Le monde a changé, les vampires aussi, les humains sont prêts pour la guerre...
 
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 Entre frère et sœur

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Dylan C. Swan
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MessageSujet: Entre frère et sœur   Ven 4 Déc - 22:02

Charlie n’avait pas l’air de réaliser, pourtant, c’était assez gros, tellement visible que tout était sérieux, pour une fois. Enfin, à sa décharge, il n’avait rien suivi de la charmante évolution – si on pouvait appeler ça une « évolution » – de sa fille ces dernières années. Il avait peu demandé de nouvelles, depuis le divorce et inutile de demander à Renée de penser à téléphoner pour le tenir au courant, elle arrivait déjà à oublier tous les matins qu’elle ne s’était pas coiffée avant de partir ou qu’elle avait toujours ses chaussons en partant au travail. Tu parles d’une mère… Dylan avait passé autant de temps à veiller sur elle qu’à veiller sur ses sœurs, regardant tous les matins si elle était présentable pour partir au travail, aidant ainsi Phil qui ne pouvait décemment pas se souvenir de tout pour deux. Renée était étonnamment distraire, à un point presque pathologique, ce qui effrayait sincèrement son fils puisqu’elle travaillait avec de jeunes enfants dans une école. Comment leur enseigner la maturité lorsqu’on avait soi-même un comportement de gamin ? Charlie savait tout cela, et pourtant, il n’avait jamais pris soin d’appeler, leur rendre visite, les prendre en vacances plus de trois jours, oubliant qu’il avait deux enfants et que les deux enfants en question avaient dû apprendre à compter sur eux-mêmes plutôt que sur leurs parents, depuis tous jeunes.

C’est pourquoi, aujourd’hui, Dylan se demandait s’il valait vraiment la peine d’ouvrir les yeux sur Charlie, afin qu’il sache à quoi s’en tenir. Il venait de lui annoncer que « jeune Cullen » avait ramené Bella à la maison hier soir, avant que Dylan ne rentre, et était resté longtemps seul avec elle dans sa chambre. Et n’avait pas été fichu de lui dire pourquoi Edward avait dû ramener Bella, ne sachant même pas si elle avait été malade, pour ne pas pouvoir conduire, ni rien. Il n’était sans doute même pas au courant qu’elle se droguait parfois, Renée avait même dû oublier de lui dire ça. Pathétique. Secouant la tête, il découpa les légumes avec un peu plus de force que nécessaire, entendant Raven jouer à des jeux vidéo, dans le salon. Il avait retrouvé ces jeux dans le grenier, peu après le déménagement, y ayant passé des heures avec Bella quand ils étaient enfants. Leur petite sœur avait l’air d’apprécier aussi, elle riait et poussait parfois des cris quand un monstre attaquait son personnage, trépignant dans le canapé, manette en mains. Charlie parlait d’une affaire de vol à Seattle, assez spectaculaire, qu’il n’écoutait que d’une oreille distraite.  Non pas qu’il n’appréciait pas son père mais il avait le plus grand mal à garder des relations cordiales avec lui.

– Dylan, tu es train de réduire les choux en miettes…

– Hum ? Ah oui.

Il lui passa la planche à découper et le hachoir, ainsi que le couteau, se lavant vite fait les mains avant de jeter le torchon dans un coin, quittant la cuisine puis s’engageant dans l’escalier. Il était presque midi et Bella n’avait toujours pas daigné quitter sa chambre. Il y entra assez brusquement sans frapper, refermant aussitôt derrière lui en fermant la porte à clé puis gardant ladite clé dans son poing serré, sans tenir compte de l’indignation de sa petite sœur. Elle pouvait bien râler ou l’insulter autant qu’elle voulait, peu importe, il devait lui parler. Elle était toujours en pyjama, à presque midi, ne faisant même pas l’effort de s’habiller, installée sur son lit, avec ses oreillettes et son portable. Dimanche ou pas, enfiler un tee-shirt et un pantalon n’avait strictement rien de compliqué, sauf visiblement pour mademoiselle Isabella qui ne devait pas avoir suffisamment de neurones de reste en fin de semaine pour se souvenir de la façon dont on enfilait une jupe ou un pantalon. La voyant se redresser pour l’insulter de tous les noms et lui ordonner de dégager, il leva les yeux au ciel puis vint près d’elle, lui attrapant le poignet en la voyant bouger avant de lui piquer ses oreillettes et le portable, reculant ensuite pour aller s’asseoir sur la chaise du bureau.

– T’es pourtant de bonne humeur, le lendemain, après t’être droguée, d’habitude, lança-t-il d’un ton acide.

Il posa son portable bien à plat sur le bureau, avec les oreillettes, la voyant perdre un peu de couleurs. Elle devrait pourtant savoir qu’il était parfaitement au courant qu’elle se droguait, tout comme il savait qu’elle avait certains amis douteux. Lorsqu’ils étaient à Phœnix, l’été de l’année précédente, il avait été casser la gueule à l’entre deux après avoir entendu qu’il voulait « se taper la petite camée brune qui passait de temps en temps », d’une façon laissant sous-entendre qu’il ne comptait pas s’arrêter là ensuite. Ce type n’avait plus remis les pieds dans le quartier ensuite, dieu merci pour lui. Il n’avait jamais rien dit à sa sœur de cet épisode, pas la peine.

– Qu’est-ce que tu veux ?

– Te prévenir. Avoir un minimum de prudence est définitivement trop difficile pour toi mais il y a des limites. Drogue-toi si tu veux, je l’ai fait aussi, mais à deux conditions. Un, pas jusqu’à l’overdose. Deux, ne te fais pas raccompagner par des types que tu n’as vu que deux fois dans ta vie. Je t’ai déjà évité deux viols, mais je ne peux pas continuer si tu fourres dans ta bagnole des mecs dont tu ne sais rien en étant incapable de te défendre.

Son ton avait assez monté, à la fin. Il avait été malade de rage en apprenant ce qui s’était passé la veille au soir, hallucinant en comprenant que sa sœur, en étant consciente de ne pas avoir les idées claires et incapable de réagir face aux agressions, s’était tout de même fait raccompagner par un garçon dont elle ignorait tout. Ce garçon qui avait d’ailleurs bien profité, en s’incrustant ensuite. Bella serait incapable de dire s’il lui avait fait quelque chose dans cette voiture ou même avant ! Le pire était qu’il s‘agissait de « ce » type, le frère à l’autre, la gamine brune. Il ne les sentait pas, ces deux-là, ni l’un ni l’autre. Ils dégageaient quelque chose de malsain, de pas net, et même s’il n’arrivait pas encore à identifier quoi, il jurait de trouver. Posant le coude sur le bureau, il appuya sa tête contre sa main, croisant aussi les jambes devant lui, regardant sa petite sœur sombrer dans ne petite crise de colère.

– Je "fourre dans ma bagnole" qui je veux, tu n'as pas à me dire ce que je dois faire ! Edward me comprend bien plus que toi et je suis revenue entière, alors tu n'as rien à me dire. Si je veux me droguer jusqu'à l'overdose, je le ferai, si j'ai envie de partir à 3h du matin pour aller retrouver un "mec dont je ne sais rien", je le ferai aussi, que tu le veuilles ou non.

– Il te « comprend », hein, grinça Dylan. Il comprend que tu es paumée, que tu as besoin de repères, d’une personne qui pense comme toi. On est adolescents, on en a marre de sa famille, on veut briser les règles parce qu’on se sent « enfermé », parce qu’on juge que personne ne peut nous comprendre, ni nos parents, nos frères, nos sœurs, nos amis. C’est le principe même des hormones, ma petite.

Bella se contenta de marmonner, dans une réponse inintelligible mais dont il se doutait qu’elle devait être farcie d’insultes. Dylan ne rajouta rien non plus sur le moment, se mettant à la dévisager, la scruter même, passant d’un air furieux à un air extrêmement concentré, sans même s’en rendre compte. Il pouvait sentir que quelque chose la menaçait, une sensation parfaitement inexplicable, qu’il ne comprenait pas, comme un mauvais pressentiment qui ne voulait plus le lâcher. C’était comme lorsqu’il s‘était enfui, avec Leah, il avait été comme repoussé en pensant à certaines directions, il en fallait pas passer par là. Même chose ici, quelque chose la taraudait.

– Tu n’es pas en sécurité, ajouta-t-il d’une voix plus sombre, plus pour lui-même que pour sa sœur. Et ça n’a rien à voir avec la drogue…

Baissant le regard, il joua avec un moment avec la clé de la chambre, la faisant tourner entre ses doigts, la jetant d’une main à l’autre, rendu malade par ce sentiment qui le suivait partout depuis quelques jours. Il y avait trop de choses étranges ! Ces espèces de loups bizarres, ces monstres, le comportement des habitants de la ville, le malaise qu’il avait fait et qu’il ne s’expliquait toujours pas, les Cullen, aussi, qui renâclaient cette impression malsaine de danger permanent. Tout cela mélangé, en fait, où on pouvait ajouter cette forêt trop calme, les animaux qui se cachaient bien plus que de coutume.

– Tu racontes n'importe quoi. Je ne vois pas ce qui pourrait m'arriver dans une ville comme Forks, alors si tu n'as rien d'autre à me dire, sors de ma chambre et laisse-moi mon dimanche tranquille.

– C’est précisément ça qui m’inquiète, que tu ne vois pas, car ça te rend encore plus vulnérable. Je t’ai pourtant déjà décrit les bestioles qui se cachent dans cette forêt mais tu n’as pas dû écouter. Cette ville toute entière sent le souffre, il y a trop de choses étranges. A la rigueur, je préférai encore te voir traîner dans les quartiers mal famés de Phœnix, même s’il fallait que je m’assure tous les jours que personne ne pensait à te violer ou pire.

Il releva la tête pour la regarder, lèvres pincées, jouant toujours avec la clé, la lançant d’une main à une autre et la faisant tourner entre ses doigts, assez vite, par la force de l’habitude.

– Qu’est-ce que tu comptes faire de ta vie ? Rester dans ton coin à râler contre le monde entier ou décider enfin de te prendre en charge ? Tu n’as toujours pas réfléchi à ça ? A trouver un petit boulot, te bouger un peu ? Si ton copain Edward est dans le même état que toi, vous allez former un joli couple. Fais juste gaffe à pas tomber enceinte.

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Isabella M. Swan
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MessageSujet: Re: Entre frère et sœur   Sam 5 Déc - 21:05

Dodo. Un looong sommeil après la journée d’hier n’était pas de refus, surtout après toutes les émotions ressenties. Bella ouvrit péniblement les yeux, voyant qu’il était onze heures et demie, paniquant ensuite quelques secondes en se disant qu’elle n’était pas descendue ce matin. Avant de se dire que, de toute façon, descendre maintenant ne servirait à rien vu qu’ils allaient bientôt déjeuner et que son frère lui reprocherait de descendre si tard. Peu importe, ils étaient dimanche, tout était fermé, elle pouvait très bien glandouiller au lit sans remords. Dylan avait déjà fait ça aussi par le passé, il n’avait aucun droit pour lui en faire la remarque. Décidant donc qu’elle avait encore une bonne demi-heure avant de devoir s’habiller puis manger, Bella attrapa son portable et ses écouteurs, les mettant dans ses oreilles. Elle activa le mode « aléatoire » dans sa liste « réveil » et s’installa confortablement dans son lit, à moitié assise sans prendre la peine d’ouvrir les rideaux. Pas envie qu’ils sachent qu’elle était réveillée, elle avait besoin de tranquillité. Après tout ce que lui avait dit Edward la veille...

Bella observa sa main un moment, la touchant et caressant d’un air distrait comme si elle peinait à croire ce qui s’était passé dans cette chambre, sur ce lit. Elle était seulement partie pour se droguer, gagner quelques heures loin de ce monde, heureuse au moins un moment, planant à des kilomètres et des kilomètres de cette ville pourrie. Et Edward était arrivé, lui tombant dessus à l’instant même où elle sortait des toilettes. Curieuse coïncidence, qu’elle appréciait cependant. D’après les rumeurs, les Cullen était assez discrets et mal vus alors qu’Edward lui ressemblait énormément. Lui, au moins, ne l’avait pas laissée tomber.

Bella fut soudain interrompue dans ses pensées par la porte qui s’ouvrit d’un coup, couvrant brièvement la chanson de Muse qu’elle écoutait, chanson dont elle oubliait toujours le titre mais qu’elle adorait le matin. Dylan. Qu’est-ce qu’il foutait ? Frapper, ça le tuerait ?! La lycéenne l’insulta de tous les noms, les écouteurs enfoncés dans les oreilles, lui demandant de dégager avant de se tourner légèrement pour montrer qu’elle ne voulait pas l’écouter. Qu’il dégage, elle n’avait pas envie d’entendre un quelconque sermon aujourd’hui. Seulement, son cher grand frère ne sembla pas être du même avis qu’elle... Il lui attrapa le poignet, l’empêchant de bien remettre les oreillettes, avant de les lui arracher purement et simplement en prenant également son portable. Mais eh ! Dylan recula pour s’asseoir à son bureau, la regardant alors qu’elle se renfonçait dans son lit, sentant mal la suite des événements.

Dylan – T’es pourtant de bonne humeur, le lendemain, après t’être droguée, d’habitude, lança-t-il d’un ton acide.

Comm... Comment est-ce qu’il... Mais elle... Renée l’avait prévenu ? Espèce de balance ! Minute, non... Il avait dit « d’habitude » donc il savait qu’elle se droguait de temps en temps ? Bella blêmit en regardant son frère, entrouvrant légèrement les lèvres sans rien dire tout de suite. Pourquoi n’avait-il jamais rien dit s’il savait qu’elle se droguait ? Depuis combien de temps le savait-il ? Et s’il ne venait pas pour la sermonner à ce sujet, pourquoi venait-il l’emmerder un dimanche matin ? Bella essaya de se reprendre, sur la défensive, de plus en plus méfiante. Elle se mordit les lèvres en remontant un peu la couverture jusqu’à sa poitrine, croisant les bras avant de répondre d’un ton aussi agressif que possible pour bien faire comprendre à son frère qu’il n’était pas le bienvenu ici.

Bella – Qu’est-ce que tu veux ?

Dylan – Te prévenir. Avoir un minimum de prudence est définitivement trop difficile pour toi mais il y a des limites. Drogue-toi si tu veux, je l’ai fait aussi, mais à deux conditions. Un, pas jusqu’à l’overdose. Deux, ne te fais pas raccompagner par des types que tu n’as vu que deux fois dans ta vie. Je t’ai déjà évité deux viols, mais je ne peux pas continuer si tu fourres dans ta bagnole des mecs dont tu ne sais rien en étant incapable de te défendre.

Pardon ?! Parce qu’il se permettait de lui donner des ordres, maintenant ? Et puis quoi encore ! Si Bella avait envie d’inviter des garçons dans sa voiture et d’avoir le plus de relations possibles, c’était son droit ! Edward, au moins, n’était pas du genre à sauter sur tout ce qui bougeait, il avait l’air sérieux et l’avait écoutée parler sans chercher à la raisonner, il l’acceptait contrairement à Dylan ! Il avait donné son point de vue, oui, mais sans chercher à la sermonner comme son frère le faisait, sans la menacer ou quoi que ce soit d’autre. Alors non, elle n’allait pas l’écouter et continuerait à faire ce qui lui plaisait. Ce n’était certainement pas son frère qui allait lui dicter sa vie. Bella sentit le rouge lui monter un peu aux joues, furieuse à présent, les bras toujours étroitement refermés sur sa poitrine. Son regard lançait des éclairs mais elle ne bougeait pas, toujours à moitié allongée dans son lit.

Bella – Je "fourre dans ma bagnole" qui je veux, tu n'as pas à me dire ce que je dois faire ! Edward me comprend bien plus que toi et je suis revenue entière, alors tu n'as rien à me dire. Si je veux me droguer jusqu'à l'overdose, je le ferai, si j'ai envie de partir à 3h du matin pour aller retrouver un "mec dont je ne sais rien", je le ferai aussi, que tu le veuilles ou non.

Dylan – Il te « comprend », hein, grinça Dylan. Il comprend que tu es paumée, que tu as besoin de repères, d’une personne qui pense comme toi. On est adolescents, on en a marre de sa famille, on veut briser les règles parce qu’on se sent « enfermé », parce qu’on juge que personne ne peut nous comprendre, ni nos parents, nos frères, nos sœurs, nos amis. C’est le principe même des hormones, ma petite.

...

Bella marmonna plusieurs fois « hormones » avant d’insulter son frère une nouvelle fois, sa rancœur contre lui grimpant en flèche. Elle ne comprenait pas. Tout ce qu’il venait de dire, elle le ressentait. Comme s’il avait été dans sa tête, comme s’il devinait ce à quoi elle pensait en cet instant précis alors qu’elle n’avait rien dit. Ce qui la poussait à le détester, à le haïr plus que tout. S’il savait tout cela, pourquoi ne l’avait-il pas aidée ? S’il la comprenait, s’il prétendait comprendre ce qu’elle traversait, pourquoi ne le lui avait-il jamais dit ? Lui aussi avait connu la séparation de leurs parents, lui aussi s’était retrouvé dans cette situation ! Et pourtant, il l’avait laissée. Abandonnée. Bella pinça ses lèvres, se les mordant de plus en plus fort en baissant la tête sur le bas de son lit, partagée entre la colère et l’abandon, un profond sentiment d’abandon qui lui donnait envie de frapper son frère de toutes ses forces. Elle sentait le regard de Dylan sur elle mais s’en fichait éperdument, n’y prêtant plus attention. Pourquoi n’avait-il rien fait ?

Dylan – Tu n’es pas en sécurité, ajouta-t-il d’une voix plus sombre, plus pour lui-même que pour sa sœur. Et ça n’a rien à voir avec la drogue…

Hein ? Bella redressa la tête pour regarder son frère, ressentant toujours une forte colère qui hurlait intérieurement. Cependant, plus elle le regardait, plus ce sentiment de colère s’atténuait pour faire place à de l’incompréhension. Dylan pensait réellement qu’elle était en danger. Mais pourquoi ? C’était du délire, elle ne risquait absolument rien ici. D’accord, il y avait quelques trucs bizarres mais elle ne voyait pas ce qui pourrait la mettre en danger alors qu’elle passait le plus clair de son temps sur les bancs du lycée. Les seuls moments un peu différents de sa vie ô combien monotone étaient les heures qu’elle passait avec Alice. Et Edward, à l’avenir, du coup... Comme si c’était dangereux. Forks n’était pas une ville possédant un haut taux de criminalité, c’était n’importe quoi. Et c’était elle qui s’était droguée la veille ? Pas sûr qu’elle soit la seule à l’avoir fait, dans cette pièce.

Bella – Tu racontes n'importe quoi. Je ne vois pas ce qui pourrait m'arriver dans une ville comme Forks, alors si tu n'as rien d'autre à me dire, sors de ma chambre et laisse-moi mon dimanche tranquille.

Dylan – C’est précisément ça qui m’inquiète, que tu ne vois pas, car ça te rend encore plus vulnérable. Je t’ai pourtant déjà décrit les bestioles qui se cachent dans cette forêt mais tu n’as pas dû écouter. Cette ville toute entière sent le souffre, il y a trop de choses étranges. A la rigueur, je préférai encore te voir traîner dans les quartiers mal famés de Phœnix, même s’il fallait que je m’assure tous les jours que personne ne pensait à te violer ou pire.

Comme s’il avait déjà fait une telle chose... Il disait cela pour faire genre « je suis un grand frère parfait qui veille sur sa sœur » alors qu’il l’avait laissée tomber lorsqu’elle avait eu besoin de lui. Ses conseils, il pouvait bien se les garder, elle n’en avait pas besoin. Son seul désir était de terminer le lycée et d’habiter enfin chez elle, d’avoir un métier qui l’intéressait mais surtout pas dans la police pour ne pas suivre les traces de son père. Travailler et quitter la maison, c’était tout. Tout ce qui l’intéressait pour l’instant, elle se fichait bien du reste. Avec ça, Dylan parlait de cette ville comme si elle était le mal incarné alors que c’était à cause de lui qu’ils étaient venus ici. Du boulot à Forks... Ouais, super, trop bien. Sa mère avait fait d’une pierre deux coups en les envoyant ici, elle reléguait la tâche ingrate de parent qui s’occupe de ses enfants à son ex-mari parce qu’elle ne savait pas comment faire. Facile. Dylan releva la tête pour la regarder alors qu’elle le fixait toujours d’un air furieux sans rien dire. Pas la peine d’épiloguer trois heures sur le « tu ne m’écoutes pas », il avait raison, elle avait la mémoire étrangement sélective lorsqu’il lui parlait.

Dylan – Qu’est-ce que tu comptes faire de ta vie ? Rester dans ton coin à râler contre le monde entier ou décider enfin de te prendre en charge ? Tu n’as toujours pas réfléchi à ça ? A trouver un petit boulot, te bouger un peu ? Si ton copain Edward est dans le même état que toi, vous allez former un joli couple. Fais juste gaffe à pas tomber enceinte.

Bella – Parce que ça t’intéresse, maintenant, ce que je fais de ma vie ? demanda-t-elle d’un ton cinglant. Il est un peu tard pour jouer au grand frère, j’ai pas besoin de toi, je m’en tire très bien comme ça. Et mon copain Edward n’est pas dans « le même état que moi », comme tu dis, alors évite de l’attaquer quand il repassera. Il ne m’a rien fait de mal et je ne couche pas à droite et à gauche comme certaines personnes.

Elle ne savait même pas pourquoi elle lui répondait. Bella n’avait aucun compte à lui rendre mais qu’il se mêle ainsi de sa vie l’énervait, qu’il joue au grand frère maintenant la mettait hors d’elle. Il avait vu qu’elle se droguait, il le savait depuis le début si cela se trouvait et il n’avait jamais réagi ! Il n’avait jamais rien dit, jamais rien fait, jamais insisté pour qu’ils restent soudés. Avant, ils étaient presque inséparables. Aujourd’hui, elle avait l’impression qu’un monde s’était bâti entre eux deux, les séparant à jamais.

Dylan – Je ne vais pas jouer au grand frère, respire, surtout face à une gamine en pleine crise d'adolescence. Je te demande ça pour savoir combien de temps tu vas rester à bouder et râler, encore quelques mois, quelques années ? Ensuite, ton copain et sa sœur, j'ignore ce qu'ils cachent mais fais-moi confiance pour trouver. Ça me fait une occupation, comme je ne touche plus aux filles d'ici. Elles sont d'aussi belle humeur que toi, ça ne donne pas envie.

Bella – T’as pas intérêt à les approcher ! Eux, au moins, ils sont présents et écoutent ce qu’on leur dit. Tu veux même m’ôter les seuls amis que j’ai réussi à me faire ici ? Bonjour le grand frère ! J’en avais pas la même définition. Un frère est censé protéger, écouter, être là quand on en a besoin et pas vous pourrir toute votre vie en éloignant les amis qui n’ont rien fait ! Et tu t’étonnes que je te râle dessus...

Bella se tut, détournant le regard. C’était la première fois qu’elle disait clairement les reproches qu’elle avait à faire à Dylan, la première fois qu’elle lui balançait qu’elle lui en voulait à lui et lui uniquement – en plus de leurs parents, mais c’est un détail. Elle serra les dents, adoptant cet air renfermé qu’elle avait si souvent ces dernières années, qui ne la quittait plus sans qu’elle ne le réalise. L’adolescente trouva, soudain, beaucoup plus intéressant le décor qu’il y avait dans cette chambre, son regard tombant sur la photo posée sur sa table de nuit les représentant elle, Dylan et Raven. Une époque terminée depuis longtemps, à ses yeux, même si sa complicité avec son frère lui manquait souvent.

Dylan – Tu as passé ta vie à me renvoyer chier depuis le divorce de nos parents et aujourd'hui, tu arrives à t'étonner que je ne te disais plus grand-chose ? Tu arrives même à trouver bizarre que je ne sois plus venu te parler le soir alors que tu t'enfermais à clé pour ne voir personne ? J'aurai dû faire quoi, deviner que tu en avais envie quand même ?

Bella – Mais oui ! hurla-t-elle, les yeux un peu plus brillants en se redressant d’un coup. Oui, c’est ce que j’attendais, c’est ce que j’espérais ! Je pensais que tu me comprenais, que tu ne me laisserais pas toute seule, que tu savais ce que signifieraient mes paroles, que je ne te rejetterais pas vraiment ! Comment voulais-tu que je t’appelle alors que j’étais incapable de mettre le doigt dessus à neuf ans ?! Comment ?!

Au fur et à mesure que Bella hurlait, les larmes avaient commencé à couler, redoublant, laissant sortir tout ce qu’elle gardait contre son frère depuis des années. Réalisant, trop tard, qu’elle pleurait devant lui, la lycéenne se releva complètement en soulevant la couverture pour se diriger vers sa porte, essayant d’ouvrir en oubliant que son frère avait fermé à clef. Hors de question qu’elle reste ici, pas après ce qu’elle avait dit. Elle s’écarta un peu de la porte, regardant Dylan en passant un bras sur ses yeux sans parvenir à se calmer, tendant l’autre main vers lui pour lui demander la clef d’un ton pas très convainquant.

Bella – Rends-moi cette clef.

Dylan – Bella, j'avais TREIZE ans, comment voulais-tu que je comprenne ?! Tu penses qu'on est mature, à cet âge ?! Je ne savais plus où j'en étais non plus, avec le divorce, une mère naïve et irresponsable, un père blasé, une sœur qui s'enfermait en rejetant tout le monde ! J'avais treize ans... Aujourd'hui, oui, je peux comprendre, mais tu crois qu'un gamin aurait pu ?!

Bella avait eu un mouvement de recul en voyant son frère se lever, s’attendant vraiment à ce qu’il ouvre la porte pour la laisser partir. Mais au lieu de cela, il se rapprocha d’elle et la prit par les épaules, l’obligeant à être juste en face de lui alors qu’elle essayait de se reprendre. Elle ne le regardait pas dans les yeux, debout entre la porte et son frère, son cœur battant nettement plus vite à cause de la colère et des larmes. Au fond, Bella savait que Dylan avait raison. A treize ans, il n’aurait pas pu l’aider, il n’aurait jamais pu comprendre ce qui se passait. Mais elle ne pouvait s’empêcher de lui en vouloir, une partie d’elle criait qu’il n’avait rien fait par la suite, qu’il n’avait jamais cherché à lui parler alors qu’il pouvait comprendre. Il était passé par là ! Il aurait pu réagir, insister, faire quelque chose...

Dylan – Et aujourd'hui, tu peux faire ta tête de cochon autant que tu veux, je ne vais pas rester dans mon coin en me demandant quand arrivera le jour où je te retrouverai à moitié morte dans un lit d'hôpital !

Dylan la serra ensuite dans ses bras sans même lui laisser le temps de répondre quoi que ce soit. Surprise, Bella ne réagit même pas, restant de marbre sans savoir ce qu’elle devait faire, sentant sa gorge se nouer de nouveau et les larmes recommencer à couler sur ses joues. Elle ne voulait pas craquer comme cela devant lui, elle ne l’avait jamais fait, pas comme ici. Au bout de quelques secondes, elle essaya de remuer, se dégager pour aller elle ne savait où, même sous son lit lui conviendrait mais Dylan resserra sa prise sur elle, l’empêchant de bouger ou de partir. Mais eh ! Elle n’avait pas besoin qu’on la prenne dans ses bras, tout allait très bien. Et Charlie avait besoin d’aide, puis il risquait de se poser des questions à cause des cris.

Bella – Ch... Charlie a besoin de toi, il faut quelqu’un pour l’aider. Puis il m’a sûrement entendue pleurer, il va se poser des questions. Je v... Je vais très bien.

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MessageSujet: Re: Entre frère et sœur   Mer 9 Déc - 16:12

– Parce que ça t’intéresse, maintenant, ce que je fais de ma vie ? demanda-t-elle d’un ton cinglant. Il est un peu tard pour jouer au grand frère, j’ai pas besoin de toi, je m’en tire très bien comme ça. Et mon copain Edward n’est pas dans « le même état que moi », comme tu dis, alors évite de l’attaquer quand il repassera. Il ne m’a rien fait de mal et je ne couche pas à droite et à gauche comme certaines personnes.

Rien fait de mal, qu’en savait-elle, elle n’était qu’à peine consciente lorsqu’il lui était tombé dessus ! Elle pouvait bien se taper tous les garçons de cette ville si ça lui faisait plaisir, il s’en fichait du moment qu’elle était consentante et en pleine possession de ses moyens lorsqu’elle passait à l’acte. Vouloir cela n’était pas jouer au grand frère, c’était de la simple logique ! Qui pourrait vraiment souhaiter qu’un membre de sa famille ait des ennuis aussi graves, un problème ou n’importe quoi ? Sauf si on détestait ladite famille mais ce n’était pas le sujet. Il se retint de lever les yeux au ciel, fourrant la petite clé en fer dans sa poche avec un grand soupir. Ils avaient tous les deux un caractère de merde, hérité en très grande partie de Charlie, cette conversation allait être si charmante, pas envie des ‘éterniser, même s’il était temps de mettre les points sur les i. Mademoiselle n’était peut-être pas disposée à parler ou faire preuve d’un minimum de bonne volonté et bien soit, elle pouvait râler mais il ne comptait pas dégager dans l’instant ! Quant à son très cher petit ami, même s’il ne « l’attaquait » pas de front, ça ne l’empêchera pas de chercher ce qu’il y avait de louche chez lui. Lui et sœur, toute leur famille, il trouvera, c’était un serment.

– Je ne vais pas jouer au grand frère, respire, surtout face à une gamine en pleine crise d'adolescence. Je te demande ça pour savoir combien de temps tu vas rester à bouder et râler, encore quelques mois, quelques années ? Ensuite, ton copain et sa sœur, j'ignore ce qu'ils cachent mais fais-moi confiance pour trouver. Ça me fait une occupation, comme je ne touche plus aux filles d'ici. Elles sont d'aussi belle humeur que toi, ça ne donne pas envie.

– T’as pas intérêt à les approcher ! Eux, au moins, ils sont présents et écoutent ce qu’on leur dit. Tu veux même m’ôter les seuls amis que j’ai réussi à me faire ici ? Bonjour le grand frère ! J’en avais pas la même définition. Un frère est censé protéger, écouter, être là quand on en a besoin et pas vous pourrir toute votre vie en éloignant les amis qui n’ont rien fait ! Et tu t’étonnes que je te râle dessus...

En effet mais encore faudrait-il que la personne en face daigne vous accorder dix secondes de son temps précieux pour vous écouter ! Il secoua la tête en la regardant, aussi exaspéré que blasé. Chaque fois qu’il avait voulu lui parler, elle s’était contenté de lui crier de lui foutre la paix, agissant comme une sale gosse capricieuse et s’enfermait dans sa chambre à double-tour. Et aujourd’hui, ce serait de la faute de Dylan ? Mais oui, bien sûr ! Et comment était-il censé deviner, lui que le hurlement « Laisse-moi tranquille, je te déteste !! » voulait en fait dire « Viens me parler quand même, quitte à défoncer la porte ! ». C’était complètement stupide ! Comment aurait-il pu savoir ?! Il existait une machine permettant de décrypter les pensées de ses frères et sœurs ? Si c’était le cas, il en voulait une très vite, étant donné le beau merdier qu’il y avait dans la tête de sa frangine.

– Tu as passé ta vie à me renvoyer chier depuis le divorce de nos parents et aujourd'hui, tu arrives à t'étonner que je ne te disais plus grand-chose ? Tu arrives même à trouver bizarre que je ne sois plus venu te parler le soir alors que tu t'enfermais à clé pour ne voir personne ? J'aurai dû faire quoi, deviner que tu en avais envie quand même ?

– Mais oui ! hurla-t-elle, les yeux un peu plus brillants en se redressant d’un coup. Oui, c’est ce que j’attendais, c’est ce que j’espérais ! Je pensais que tu me comprenais, que tu ne me laisserais pas toute seule, que tu savais ce que signifieraient mes paroles, que je ne te rejetterais pas vraiment ! Comment voulais-tu que je t’appelle alors que j’étais incapable de mettre le doigt dessus à neuf ans ?! Comment ?!

Comment voulait-elle qu’il puisse piger ça en étant lui-même un enfant ?! Pouvait-elle capter dans sa petite tête de lycéenne névrosée que ce n’est à treize ans qu’on peut comprendre ce genre de choses ?! Sauf qu’elle pensait vraiment qu’il aurait dû capter, elle s’était mise à pleurer, ce qui le fit halluciner durant un instant. Eh ouh ouh, allô la lune, ici la terre, on ne peut pas demander à un gosse de comprendre comme ça ! C’était le boulot de leur père, de leur mère ! Enfin… Ni l’un ni l’autre n’auraient pu piger quoi que ce soit non plus, Charlie n’avait rien fait, rien dit, leur mère s’était contentée de se jeter dans les bras de Phil et une nouvelle grossesse en oubliant les états d’âmes de ses deux premiers enfants. Magnifique résultat, aujourd’hui ! Bella se leva tout à coup, oubliant visiblement que la porte était fermée à clé. Elle tendit la main vers lui en s’essuyant les yeux, alors qu’il ne revenait toujours pas qu’elle ait attendu autant d’années avant d’enfin lui lancer tout ça. Elle ne lui avait jamais rien dit, comment s’étonner qu’il n’ait rien fait ?! Il ne pouvait pas deviner comme ça, par magie ou par miracle ! Elle n’était pas la seule à avoir souffert de ce divorce ni à s’être retrouvée privée de repères, détail qu’elle oubliait avec beaucoup de soin.

– Rends-moi cette clef.

– Bella, j'avais TREIZE ans, comment voulais-tu que je comprenne ?! Tu penses qu'on est mature, à cet âge ?! Je ne savais plus où j'en étais non plus, avec le divorce, une mère naïve et irresponsable, un père blasé, une sœur qui s'enfermait en rejetant tout le monde ! J'avais treize ans... Aujourd'hui, oui, je peux comprendre, mais tu crois qu'un gamin aurait pu ?!

Il se leva d’un bond à son tour, avançant en la prenant par les épaules pour qu’elle le regarde bien en face. Allez, hop, on se réveille, elle avait vraiment le cerveau en ruine ! Et oubliait un peu vite qu’il n’aurait rien pu faire, de toute faon, ayant suivi le même chemin qu’elle ! Il s’était « consolé » en traînant avec des personnes infréquentables, en fuyant le collège puis le lycée, ils ‘était drogué, était sorti avec des dizaines de filles, fait un monceau incroyable de conneries. Ce qui l’avait calmé avait justement été ses deux sœurs. Phil était souvent absent, Renée était irresponsable, elles étaient à moitié livrées à elle-même et il s’était décidé à sortir de la délinquance, peu à peu, pour veiller au moins un peu sur elles. Par la force des choses, autrement dit.

– Et aujourd'hui, tu peux faire ta tête de cochon autant que tu veux, je ne vais pas rester dans mon coin en me demandant quand arrivera le jour où je te retrouverai à moitié morte dans un lit d'hôpital !

Il la prit ensuite dans ses bras, la serrant contre lui avec force, avec un long soupir, posant son menton sur le sommet de son crâne. Voilà où en arrivaient, à hurler pour des choses qui auraient dû être réglées depuis des années, et même ne jamais arriver si leur mère avait un tant soit pris la peine, quand ils étaient enfants, à leur expliquer pourquoi elle se séparait de leur père et pourquoi Phil avait débarqué à la maison, comme ça, du jour au lendemain. Pathétique. Bella le renvoyait sans cesse balader mais voilà bien la preuve que ça la travaillait autant que lui. Le temps aidera à faire passer tout ça… Elle se tortilla tout à coup pour s’en aller et il referma un peu les bras sur elle, ne voulant pas la laisser tant qu’elle pleurait comme ça. C’était comme s’ils venaient de recevoir des coups de brique sur la tête, un grand silence était retombée sur la chambre, ils pouvaient même entendre des bruits de casserole venant de la cuisine et les échos de la télé. Charlie ne les avait même pas entendus ? Ou ne voulait-il pas s’en mêler ? Père démissionnaire jusqu’au bout, autrement dit.

– Ch... Charlie a besoin de toi, il faut quelqu’un pour l’aider. Puis il m’a sûrement entendue pleurer, il va se poser des questions. Je v... Je vais très bien.

– Ouais, tu vas très bien, répliqua-t-il d’un ton cynique, et moi je suis le nouveau roi d’Espagne, je ne te l’avais pas dit ? Oublie Charlie, il est encore occupé à « cuisiner ». Vaudrait mieux qu’on embarque Raven et qu’on aille manger une pizza, ce sera plus prudent que de finir empoisonné.

Il était très sérieux, en disant ça. Phil cuisinait des plats comestibles mais ce n’était pas là un talent possédé par Renée et Charlie. La première avait un peu trop d’imagination et n’hésitait pas à sortir un rôti de bœuf à peine cuit et sucré, accompagné de jus de banane, et le second avait un don pour tout faire brûler, rendre une simple plat de nouilles collant et gluant et autres spécialités culinaires très étranges. Il n’avait toujours pas relâché sa petite sœur, la gardant fermement contre lui pour l’empêcher de s’échapper, même si elle ne pouvait pas quitter cette pièce, de toute façon.

– Tu sais pourquoi j’ai arrêté de me droguer ? marmonna-t-il. Parce que je n’avais pas confiance, Phil n’était jamais là, Renée était comme une gamine, je ne la voyais pas faire un peu attention à toi et Raven. Entre vos fugues et le reste… Mais Raven n’est pas responsable de ce bordel, tu sais, pas la peine de lui en vouloir à elle aussi.

Dans un sens, heureusement que Phil était son père, plutôt que Charlie. Lorsqu’il revenait à la maison, entre deux voyages pour ses championnats et il ne savait quoi encore, il s’occupait de sa femme, pensait et réfléchissait pour elle, s’occupait de Raven, parfois d’eux deux aussi. Ce n’était pas un homme mauvais, il était très mature et attentif aux autres, assez gentil.

– Tant qu’on est dans le sujet des trucs que j’aurai dû deviner par magie, il y a autre chose ou t’as fait le tour ? Défoule-toi, on est en tranquille, profite. Tu peux même demander quelles drogues on peut utiliser pour planer un après-midi entier ans se tuer pour autant, j’en ai testé pas mal. Et aussi, je me fous avec qui tu couches et quand, la seule chose qui m’importe, c’est que tu sois consentante et réveillée. C’est le minimum syndical.

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Isabella M. Swan
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MessageSujet: Re: Entre frère et sœur   Mar 29 Déc - 23:23

Dylan – Ouais, tu vas très bien, répliqua-t-il d’un ton cynique, et moi je suis le nouveau roi d’Espagne, je ne te l’avais pas dit ? Oublie Charlie, il est encore occupé à « cuisiner ». Vaudrait mieux qu’on embarque Raven et qu’on aille manger une pizza, ce sera plus prudent que de finir empoisonné.

Mpfh. Elle n’avait pas faim, de toute façon, même les plats de Charlie feraient l’affaire. Sinon, il pouvait aussi la lâcher et aller manger une pizza avec Raven, elle ne lui en voudrait pas, promis. Bella essaya de se défaire de l’étreinte de son frère, remuant un peu… sans grand succès. Il la tenait bien fermement contre lui, l’empêchant de s’esquiver. C’était injuste ! Où voulait-il qu’elle aille, en plus ? Il avait fermé la porte à clef et ne lui avait toujours pas rendu ladite clef… C’était odieux, comme moyen ! Il savait qu’elle comptait s’échapper, c’était juste pour cette raison qu’il avait refermé derrière lui. Et maintenant, Bella avait tout balancé… Absolument tout, à cause de la colère, de la rage, du trop-plein d’émotions renfermé en elle depuis des années. Et maintenant, elle se sentait idiote. Idiote d’avoir craqué, idiote d’avoir parlé – même si Dylan avait raison – et idiote de l’avoir rejeté alors qu’il ne savait rien. Mais, d’un autre côté, il aurait pu parler, la prévenir, lui dire… quelque chose. Cette pensée tournait en boucle dans sa tête sans qu’elle ne parvienne à l’oublier.

Dylan – Tu sais pourquoi j’ai arrêté de me droguer ? marmonna-t-il. Parce que je n’avais pas confiance, Phil n’était jamais là, Renée était comme une gamine, je ne la voyais pas faire un peu attention à toi et Raven. Entre vos fugues et le reste… Mais Raven n’est pas responsable de ce bordel, tu sais, pas la peine de lui en vouloir à elle aussi.

Mais elle ne lui en voulait pas ! Pas trop. Pas beaucoup. Oui, bon… Peut-être un peu, et alors ? Bella n’avait jamais pu s’en empêcher, ne voyant que le lien que Raven avait avec ses parents, lien qu’elle-même avait perdu. Elle avait également un lien très fort avec Dylan qui continuait à la protéger, qui était toujours resté présent pour elle là où la lycéenne l’avait perdu et s’était éloignée de lui, petit à petit. Et maintenant… ? Elle ne savait pas. L’information » j’ai arrêté de me droguer pour vous » peinait à monter jusqu’au cerveau, Bella étant beaucoup trop mal à l’aise. Elle n’avait plus l’habitude de craquer, d’être dans les bras de son frère, de pleurer devant quelqu’un alors qu’elle refoulait toujours tout depuis des années. Elle essayait de se calmer, respirant par petites bouffées, et glissa ses mains entre Dylan et elle pour les poser sur son torse, y appuyant pour essayer de se libérer. Elle avait seulement besoin d’espace ! Il pouvait bien le comprendre, non ? Tout allait très bien, c’était le contrecoup, voilà tout. Rien de plus. Une petite journée tranquille et tout irait bien mieux.

Dylan – Tant qu’on est dans le sujet des trucs que j’aurai dû deviner par magie, il y a autre chose ou t’as fait le tour ? Défoule-toi, on est en tranquille, profite. Tu peux même demander quelles drogues on peut utiliser pour planer un après-midi entier ans se tuer pour autant, j’en ai testé pas mal. Et aussi, je me fous avec qui tu couches et quand, la seule chose qui m’importe, c’est que tu sois consentante et réveillée. C’est le minimum syndical.

Bella – Je suis tout le temps réveillée ! protesta-t-elle d’un ton rauque en levant la tête. Et j’ai jamais eu de problème à ce niveau-là, t’es pas obligé de me couver, ça va très bien par là. Et je n’en veux pas à Raven, je sais qu’elle n’y est pour rien, je vois pas ce qui te fait dire le contraire. Tu me relâches ?

Elle avait au moins fait l’effort de lui demander, c’était déjà ça, non ? Seulement, il était hors de question qu’elle demande des conseils à son frère pour se droguer. Non, c’était impossible, elle ne pouvait pas. Surtout que ce n’était pas régulier, Bella n’avait pas besoin, elle était parfaitement capable de se débrouiller toute seule. Oui, d’accord, elle l’avait fait hier… et après ? Elle s’en était bien tirée et avait prévenu Charlie en disant qu’elle ne reviendrait que le soir. La seule différence était qu’elle était revenue plus tôt, accompagnée, ne devant pas conduire comme c’était prévu initialement. Bella soutint un peu le regard de son frère, les yeux toujours humides, essayant une nouvelle fois de se détacher de lui. C’est qu’il refusait de la relâcher… Mais pourquoi ?! Elle ne pouvait pas sortir de sa chambre, de toute façon, c’était impossible. Alors pourquoi la gardait-il dans ses bras ?

Dylan – Je sais très bien que tu es jalouse, ma vieille.

Bella – C’est pas vrai. Tu dis n’importe quoi et je ne vois pas comment tu pourrais être aussi sûr que ça d’un truc pareil alors qu’on ne se parle plus. Lâche-moi, maintenant, tu vois bien que je ne pleure plus.

Dylan – C'est visible comme le nez au milieu de la figure ! Fais attention à ce qu'elle ne s'en rende jamais compte, tu aurais du mal à lui expliquer.

Il se décida enfin à la relâcher, se dirigeant ensuite vers la porte pour ouvrir et sortir. Bella se laissa tomber sur son lit, entendant vaguement Dylan dire qu’ils allaient manger bientôt sans rien lui répondre, se mordant les lèvres. Elle était vidée, secouée par ce qui s’était passé. La lycéenne posa un bras en travers de son visage, se recouvrant les yeux tout en respirant profondément. Bien sûr, elle était jalouse, un peu, mais il était hors de question qu’elle l’admette face à Dylan. Elle avait l’impression d’avoir été écrasée par une énorme massue, comme si tout cela ne s’était pas réellement passé. Se redressant, Bella attrapa son téléphone, cherchant le numéro d’Edward sans savoir ce qu’elle allait dire, l’appela avant de raccrocher sans dire un mot. C’était stupide, il devait être occupé en plus. Optant plutôt pour le texto, elle lui envoya un bref message d’excuse en disant que c’était une fausse manipulation, ignorant toujours ce qui l’avait poussée à l’appeler. L’envie de parler, le besoin de confirmer qu’elle n’était pas en train de dormir ? Quoi qu’il en soit, l’abcès était crevé.

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