaient dans des chemins étroits et détrempés lorsqu'une faible odeur de fer et de sel vint flotter au nez du traqueur. Ah, voilà enfin la bête, ce n'était pas trop tôt. Il ralentit pour rester en arrière du groupe, ses yeux acérés portés vers l'arrière, la sentant se rapprocher. Viens donc, ma mignonne, qu'on s'explique entre monstres. Il laissa peu à peu tomber son masque de flic humain, se préparant, suivant la progression de la bête, alors que l'orage commençait à gronder au-dessus de leurs têtes. Il en avait traqué et tué des centaines, de loups géants, un de plus pouvait venir compléter son tableau de chasse dans quelques instants. Il ralentit encore, prêt à se battre, l'encourageant mentalement à approcher. Allez, petite, viens, plus près encore, attaque et dévoile ta nature. Il l'attendait.

Dylan s'arrêta tout net à son tour, ayant dû sentir que la bête n'était pas très loin derrière eux. Démétri lâcha les rênes de son cheval pour venir à côté de lui, posant une main sur l'épaule et prêt à l'envoyer valser plus loin sur le côté si ce truc se décidait à attaquer, afin de lui éviter de se faire dévorer. Les autres humains ne furent même attention à cet arrêt, continuons leur toute. Bon débarras. Le traquer inspira doucement, analysant l'odeur de la bête, la gravant dans sa mémoire, figé. Elle aussi s'était arrêtée, à environ dix mètres d'eux, une distance qu'elle comme lui pouvaient franchir en à peine une seconde. Il sourit lentement en la voyant enfin, à travers la pluie, lorsqu'elle quitta l'abri d'un gros fourré. On aurait pu croire à un mélange d'ours et de loup. Ce truc avait la taille et le poids d'un ours, une tête de loup surdimensionnées, des pattes lourdes et arquées, un poil brun foncé avec des rayures noires et des crocs débordant dans sa gueule. Ses yeux étaient plutôt petits, pour une bête de cette taille, méfiants, vifs, d'un noir soutenu, avec une légère pointe de marron foncé. Ils se regardaient dans les yeux, se jaugeaient, s'observaient. Dylan ne devait rien voir mais Démétri, lui, faisait face au monstre, attendant qu'il attaque.

C'était plus grand qu'un Enfant de la Lune... Dressée sur ses pattes arrières, cette chimère pourrait attendre les trois mètres et faire le poids de trois éléphants adultes. Il pencha légèrement la tête, souriant, mais elle ne leur fonçait toujours pas dessus. Elle renâcla puis fit finalement demi-tour, repartant avec lenteur en arrière, vers le Nord. Il se passa un moment en silence avant que Dylan se détende, éternuant un peu puis découvrant que le reste des humains les avait laissé sur place. Démétri le laissa s'indigner, suivant la bête du regard, les mains dans les poches. Bien, maintenant, ils sauront à quoi ressemblait exactement cette chose, ainsi que son odeur, ce sera plus aisé pour la traquer. Rejoignant Dylan, il le trouva à moitié paniqué et furieux contre ses collègues. Allons, pas de quoi en faire un drame, bien au contraire ! De toute façon, ils étaient partis vers le Sud alors que la chimère venait de filer au Nord. Ils pourront rentrer sans eux, ce n'était pas Démétri qui allait se perdre aussi facilement. Ah, en revanche, il était vrai que leurs chers camarades auront quelques ennuis si jamais cette chimère avait des copines au Sud, la petite Quileute devra protéger leurs fesses toute seule.

– Viens, soupira-t-il, faut qu’on s’abrite en attendant que la pluie cesse.

Le traqueur allait pouvoir prendre du temps pour s'occuper de lui, maintenant. Le suivant, il reprit les rênes de son cheval, partant sous les sapins, dans des chemins détrempées, remontant le cours de la rivière. Démétri avait déjà préparé ce qu'il fallait, dans son sac, au cas où une occasion se présentait, comme ici, il fallait toujours être prévoyant. Au bout d'une vingtaine de minutes, ils trouvèrent une petite cascade, attachant les cheveux avant de se glisser sous la grotte dessous, à l'abri de la pluie. Endroit tranquille, seul à seul, c'était parfait. Démétri déposa son sac par terre, pendant que Dylan s'installait aussi, rajoutant dans la gourde d'eau la poudre qu'il gardait dans un petit sac, dans sa poche. Il la mélangea puis la tendit naturellement au jeune flic pour qu'il boive. Restant près de lui, il l'observa paisiblement an attendant que la drogue agisse, se répande dans tout son corps, jusqu'à son cerveau. Il ne tarda guère à avoir un frisson, s'affaissant un peu contre le rocher, répondant à peine au traqueur lorsqu'il lui demanda s'il allait bien. Bon, encore une ou deux minutes et ce sera bon. Démétri se releva, marchant pour aller près de lui en l'observant. Il savait ce qu'il avait à faire, son cher ami allait subir quelques petits changements, ces jours prochains.

Se penchant, Démétri s'installa à califourchon sur lui, lui bloquant les jambes avec les siennes puis s'appuyant sur son torse, lui attrapant les poignets pour les plaquer contre le rocher, entendant son cœur prendre une brusque accélération. Cette drogue agissait sur la peur et provoquait des hallucinations, ça ne devait guère être agréable. Démétri sourit en se mettant près de son oreille, lui murmurant de ne pas s'inquiéter. Il glissa avec lenteur les lèvres sur sa joue puis sur la gorge, mordant avec douceur dans la peau si tendre, y appuyant les lèvres pour en boire le sang qui avait jailli, y mêlant son venin. Seconde morsure importante, second "baiser de mort", comme on le nommait. Il en fallait trois ainsi avant que la victime ne puisse être transformée. Trois baisers puissants qui devaient être suivis d'un échange de sang. Avec le second, les premiers symptômes de transformation commençaient déjà à apparaître. Démétri ferma les yeux en aspirant le précieux liquide vital, s'arrêtant un bref instant pour sourire à Dylan, le rassurant. Tout allait bien. Il était déjà considéré comme un membre du clan et ne sera pas seul lorsque viendra pour lui l'heure de mourir et de rejoindre le monde de la nuit. Il s'accrocha à lui, gémissant lorsque Démétri continua de boire, longuement.

– J’ai mal, bafouilla-t-il.

– N’ai pas peur.

Il pencha un peu la tête pour l'embrasser à pleine bouche, lui arrachant un sursaut, le tenant dans ses bras, contre lui, avec force, en l'appuyant de nouveau contre le rocher. Le jeune humain commença à se débattre, voulant résister. C'était inutile, d'autant plus qu'il n'allait pas tenir plus de trois minutes après avoir été mordu ainsi. Le vampire se coupe lui-même les lèvres pour lui faire couler son propre sang dans sa gorge et ainsi procéder à l'échange, consolidant le lien mental entre eux. Il lui fit boire autant de sang qu'il lui avait pris juste avant, sans cesser de l'embrasser, y prenant un véritable plaisir. Son influence sur lui était très bien établie, maintenant, Dylan cessa de se débattre, en commençant à avaler le sang, ne réagissant plus que faiblement, totalement à sa merci. Cessant au bout d'un long moment, il sourit en le voyant tourner la tête pour reprendre son souffle, hébété et sous le choc. Le second baiser de mort était donné, Démétri pouvait déjà voir les premiers changements, invisibles pour un regard humain, apparaître sur lui. Ses yeux plus vifs, son teint devenu plus pâle, sa peau qui avait un peu refroidi. Petit à petit, les changements seront plus significatifs, le sang qu'il avait avalé était chargé de venin et allait imprégner tout son corps, le poison était en lui.

– Pourquoi tu m’as embrassé ? parvint-il à articuler.

– Drôle de question… On embrasse les gens lorsqu’ils nous plaisent.

Et Dylan lui plaisait vraiment beaucoup, il l'avouait sans aucune honte. Il sourit en le voyant rougir, signe supplémentaire qu'ils étaient à présent liés l'un à l'autre. Il essaiera sans aucun doute de le repousser ou mieux résister lorsqu'il aura retrouvé son état normal, s'il y parvenait. Sous-estimer es attaches mentales pouvant se créer par l'échange de sang serait une très grave erreur. Démétri se redressa, en le prenant avec lui, le serrant dans ses bras avec force et une certaine possessivité. Le jeune humain se laissa faire, bien entendu, posant sa tête contre son épaule. Il devait être sonné, après ce qui lui était arrivé, mais il avait reçu assez de sang pour garder ses forces. Mieux que ça, le sang noir et chargé de venin des vampires allait lui donner une énergie nouvelle dès que son corps l'aura intégré.

– On doit essayer de rentrer vite, murmura-t-il doucement, la pluie cesse… Retrouver notre chemin. Il faut y aller.

– Ne t'en fais pas, nous ne sommes pas perdus. Sans vouloir me vanter, j'ai un excellent sens de l'orientation.

Il se releva puis lui tendit la main pour qu'il fasse de même, l'aidant à se remettre droit sur ses jambes. Ressortant de la petite grotte, avec sa cascade, ils retrouvèrent leurs chevaux, Démétri grimpa souplement en selle en observant Dylan en biais. En effet, le sang commençait à modifier son corps. Il ne pouvait pas s'en rendre compte mais le rythme de son cœur avait déjà ralenti, à cause du sang noir plus épais et lent qui circulait maintenant dans ses veines, se mélangeant à son propre sang. Parfait. Talonnant sa monture, il lui fit signe de le suivre, n'échangeant que deux ou trois mots sur le trajet. La bête n'était plus dans les parages, soit elle était tombée sur un des petits groupes humains, soit elle s'était réfugiée plus au Nord, hors de portée. Le chemin du retour fut un peu plus rapide dès lors qu'ils revinrent sur des sentiers plus larges et moins escarpés, Démétri guidant son compagnon du moment sur la voie. Il frissonnait toujours, portant parfois une main à sa bouche avec un air perplexe. Il ne pouvait plus se défaire de là, trop tard, mon petit. S'il se concentrait et en sachant quoi chercher, il pourrait même sentir l'attache mentale qui existait entre eux deux.

Une fois qu'ils eurent quitté le parc national, ils purent contacter les autres pour donner leur position et dire que tout allait bien pour eux, qu'ils n'avaient rien vu d'intéressant et qu'ils s'étaient égarés. Un autre groupe était déjà revenu aussi, sans oublier trois autres qui s'étaient aussi perdus et qui arrivèrent en même temps qu'eux. Il avait cessé de pleuvoir mais le ciel restait très gros, bas, menaçant. Démétri rajusta sa veste, voyant qu'il était treize heures passés, jetant un coup d'œil aux petits humains déçus de ne pas avoir mis la main sur la ou les bêtes. Qu'ils s'estiment heureux, ces imbéciles. Rejoignant Dylan, il lui proposa de venir déjeuner à la maison, il pourra se réchauffer et ça lui évitera de rester tout seul chez lui face à son père qui paniquera. Il hocha la tête, grimaçant en marmonnant que son père allait bien être capable de paniquer, oui, grimpant dans la voiture. Revenant à Forks, Démétri haussa les sourcils en voyant la voiture d'Aro garée près de celle qu'avait loué Félix. Le patron était là. Descendant de voiture, il indiqua du doigt l'appartement du second étage où il vivait avec son colocataire, son frère et sa sœur. Il ne mentionna pas le chef du clan tout de suite, ignorant s'il voulait se montrer comme le père des jumeaux ou non.

Entrant dans l'appartement, il vit tout de suite le chef de leur clan, debout à l'entrée de la cuisine, tourné vers eux, un livre épais dans les mains. Démétri demanda très vite et dans une voix inaudible pour les humains comment il devait le présenter, hochant ensuite la tête puis faisant entrer Dylan. Dylan qui pâlit aussitôt dès qu'il fut entré, serrant contre lui la veste qu'il avait ôté, répondant d'une voix assez blanche au bonjour d'Aro. Ah oui, forcément, Démétri le tenait sous influence mais il pouvait très bien sentir le danger provenant du chef du clan, sans oublier les jumeaux. Félix n'était pas là, lui, il avait dû ressortir pour chasser. Jane passa le nez à son tour dans le couloir, portant des lentilles bleues claires et souriant comme une vraie jeune fille, arrachant cette fois un vrai sourire à Dylan qui lui répondit d'un ton plus doux, la trouvant adorable, sans doute. Tricheuse. Démétri secoua la tête dans le dos de Dylan, Jane haussant les épaules lorsque l'humain détourna le regard, l'air de dire "Moi aussi, je peux avoir l'air mignonne". Mouais. Il baissa la tête en souriant, présentant ensuite Aro comme leur père, posant sa veste sur une chaise dans le couloir. Dylan avait retrouvé un air beaucoup plus sombre, méfiant même, très tendu.

– Vous êtes policier, c'est cela ? Ravi de vous rencontrer.

Il y eut un moment de flottement, le jeune humain fixait Aro sans desserrer les dents ni même faire un seul geste, reculant même d'un pas. Démétri ouvrit la bouche lorsque Dylan lança un "Ce n'est pas réciproque" d'une voix claire mais rapide, comme incontrôlée, avant de rougir et de plaquer une main sur sa bouche, bafouillant qu'il était désolé. Tiens, on dirait que le sang qu'il avait avalé avait donné un petit coup de fouet à son don. Aro était resté parfaitement impassible, répondant que ce n'était rien, il devait être fatigué après avoir passé la moitié de la journée sous la pluie à chasser une bête inconnue. Il ajouta de faire comme si rien ne s'était passé, lui tendant la main. Dylan avait sourcillé, clairement hésitant, même tremblant. En effet, son don avait eu un coup, son pouvoir lui commandait de s'éloigner, se mettre en sécurité. Démétri connaissait bien ce sentiment, ce don qui vous contraignait à vous préserver, passer au-dessus demandait de l'entraînement. Il fixait la main que lui tendait Aro, son cœur battant plus vite, l'adrénaline envahissant son corps. Il tendit enfin la sienne, pâlissant encore, prenant celle d'Aro avec hésitation. Le contact fut bref mais il n'en fallait guère plus pour le chef des Volturi.

– Viens, Dylan, je vais te prêter d'autres vêtements.

Il l'incita à le suivre, voyant au passage le regard brillant et amusé de son chef. Oui, les choses évoluaient bien. Il l'emmena dans la chambre où il "dormait" avec Félix, une pièce simple avec deux lits d'une place et une grande armoire, avec une glace sur pieds et une commode en pin. Le tout assez sobre et dans des tons clairs. Ouvrant la commode, il sortit un pantalon, des chaussettes, une chemise et un pull, qu'il fourra dans les bras du futur vampire en lui indiquant où était la salle de bain. Dès qu'il fut à l'intérieur, Démétri se changea rapidement lui-même, retournant dans la cuisine. Il tendit sa propre main à Aro pour qu'il puisse voir la bête de ce matin, le regardant ensuite partir dans le salon pour téléphoner à Volterra, donner les nouvelles informations. S'asseyant, il donna un petit coup de coude à Jane, qui s'était habillée comme une jeune adolescente très innocente.

– Tu triches, sourit-il. Il va sûrement fondre en te voyant.

– T'es pire que moi, répliqua-t-elle en croisant les bras. Et ce n'est pas ma faute, tout le monde fond sur les filles un peu mignonnes.

C'est ça, "les ados mignonnes", ouais, mais quand on connaissait Jane... Il leva les yeux au ciel avec un petit rire, se mettant à cuisiner un truc très simple, pour le déjeuner. Alec était entré à son tour, marmonnant que c'était assez bizarre de ne pas sentir l'odeur de ce type, comme Démétri. Eh, il devrait être habitué, ils faisaient équipe depuis assez longtemps, maintenant. Dès que le tout fut à cuire, il attendit que Dylan arrive, lui lançant de ne pas avoir peur et d'entrer. Les jumeaux avaient de la chance, ils pouvaient se faire passer pour des ados de seize ans et avaient des traits fins et admirables, aucun humain ne leur voudrait le moindre mal, simplement en les regardant. Aro, en revanche, à cause de son âge et son pouvoir, appuyait d'autant plus fort sur le pouvoir du jeune humain.

– On va bientôt déjeuner. Tu te sens un peu mieux ? T'avais pas l'air très en forme, toute à l'heure.

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Dylan C. Swan
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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Dim 27 Déc - 23:56

La pluie avait enfin cessé, laissant place à un rideau grisâtre qui tombait doucement en les glaçant un peu plus.  Dylan serra ses bras contre lui pendant tout le trajet, tête baissée, pensif. Pourquoi Démétri l’avait-il embrassé ? « Quand ils nous plaisent »… Donc il lui plaisait, sérieusement ? Même s’il était un mec ? Le flic était très perturbé, autant l’avouer, il ne s’était jamais intéressé aux garçons de sa vie toute entière, collectionnant les petites amies comme d’autres collectionnaient des coquillages ou des timbres, passant des années à reluquer tout ce qui portait une jupe, par contre, les garçons, jamais, au grand jamais. Pourtant… Il ne l’avait pas repoussé, s’était laissé faire… Durant ce moment, il ne se souvenait pas de s’être débattu. S’enfonçant un peu dans le fauteuil, il réprima un frisson, gelé maintenant qu’il ne bougeait ou courait plus. Il n’avait même pas réfléchi lorsque Démétri lui avait demandé s’il voulait déjeuner chez lui, le suivant comme un automate, comme coupé de tous ses moyens d’action. Dylan ne cessait de lui jeter des regards en coin, encore sonné, essayant de mettre un peu d’ordre dans ses idées.

L’immeuble devant lequel il s‘arrêta était assez petit, juste deux ou trois étages, non loin du centre-ville. Un immeuble gris avec un parking rempli de voitures de bas de gamme, excepté une grosse berline noire garée sur le côté. Dylan suivit son collègue sans un mot, poussant la porte d’entrée assez lourde en fer et en verre avant de filer dans un escalier recouvert en partie d’une moquette bon marché. Très glamour, surtout avec le vieux papier peint qui se décollait du mur. Entrant dans l’appartement après Démétri, il eut un temps d’arrêt sur le seuil, brusquement, comme s’il venait de recevoir un coup de poing dans l’estomac. Il eut un frisson en regardant tous les côtés, juste avant de tomber sur un homme assez grand, pâle comme s’il n’avait jamais vu le soleil de toute son existence, aux cheveux noirs et au sourire… un peu… Forcé ? Il serra sa veste contre lui, pâlissant un peu, à la fois agacé et effrayé par ce malaise soudain qui l’avait saisi. Il n’y avait rien ici, pas de fantôme ni de rat mutant ! Alors pourquoi était-il si mal à l’aise ? Malaise assez fort pour lui donner envie de fuir en courant, rentrer chez lui le plus vite possible et s’y enfermer. Il pouvait encore, la porte était à moins d’un mètre de là.

Il était prêt à faire demi-tour lorsqu’une jeune fille passa tout à coup la tête dans le couloir en lançant un « Bonjour ! » avec un grand sourire. Roh, elle, par contre, elle était très mignonne. Il lui répondit doucement, lui souriant, sourire qu’il perdit lorsque Démétri lui présenta l’homme. Ah, donc c’était son père… Il faisait plus jeune que l’âge qu’il devrait avoir, si Démétri avait déjà vingt-six ou vingt-sept ans. Dylan essaya de lui sourire mais le malaise ne fit que s’accentuer lorsqu’il s’en approcha, le forçant à reculer, se retrouvant presque collé contre le mur, dans ce couloir bien trop étroit à son goût. Non, ce type ne lui revenait décidément pas, un peu comme Edward la première fois qu’il l’avait vu mais ne beaucoup plus prononcé. Quelques chose n’était pas clair chez lui ! Quelque… Il serait incapable de dire quoi, en réalité, mais un truc foirait, c’était sûr et certain, il détestait ce sentiment.

– Vous êtes policier, c'est cela ? Ravi de vous rencontrer.

Ravi… Dylan essaya vraiment de desserrer les dents et de cesser de le dévisager bêtement comme s’il s’attendait à le voir lui sauter dessus pour le dévorer, comme s’il allait soudainement se transformer en monstre sanguinaire, ce qui était ridicule, c’était juste le père de Démétri ! Il ouvrait la bouche pour dire bonjour lorsqu’il s’entendit dire malgré lui "Ce n'est pas réciproque". Ses joues prirent aussitôt une teinte cramoisie et il plaqua la main sur s abouche, bafouillant très vite qu’il était désolé, ce n’était pas du tout ça qu’il avait voulu, pardon ! La honte, la honte suprême, il se rendait complètement ridicule et malpoli, alors qu’on l’avait invité. Il devait vraiment s’en aller maintenant, il devra des excuses à Démétri après, s’il acceptait de lui reparler après ça. Désolé ! Aro répondit tout à coup que ce n’était rien, ils venaient de passer la moitié de la journée à traquer une bête inconnue sous a pluie après tout. Même sa voix faisait hérisser Dylan, c’était un réflexe incontrôlable. Il lui tendit la main et Dylan ne put même pas y répondre tout de suite, même son corps semblait s’allier à son esprit pour lui faire faire des trucs déraisonnables ou honteux. He, qu’est-ce qui se passait ?! Il fixait cette main, le cœur battant bien plus vite, comme lorsqu’un danger était très proche. Se mordant un peu la joue pour se secouer, il s’obligea à la prendre, la serrer un très bref instant. Il avait la peau glacée…

– Viens, Dylan, je vais te prêter d'autres vêtements.

C’était idiot mais la voix de Démétri lui parut parfaitement rassurante, sur le moment. Dylan hocha la tête en le suivant, son cerveau n’intégrant qu’un instant plus tard qu’il comptait lui prêter des vêtements. Ce n’était pas la peine, il pouvait rentrer chez lui ! Une bonne douche, des vêtements secs, un repas et c’est bon, il ira beaucoup mieux, il était juste… un peu sur les nerfs. Un tout petit peu. Son collègue sortit ce qu’il fallait pour tout lui mettre dans les bras, pendant que Dylan ouvrait et refermait la bouche comme un poisson hors de l’eau en essayant de lui dire qu’il pouvait rentrer chez lui. Il se fit poussé dans la salle de bain sans vraiment comprendre, la porte se refermant derrière lui dans un claquement. Bon… Se changeant avec des gestes saccadés, il fourra ses vêtements mouillés dans on sac, frissonnant encore plus violemment lorsque l’eau chaude ruissela sur lui. Du calme, il devait vraiment se calmer, respirer, se détendre. Il avait dû avoir… une sorte d’hallucination, bien qu’il se sente toujours très oppressé. Même la porte de la salle de bain était menaçante, Dylan avait peur et n’avait pas honte de l’avouer. Soit il manquait gravement de sommeil, soit il avait avalé un truc qu’il ne fallait pas et craignait tout. Il devait partir de là ! Peu importe si ça vexait Démétri, il s’excusera plus tard, cet instinct était plus fort que lui.

Repassant avec lenteur dans le couloir, il déposa son sac près de la veste, sur une chaise, entendant Démétri lui lancer d’entrer, de ne pas avoir peur. Où était le mon… heu, son père ? Il n’y avait que la fille de toute à l’heure, dans la cuisine, accompagnée d’un garçon de son âge qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, même yeux bleus assez clairs, mêmes traits fins, presque androgynes. Dylan aurait pu partir tout de suite si sa raison ne lui criait pas d’arrêter les conneries et de se comporter au moins comme une personne rationnelle, s’il n’arrivait pas à être poli. Il s’appuya un peu contre le plan de travail, près de Démétri qui cuisinait, la gorge sèche. La fille… Jane, c’est ça ? Elle était très mignonne, oui, très… un peu… Il le sentait mal, c’est tout. Tournant le regard, il vit Aro un peu plus loin, dans le salon près d’une fenêtre entrebâillée, occupé à parler au téléphone.

– On va bientôt déjeuner. Tu te sens un peu mieux ? T'avais pas l'air très en forme, toute à l'heure.

Il n’était pas malade ! C’était cet appartement, enfin, ceux qui étaient dedans, qui lui portaient sur les nerfs, rien de plus, tout allait parfaitement bien. Il mourrait d’envie de fuir d’ici à toutes jambes et s’en donnait des gifles car c’était parfaitement stupide, en plus d’être déplacé et très grossier. La douche n’avait pas vraiment contribué à lui éclaircir les idées… Il entrouvrait la bouche pour dire à Démétri qu’il devait partir lorsqu’il posa tout à coup la main sur sa joue, doucement, avec une moue inquiète. Dylan se figea tout net, rassuré d’un seul coup, comme s’il venait d’entrer dans une bulle protectrice. Cela non plus, ce n’était pas normal mais son cerveau ne traitait pas l’information. Il hocha la tête lorsqu’il lui redemanda s’il allait bien avant de sursauter à nouveau d’un bond mètre lorsque la main d’Aro s’abattit sur son épaule, lui arrachant un véritable cri. Il porta une main à son cœur qui aurait pu sortir de sa poitrine, livide, à deux doigts de s’évanouir tant l’adrénaline l’asphyxiait. Démétri l’aida tout à coup à sortir de la cuisine puis dehors, sur le palier, avant d’arriver dans le hall. Là, il le poussa contre le mur en le tenant par les épaules. Dylan murmura qu’il était désolé, il ne comprenait pas ce qui lui prenait. Ici, c’était déjà mieux, beaucoup mieux, il était vraiment désolé.

– C’est pas contre ton père, je suis désolé, je ne comprends pas ce qui m’a pris.

– Il est souvent intimidant, mais toi, t’es pas très en forme non plus.

Peut-être bien, il ne savait plus ce qu’il faisait, ce don bizarre lui avait beaucoup servi mais ici, cela ressemblait à une malédiction. Son collègue se pencha puis déposa un baiser sur ses lèvres, lui faisant fermer les yeux, se laissant faire malgré lui, rassuré lorsqu’il le tenait ainsi dans ses bras, il l’apaisait, depuis toute à l’heure. Se laissant aller contre lui, il posa sa tête sur son épaule en fermant les yeux, entouré par des bras durs et froids, avec force. Tous les sons lui semblaient amplifiés, le bruit du vent, de la pluie légère, des voitures passant dans la rue, tous. Il marmonna qu’il ferait mieux de partir lorsque Démétri lui demanda s’il était prêt à remonter, oubliant ses affaires dans l’appartement, angoissé à la seule idée d’y remettre ne serait-ce qu’un seul orteil. Désolé, c’était plus fort que lui. Démétri le serra un peu plus fort contre lui en lui murmurant de se détendre, de respirer doucement. C’était peut-être cette ville qui le rendait dingue, après tout, il était bien souvent malade ou fatigué depuis qu’il était arrivé ici. En plus de tous ces trucs étranges qui arrivaient.

– Je vais rentrer chez moi.

– Je te raccompagne.

Il le reprit par les épaules, ajoutant qu’il lui redonnera ses affaires demain si vraiment il ne voulait pas remonter. Oui, c’était mieux comme ça, Dylan pourra aussi lui redonner les vêtements qu’il lui avait prêté. Il resta silencieux sur le trajet, à moitié assommé, le remerciant d’un sourire lorsqu’il le déposa devant chez lui. Une fois à l’intérieur, dans la maison encore vide, il poussa un énorme soupir de soulagement, se laissant tomber par terre dans le hall d’entrée en ramenant ses jambes contre lui, se prenant la tête entre ses mains. Il ne comprenait plus rien ! Cette peur complètement débile et irrationnelle qui l’avait envahi avec une telle puissance, son rejet, on pouvait l’appeler comme ça, de ce type, ce sentiment de malaise et d’angoisse, le même que dans cette fichue forêt lorsqu’il avait senti que le monstre était très proche. Il était en train de devenir fou. Se relevant, il grimpa dans les escaliers en bois pour entrer dans la salle de bain, se brossant trois fois de suite pour enlever le goût étrange qu’il avait dans la bouche. Il prit une seconde douche puis mit les affaires de son collègue à laver pour pouvoir lui rendre demain, le tout assez vite, les idées embuées.

Un peu plus deux heures plus tard, pendant qu’il était en train d’écrire son rapport dans le salon, sur son ordinateur portable, Bella et leur père rentrèrent quasiment en même temps. Dylan eut un temps d’arrêt, prêt à demander où était Raven, avant de se souvenir qu’elle était chez une copine de classe, ce soir, pour un goût d’anniversaire. Fourrant la main dans sa poche, il lança un petit paquet de cadeau à Bella pour le sien, qu’il avait oublié ce matin-là, contenant un petit bracelet bleu azuré qu’il avait acheté samedi. Paquet qu’elle rata au vol, bien sûr. Il leva légèrement les yeux au ciel en reportant le regard sur son rapport, enregistrant avant d’éteindre le portable. Il continuera un peu plus tard, lorsqu’il aura dormi. Cette journée avait été bien assez dingue comme ça… Il ne restait qu’à conclure, de toute façon. Bella monta dans sa chambre pendant que leur père venait s’asseoir dans le canapé, avec son air sérieux. Quoi ?

– On doit parler, Dylan.

Ça commençait très mal. Personne ne lui avait jamais dit qu’il ne fallait jamais débuter une conversation comme ça ? Charlie ajouta qu’on lui avait rapporté qu’il s’était de nouveau senti mal après la chasse, qu’il avait une attitude plus « déconnectée » ces derniers jours, qu’il était plus nerveux et agressif, semblant parfois dans la lune et d’autres fois prêt à s’effondrer. Cette ville et les ragots, tout un programme. Son père lança qu’en ce moment même, il était très pâle, bien trop. Et oui, ce n’est pas à Forks qu’on peut perfectionner son bronzage.

– Tu dois couver un truc, une maladie… Tu as dû attraper quelque chose. Je voudrai que tu sois hospitalisé quelques jours, le temps qu’on sache ce que tu as, pour te soigner.

– Hospitalisé ? C’est ça ! Je ne vais pas aller perdre mon temps dans un lit d’hôpital, je vais très bien !

– Regarde-toi dans une glace et reviens me dire ça en y croyant vraiment ! Tu es malade, je ne sais pas de quoi, mais tu dois aller te faire soigner. Tu n’as jamais eu grand-chose à part des rhumes de temps en temps, alors qu’ici… J’ai peur que ce soit quelque chose de grave.

Dylan poussa un immense soupir et se leva, empoignant son ordinateur et montant à son tour dans sa chambre. Merci, il allait très bien, au revoir ! Il resta enfermé jusqu’à l’heure du dîner, près que Charlie soit allé chercher Raven. Hospitalisé, c’est ça. Charlie revint à la charge pendant qu’il aidait Bella à couper la viande avec bien plus de force que nécessaire, usant d’un coureau aussi long que son avant-bras.

– Tu veux que je te prenne un rendez-vous avec le docteur Cullen ?

– Non !

Il passa ce qu’il venait de découper à sa sœur, exaspéré, jetant un regard noir à Charlie qui avait croisé les bras, les mains crispées sur le téléphone. Ce n’est pas pour deux ou trois malaises qu’il fallait s’angoisser comme ça, enfin, il ne couvait pas une tumeur au cerveau ! Charlie commença à plaider en ajoutant qu’il devait savoir ce qu’il avait, c’était pour son bien, etc. Dylan prit les légumes des mains de Bella pour les découper à toute vitesse en lui filant ensuite les morceaux tout aussi vite, cherchant à passer ses nerfs sur quelque chose. Voir le docteur, c’est ça, déjà qu’il ne pouvait pas blairer son fils et sa fille, ça allait être du propre.

– Quelques jours à l’hôpital ne vont pas te tuer ! Tu as vu comme tu es pâle ?!

– Tu as vu du soleil quelque part pour que je puisse parfaire mon bronzage d’été ?

– Tu dois au moins voir un médecin !

– Je ne suis pas malade !

Se détournant, il prit des assiettes dans le placard puis des couverts, posant tout sur la table de la cuisine avant de crier en bas de l’escalier à Raven de se dépêcher à prendre sa douche, on mangeait bientôt. Charlie le suivait du regard, sans cesser sa litanie. C’était combien d’années de prison pour avoir zigouillé son propre père ?

– Dylan, je te préviens, je suis à deux doigts d’appeler une ambulance.

– Ils ne vont rien me dire à l’hôpital, tu sais pourquoi ?! Parce que je n’ai rien ! C’est la fatigue, les nerfs, le stress, accuse tout ce que tu voudras, peu importe. Je vais dormir et ça ira bien mieux.

– Je ne te reconnais même plus, depuis quelques jours, tu as trop changé.

– Parce que tu m’as déjà bien connu, c’est vrai ? Surprise, je n’aurais jamais cru ça.

Son père recula d’un pas, comme s’il l’avait frappé, puis détourna le regard avec un lourd soupir. Il serait peut-être temps qu’il réalise à quel point il avait parfaitement rentré dans la case « père absent » durant des années et des années. Un silence s’abattit, seulement rompu lorsque Raven descendit en pyjama pour venir manger, les joues roses et souriantes, ayant elle passé un excellent après-midi chez sa copine. Ils se mirent à table, Charlie étonnamment silencieux, Raven faisant toute la conversation en détaillant de a à z comment c’était passé le goûter chez sa copine. A la fin du repas, Dylan retourna dans la salle de bain, pris par une brusque envie de vomir. Il repoussa la porte derrière lui, assis par terre contre le mur carrelé, une main sur la bouche. Ce goût bizarre, à nouveau, il n’aurait pas dû manger… Et il avait l’impression d’être observé. Passant une main sur son front, il reprit son souffle, essayant d’apaiser son cœur qui s’était emballé.  Rien ne le menaçait, ici, il manquait sérieusement de sommeil. Se relevant, il ferma les yeux, son rythme cardiaque allant encore plus vite. Si, il y avait un truc, là, tout près. Il retourna très vite dans le couloir, poussant la porte de la chambre de Bella, alors qu’elle s’installait pour lire.

– Tu laisses ta fenêtre ouverte, la nuit ? grinça-t-il d’un ton alarmé.

– Ca dépend. Pourquoi ? T'en fais pas, aucun monstre ne viendra m'attaquer, c'est assez haut.

Elle avait levé la tête vers lui, sur un ton ironique. Il n’y prêta pas garde, le regard rivé vers la fenêtre, son cœur battant toujours à vive allure. C’était dehors, juste devant la maison. Là, à quelques mètres seulement. Il traversa la chambre en vitesse pour refermer la fenêtre avec un grand soin, remettant le rideau par-dessus. Raven ne dormait jamais les volets ouverts donc tout allait bien, de son côté. La porte était verrouillé, derrière aussi.

– On ne sait jamais, souffla-t-il d’une voix plus faible. Tu vas bien ?

– Et toi ? répliqua-t-elle en levant un sourcil.

– Je vais très bien, arrêtez avec ça.

Il fila vérifier la solidité de la seconde fenêtre, testant la poignée puis si elle pouvait être crochetée facilement, fermant ensuite les volets puis poussant les rideaux devant.  Il y avait toujours quelque chose autour de la maison, le malaise revenait en force. Le même malaise, c’était… Bon sang… Il se figea un instant puis leva la tête pour regarder le plafond, vers le toit. C’était sur la maison ! Et ça se déplaçait, il en était convaincu, même s’il n’entendait rien qui puisse le confirmer. C’était simplement ce malaise qui le poussait à reculer ou avancer, selon ce qu’il ressentait. Il recula d’un pas, essayant de se concentrer, de mettre un mot sur cette peur. La menace était là, oui, il y avait… Soit un monstre comme dans la forêt, soit encore autre chose qui rôdait et qui les menaçait. De plus en plus livide, il se força à se calmer, se raisonner, sans y parvenir.

– Au fait, reprit-il d’une voix blanche, en se forçant à sourire à Bella. Comment ça se passe, au lycée ? Tu t’es déjà fait des amis ?

Elle ne lui répondit même pas, lui redemandant s’il allait bien. Mais oui, très bien, parfaitement bien ! Il hocha la tête, tous les sens en affût, sentant que le danger s’était immobilisé sur le toit, à deux mètres seulement de la fenêtre la plus proche.

– Ne sors pas cette nuit, d’accord ?

Ce truc était là, juste là, dehors, si proche. Si jamais c’était un des ces loups bizarres de l’autre jour, il avait bien assez de force pour entrer comme il le désirait ! Percer les volets et cette fenêtre comme de vulgaires brindilles pour pénétrer ici et commettre un massacre. Dylan savait déjà qu’il n’allait pas fermer l’œil de la nuit,  il préférait surveiller la maison, au cas où.

– C'est toi qui t'es drogué, cette fois.

– Si seulement je pouvais accuser la drogue, ouais, marmonna-t-il en s’écartant de la fenêtre. Mais tout va bien, je suis juste… nerveux.

Il avait une autre arme de service dans sa chambre, comme celle qu’il portait habituellement était restée dans son sac, chez Démétri. Charlie avait aussi un fusil de chasse, sur le haut du placard du salon, les cartouches étaient dans le second tiroir de la cuisine, à droit de la porte, sur le plan de travail où était posé le micro-onde. Le malaise était toujours aussi oppressant, comme si on el serrait dans un étau de fer. Il tourna la tête vers sa petite sœur, respirant par à-coups. Et si jamais la menace était aussi là pour elle ? LOrsqu’elle partait, quelque chose pouvait bien la suivre… S’attacher à chacun de ses pas. Un danger planait déjà sur elle, bien que ce ne soit pas la même force que ce qui pesait sur leur toit en ce moment-même.

– Je suis sérieux, fais gaffe, on ne sait pas vraiment ce qui se trame ici. Tout se passe vraiment bien, au lycée ? Comment as-tu réorganisé ta vie ?

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Isabella M. Swan
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MessageSujet: Re: Guerre et Paix   Sam 9 Jan - 13:39

Bella descendit de sa voiture, constatant que celles de Charlie et Dylan étaient déjà là. Oh, déjà rentrés ? Elle fouilla dans son sac à dos, dont elle avait attrapé une des hanses en sortant, à la recherche de ses clefs tout en marchant. Mauvais plan. Ayant complètement oublié l’existence du petit escalier menant au perron de la maison, elle se vautra lamentablement sur le ventre, souffle coupé, retrouvant naturellement ses clefs. Jurant entre ses dents, Bella se frotta les mains et les genoux, vérifiant les dégâts, mais elle n’avait rien du tout. Heureusement, Dylan aurait pu lui faire une remarque comme il était dans sa phase « je couve ma sœur après toutes ces années »… Pourquoi diable était-elle allée lui dire une chose pareille ? Elle avait été tellement stupide… Soit, c’était fait, elle ne pouvait pas revenir en arrière. Entrant, elle referma la porte à clef derrière elle, lançant un « bonjour » pendant que Dylan lui lançait quelque chose… qui s’écrasa par terre juste à côté d’elle. Oups ? Le ramassant, Bella remercia son frère et grimpa les escaliers en voyant la tête « il faut qu’on parle » de Charlie.

Désolée, mais là, pas envie d’entendre. Chacun pour soi, comme on dit, même s’ils avaient percé l’abcès et qu’ils essayaient de faire des efforts depuis. Lorsque leurs parents balançaient un « il faut qu’on parle », c’était toujours mauvais signe et il était presque convenu que ni l’un ni l’autre ne s’en mêlerait. Histoire d’éviter d’aggraver la situation en prononçant une parole malencontreuse… Simple mesure de sécurité. Bella s’enferma donc dans sa chambre pour réviser et travailler, laissant tomber son sac à dos sur son lit avant de s’y jeter comme une grosse larve. Oui, elle comptait travailler mais cela ne signifiait pas s’y mettre tout de suite ! Regardant le plafond un moment avant de somnoler de plus en plus, la lycéenne finit par s’endormir et fut réveillée en sursaut lorsque quelqu’un ferma une porte avec un peu trop de violence. Qu’est-ce que… Ah, la discussion père-fils était terminée ? Bella se redressa et croisa les jambes, assise sur son lit, avant de se frotter le visage pour se réveiller un peu. Coup de pompe. Elle n’aurait pas dû s’allonger…

Bella – Allez, hop, debout !

La lycéenne se secoua et sauta hors du lit, attrapant un bouquin pour faire ses devoirs en marchant. Oui, elle devait avoir l’air idiot mais c’était la seule idée qu’elle avait eue. Donc, littérature. Ca, c’était… Heu… Une œuvre de Shakespeare, elle le savait, mais son nom ? Bella chercha un bon moment avant de céder et d’ouvrir son ordinateur, retranscrivant les premiers vers sur Internet. La Complainte d’un amoureux… ? Bon, non, là, elle ne connaissait pas. Haussant les épaules, elle recopia le nom du poème qu’elle avait sous les yeux et commença à répondre aux questions. C’était long. Très long. Trop long. Certains vers ne cessaient de lui faire penser à Edward, l’obligeant à se faire violence pour ne pas l’appeler alors qu’elle venait tout juste de rentrer. Elle ne devait pas sembler accro, surtout pas. Après tout, Dylan avait raison, ils ne se connaissaient pas beaucoup, elle devait rester un minimum prudente même si, pour l’instant, Bella se sentait bien plus vivante aux côtés d’Edward qu’ailleurs.

Ce n’est qu’au bout de la dixième question que la lycéenne rangea son livre dans son sac à dos, se relevant comme elle avait fini par s’asseoir à son bureau. Ouvrant la porte de sa chambre, elle guetta les bruits dans la cuisine mais celle-ci semblait déserte. Parfait. Bella descendit les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée, passant dans le couloir en constatant, au passage, que le salon était désert. Eh bien ? Ah, juste, Charlie devait être parti pour Raven. S’attelant à préparer le dîner, l’étudiante remercia son frère lorsqu’il descendit l’aider un peu avant que leur père ne revienne avec leur demi-sœur. Cependant, dès qu’ils entendirent la porte d’entrée s’ouvrir, les choses se gâtèrent. Charlie semblait déterminé à avoir le dernier mot au sujet d’elle-ne-savait-quoi, la santé de Dylan d’après ce qu’il disait. Heu… Il était malade ? Bella se concentra sur les légumes qu’elle découpait, ignorant la discussion qui se déroulait à côté d’elle. Pas ses oignons, chacun pour soi. Mais eeeeh !

Bella – Dylan !

Son frère venait de lui prendre les légumes qu’elle était en train de découper avant de les lui donner, réduits en tous petits morceaux en à peine quelques secondes. Il ne l’écoutait même pas, en plus ! Non, il était trop concentré sur le sermon de Charlie qui se souciait, soudainement, de l’état de santé de son fils… Mal à l’aise, elle-même se concentra sur ce qu’elle faisait, surveillant la cuisson de la viande pour éviter d’être prise à témoin. Avec ce qu’elle avait fait à Phoenix, Bella préférait largement l’ignorance de son père à propos de leur santé… « Je suis ta fille mais, tu sais, je me suis déjà droguée. Pas plus tard que ce week-end » ? Non, ça passerait mal, surtout pour Charlie. Pourquoi se mettait-il à faire attention à eux ? A cause de la dispute entre ses enfants ? Mais non, sûrement pas. Bella diminua le feu sous la poêle, suivant Dylan du regard tandis qu’il allait dire à Raven de se dépêcher de prendre sa douche.

Charlie – Dylan, je te préviens, je suis à deux doigts d’appeler une ambulance.

Dylan – Ils ne vont rien me dire à l’hôpital, tu sais pourquoi ?! Parce que je n’ai rien ! C’est la fatigue, les nerfs, le stress, accuse tout ce que tu voudras, peu importe. Je vais dormir et ça ira bien mieux.

Charlie – Je ne te reconnais même plus, depuis quelques jours, tu as trop changé.

Dylan – Parce que tu m’as déjà bien connu, c’est vrai ? Surprise, je n’aurais jamais cru ça.

… Ca, c’était bas. Très bas. D’accord, Dylan n’avait pas entièrement tort, mais donner un argument pareil à leur père était loin d’être gentil. Bella lança un regard inquiet à Charlie qui n’avait pas répondu, ne s’attendant visiblement pas à une telle réponse. C’était odieux. Pourquoi dire cela alors que leur père essayait de se rattraper ou de prendre soin de son fils ? Peut-être qu’après tout, il avait ouvert les yeux en les entendant hurler dimanche. C’était possible, tout à fait possible, eux deux avaient bien « discuté », non ? Et maintenant, ils faisaient des efforts. Alors pourquoi pas Charlie ? Un silence incroyablement plombant se fit ressentir, emplissant chaque millimètre de la pièce. Ce n’est qu’au moment où Raven descendit, en pyjama, souriante et les joues roses qu’ils se reprirent et s’installèrent sur la petite table sans dire un mot. Bella ne cessait de lancer des regards discrets à son père et son frère, ne répondant que très brièvement à Raven lorsqu’elle posait une question. Heureusement, elle meublait la conversation à elle seule et eux n’avaient pas besoin de parler. A la fin du repas, Dylan fila à l’étage, sans doute pour râler, pendant qu’elle-même se levait en rassemblant couverts et assiettes.

Charlie – Attends, Bella, je vais t’aider.

Bella – Oh… Heu, merci.

Raven fit un grand sourire, radieuse en réalisant qu’elle n’était pas de corvée vaisselle aujourd’hui. Elle courut jusqu’au salon et se jeta dans le canapé avec un grand rire, faisant sourire Bella malgré elle. Bon, heu, la vaisselle. La lycéenne laissa couler de l’eau chaude dans l’évier après l’avoir bouché, ajouta du liquide vaisselle, et fourra tout dedans avant de se retrousser les manches. Charlie, lui, restait toujours silencieux.

Bella – Désolée, dit-elle tout à coup. Il n’est… C’est…

Elle ne pouvait pas dire que Dylan ne pensait pas ce qu’il avait dit, ce serait mentir. Bien sûr que si, il le pensait, elle-même le pensait et lui en voulait. Mais si Charlie voulait se rattraper et arranger les choses, pourquoi ne pas lui laisser une seconde chance ? Un peu tard, oui. Beaucoup trop tard, même, mais peut-être auraient-ils enfin certaines réponses ? Pourquoi être parti comme cela, pourquoi ne plus avoir pris de leurs nouvelles, pourquoi n’avoir rien fait dimanche, pourquoi… Pourquoi tant de choses ? Même si Dylan devait avoir trouvé les réponses à ces questions tout seul, elle voulait entendre tout de la bouche de Charlie, être fixée. Savoir, tout simplement. Nettoyant la même assiette depuis trois bonnes minutes, Bella rougit en le réalisant et la passa dans un geste maladroit à son père, s’excusant.

Bella – Laisse-nous un peu de temps. On doit… s’habituer.

Charlie hocha la tête et ils terminèrent, ensemble, de nettoyer couverts et assiettes. Tout fut plié en l’espace d’à peu près dix minutes, le temps de ranger, et Bella put remonter dans sa chambre après avoir remercié son père de l’avoir aidée. Guettant les bruits à l’étage, elle conclut que Dylan devait être plongé dans elle ne savait quel travail et qu’il râlait toujours. Elle grimpa les escaliers, se dirigeant vers sa chambre, avant de lancer un regard à celle de son frère. Devait-elle… ? Peut-être ? Elle s’en rapprocha et leva la main pour frapper à la porte mais se ravisa à la dernière seconde. Pas possible. Pas encore. Baissant la main, Bella pinça les lèvres et revint vers sa chambre, y entrant en attrapant le premier livre qu’elle eut à portée de main. Un livre de légendes sur les créatures étranges, mystiques, qu’un de ses « amis » au lycée lui avait donné en prétendant n’en avoir plus besoin, ajoutant qu’elle avait l’air de s’y intéresser. Légendes arthuriennes, le monstre du Loch Ness, les loups-garous… Tout y passait. Pourquoi lui donner ça ? Bella s’installa sur son lit au moment où Dylan débarquait dans sa chambre. Eh ! On frappe avant d’entrer !

Dylan – Tu laisses ta fenêtre ouverte, la nuit ? grinça-t-il d’un ton alarmé.

Hein ? La fenêtre ? Il était entré dans sa chambre sans frapper pour lui parler de sa fenêtre ? Bella leva la tête vers lui, l’air surpris, ne pouvant s’empêcher de prendre un ton ironique.

Bella – Ca dépend. Pourquoi ? T'en fais pas, aucun monstre ne viendra m'attaquer, c'est assez haut.

Bella regarda son frère traverser sa chambre sans rien répondre, le regard fixé sur sa fenêtre ouverte… qu’il referma directement. D’accord… Heu… Il allait bien ? Il était bizarre. Un peu effrayant, en fait. Il semblait sur ses gardes, comme si on risquait de le tuer d’une minute à l’autre. Elle continua de le dévisager, perplexe. Il était malade, ouais, et pas qu’un peu. Il avait une sacrée case en moins.

Dylan – On ne sait jamais, souffla-t-il d’une voix plus faible. Tu vas bien ?

Bella – Et toi ? répliqua-t-elle en levant un sourcil.

Dylan – Je vais très bien, arrêtez avec ça.

Dylan se dirigea vers la deuxième fenêtre de sa chambre, jouant avec un moment comme s’il avait peur qu’on ne la brise. « Je vais très bien », hein ? Désolée, mais là, elle en doutait sérieusement. Il était incroyablement pâle, tendu comme elle ne l’avait jamais vu de sa vie entière, comme si une épée de Damoclès était pendue au-dessus de sa tête. Bella observa le manège de son frère pendant de longues minutes sans rien dire, de plus en plus inquiète, regardant elle-même le plafond à la recherche de… de quoi, d’ailleurs ? Dylan bougeait, allait dans une direction ou une autre sans aucune raison. Ce n’était pas qu’une case qui lui manquait, mais plusieurs, là.

Dylan – Au fait, reprit-il d’une voix blanche, en se forçant à sourire à Bella. Comment ça se passe, au lycée ? Tu t’es déjà fait des amis ?

… Des amis ? Hein ? Ok, il essayait de changer de sujet, c’est ça ? Perdue, Bella ne répondit même pas à sa question, lui redemandant s’il allait bien. Même réponse de sa part, évidemment, mais désolée, elle n’y croyait pas un seul instant. Qu’est-ce qu’il avait fumé, au juste ? S’il s’était drogué, il pouvait l’admettre tout simplement, il paraîtrait moins bête. Alors que là, elle commençait sérieusement à s’inquiéter pour lui.

Dylan – Ne sors pas cette nuit, d’accord ?

Bella – C'est toi qui t'es drogué, cette fois.

Dylan – Si seulement je pouvais accuser la drogue, ouais, marmonna-t-il en s’écartant de la fenêtre. Mais tout va bien, je suis juste… nerveux.

« Juste » nerveux, hein ? Il avait pété un câble, oui ! Il n’arrêtait pas d’être sur ses gardes, tel un animal traqué, et parlait bizarrement depuis qu’il était entré dans sa chambre. Nerveux était un euphémisme, elle ne l’avait jamais vu comme cela et ne comprenait définitivement pas ce qui pouvait le mettre dans cet état. Et il l’accusait d’être trop imprudente… Ah, ça, oui, elle voulait bien le croire. Se comporter comme lui se comportait maintenant, non merci, ce n’était pas pour elle. A ce stade, il allait mourir d’une crise cardiaque à trente ans, voire avant, si quelqu’un lui faisait peur. Il tourna à nouveau la tête vers Bella qui n’avait toujours pas bougé, les mains serrées sur la couverture de son livre en le dévisageant.

Dylan – Je suis sérieux, fais gaffe, on ne sait pas vraiment ce qui se trame ici. Tout se passe vraiment bien, au lycée ? Comment as-tu réorganisé ta vie ?

Bella – T’es sérieux, là ? lâcha-t-elle, incrédule. Dylan, tu t’es regardé dans un miroir avant d’entrer dans cette chambre sans frapper ? T’es complètement dingue ! On dirait un animal traqué, tu me fais peur.

Bella avait posé son livre à côté d’elle, fixant son frère avec un air complètement ahuri. Il n’allait pas bien, non, il pouvait continuer à affirmer le contraire mais c’était faux. Il était fou ! Et voilà qu’il recommençait… Dylan ne lui répondit rien pendant un moment, sa sœur le regardant toujours en guettant ses réactions. Elle voulait comprendre. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Qu’est-ce qui lui prenait ? Elle aussi avait pris un teint légèrement plus pâle, vraiment inquiète pour lui maintenant. Il y eut un moment de flottement incroyablement long à ses yeux durant lequel il ne prononça pas un mot. Ni l’un ni l’autre, en fait… Néanmoins, il finit par lui répondre, comme s’il sortait d’une réflexion intense, la voix un peu rauque.

Dylan – C'est ça, c'était ça, toute à l'heure, tu as raison... Donc tu n'es pas visée... Je crois. Je ne sais pas.

Bella – Hein ? De quoi tu parles ? Visée par quoi ? Si tu veux que j’entre dans ton délire, explique-moi au moins ! J’aurai moins la trouille, faudrait vraiment que tu te regardes.

Elle ne comprenait plus rien. Elle avait raison à propos de quoi ? Visée par qui ? Pourquoi ? Il croyait qu’elle n’était pas visée, puis n’en savait rien, mais refusait de lui dire ce qui lui voulait du mal ? Quel frère, vraiment ! Incroyablement protecteur, en effet. Si quelque chose voulait vraiment lui nuire, qu’il le lui dise plutôt que de se comporter ainsi sans lui expliquer quoi que ce soit ! Jusqu’à présent, tout ce qu’il avait fait, c’était emmerder littéralement Edward et Alice alors qu’ils n’avaient rien fait.

Dylan – Je sais déjà que... Bon, ne t'en fais pas, j'ai juste une ou deux affaires à régler, la journée a été... Peu importe. Tu ne dois pas avoir peur, tu n'es pas menacée.

Bella – Mais menacée par quoi ?! Explique-moi ! D’abord, tu renvoies chier Alice, tu es hostile envers mon copain, puis maintenant, tu regardes le plafond et me demandes si je laisse la fenêtre ouverte la nuit sans rien expliquer, d’un coup, pouf. Qu’est-ce qui me menace ? Pourquoi « je crois » ?

Dylan soupira avant de se frotter les tempes, s’appuyant contre le mur situé juste derrière lui. Il la refixa ensuite, se mordant les lèvres, comme pris dans une réflexion intense, comme s’il essayait de rassembler des indices. Elle ne l’avait jamais vu comme cela… Jamais. Inquiète, Bella résista à l’envie de se lever pour l’obliger à s’asseoir, voulant connaître le fin mot de l’histoire. Soutenant son regard, elle ne cilla pas une seule fois, déterminée à savoir ce qu’il avait appris. Donc, qu’est-ce qui la menaçait ?

Dylan – Je ne sais pas quelle est la menace, encore, exactement ! C'est comme ça depuis des années, je... J'arrive à ressentir si un danger approche, je peux savoir les directions à éviter, si quelque chose de dangereux arrive. Comment penses-tu que je m'y prenais, pour vous retrouver, Raven et toi ?! C'est... Une sorte de... d'instinct.

Une sorte d’instinct… C’était donc sur un « instinct » qu’il savait quelle direction prendre, sur un « instinct » qu’il ressentait qu’elle était en danger ? Mais à part ça, il ignorait quel danger. En gros, il lui disait qu’elle devait craindre quelque chose mais ne lui disait pas quoi. D’accord, elle pouvait peut-être y croire vu que, oui, il les retrouvait toujours très facilement. Mais, de là à ressentir un danger la menacer… Bella ouvrit légèrement la bouche, ignorant ce qu’elle devait répondre à ça. Comment une telle chose pourrait être possible ? C’était bizarre. Un instinct qui le poussait à prendre une direction, qui le prévenait d’un danger ?

Bella – Tu devrais vraiment te reposer, dit-elle après un long moment.

Dylan – Je vais le faire... Plus tard.

Bella leva les yeux au ciel et s’installa confortablement sur son lit. Compris, il allait rester un moment dans cet état, mieux valait le laisser tranquille. Un instinct… Regardant discrètement son frère, elle repensa à ce qu’il avait dit tout en ouvrant son livre pour commencer à lire. C’était vraiment possible, ça ? Un instinct… Elle avait toujours pensé qu’il avait simplement un don pour s’orienter comme d’autres ont le don pour la cuisine, voilà tout. Mais si cet « instinct » lui permettait de ressentir le danger… Tâchant de se concentrer sur sa lecture, Bella mit ses écouteurs dans ses oreilles, ne remarquant qu’à peine le départ de Dylan. Un instinct. C’était vraiment possible ? Elle se leva, prise d’un doute soudain, puis se dirigea vers une des fenêtres de sa chambre pour jeter un œil dehors. Tout était calme, il n’y avait pas âme qui vive, personne. Elle plissa les yeux pour mieux voir mais rien non plus, au loin. N’importe quoi, son frère avait halluciné.

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