Le monde a changé, les vampires aussi, les humains sont prêts pour la guerre...
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Passing away

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Edward Cullen
Lycéen(ne)
avatar

Activité : Présent
Statut : Membre
Messages : 38

Âge Rpg : 17 ans / 86 ans
Statut marital : Célibataire
Particularité : Télépathe

MessageSujet: Passing away   Jeu 2 Mar - 11:18

Ils avaient dû le mordre dès dimanche, lorsqu’il était reparti avec Démétri, c’était sûr et certain. Edward rajusta un peu le sac de cours qu’il portait en bandoulière, refermant son manteau noir et court. Il attendait dans le couloir, appuyé contre le mur, à côté du secrétariat élèves où Bella était au téléphone. On l’avait prévenu que l’hôpital devait la joindre en urgence, à propos de son frère, hospitalisé depuis la veille, dans l’après-midi. Bien entendu, elle avait su dès hier que Dylan avait été à l’hôpital, mais avait sans doute pensé qu’il s’agissait d’une maladie bénigne, que son frère n’allait en avoir que pour quelques jours au maximum. Las, les Volturi n’étaient pas un faible mal… Un nouveau vampire allait bientôt fouler leurs terres, un tout nouveau garde de ce clan de dangereux cinglés, quoi de meilleur pour le moral, on se le demande ? Un nouveau traqueur, en plus de ça. Au fond, Edward avait conscience que c’était assez injuste d’en vouloir à Dylan… Il était né comme ça, après tout, et ce n’était pas lui non plus qui avait décidé de se faire alpaguer par les Volturi. Comme eux tous, il allait juste… mourir comme ça, sans avoir le choix.

Dès que Bella sortit du secrétariat, il l’arrêta puis lui dit du ton le plus doux possible qui allait l’accompagner, la conduire à l’hôpital en voiture et ne pas la laisser toute seule pour traverser ça. Même si sa famille sera sûrement là-bas, autant l’entourer tout de même. Il passa un bras autour de ses épaules pour l’emmener avec lui, la gorge brûlante par sa folle envie de plonger les crocs dans sa gorge pour aspirer son sang, ne se contenant toujours qu’à très grande peine. Du calme, ce n’était pas le moment de céder… Bloquant sa respiration à certains moments, il l’emmena jusqu’à sa voiture et la poussa à s’y installer, prenant lui-même le volant puis sortant en douceur du parking avant de filer sur la quatre voies pour rejoindre Forks et son hôpital. Le père et la petite sœur de Bella devaient aussi être dans tous leurs états… C’était horrible de devoir les regarder se mettre ainsi alors que tout le monde dans cette chambre, Dylan compris, savaient qu’il ne mourra pas vraiment. Edward conduisit assez vite, les mains serrées sur le volant pour résister à la soif, inspirant par à-coups.

Edward – Ta famille doit déjà être là, murmura-t-il.

Il reprit la main de Bella sur le parking de l’hôpital, ne la lâchant pas non plus en traversant l’accueil puis en prenant l’ascenseur. Comment Carlisle tolérait-il de travailler ici ? Toutes ces odeurs… Le sang… Partout… C’était insoutenable… Il marcha un peu plus vite dans les couloirs, une fois au bon étage, luttant pour ne pas craquer ici. Heureusement pour lui, en un sens, sentir la présence des Volturi au bon étage eut le don de le calmer directement, même s’il ne pouvait pas voir où ils se trouvaient. Une infirmière leur indiqua la bonne chambre, d’un ton très doux, le ton de celle habituée à parler à des familles en deuil ou sur le point de l’être. Edward s’arrêta devant ladite chambre, lançant un regard à Bella.

Edward – Tu préfères rester avec ta famille ou que j’entre aussi avec toi ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella M. Swan
Lycéen(ne)
avatar

Activité : Présent
Statut : Administrateur/trice
Messages : 151

Âge Rpg : 17 ans
Statut marital : En couple
Particularité : Embryon de bouclier

MessageSujet: Re: Passing away   Ven 3 Mar - 18:48

Bella somnolait sur son banc, fixant désespérément la pendule de la classe dont les aiguilles semblaient collées au cadran. Elles ne bougeaient pas, là, si ? C’était incroyable que le temps passe si lentement ! D’accord, les cours de physique étaient loin d’être sa tasse de thé, surtout qu’elle avait déjà vu cette matière encore, et encore, et encore… Mais de là à rendre la théorie aussi ennuyeuse ! Ça devait être interdit par la loi. Elle avait l’impression de perdre son temps, ici, alors qu’elle pourrait être chez elle ou à l’hôpital pour discuter avec Dylan. Son attitude, ces derniers temps, l’inquiétaient plus que jamais et elle voulait savoir ce qui se passait. Il couvait peut-être une simple maladie… Et comme il avait refusé d’aller se faire soigner dès le début, les choses s’étaient aggravées. Mais cela n’expliquait pas son comportement étrange et sa nervosité croissante. Peut-être était-ce une conséquence ? Certaines maladies étaient capables de rendre fou quelqu’un ou d’affecter tellement le système nerveux que la personne infectée avait des réactions démesurées.

La lycéenne commençait sérieusement à piquer du nez, son crayon dans sa main droite à griffonner sur sa feuille, lorsque l’on frappa à la porte. Heureuse, elle crut que l’heure venait de toucher à sa fin, sursautant presque en s’apprêtant à ranger ses affaires. Mais ce n’était qu’un surveillant, entrant dans la classe à la recherche d’un élève qui avait, sans doute, encore séché une fois de trop les cours. Le surveillant dont elle avait encore oublié le nom murmura à l’oreille de leur professeur qui la regarda alors. Hum ? Tournant la tête, Bella s’aperçut que les autres élèves la regardaient aussi, lui faisant froncer les sourcils. Elle n’avait rien fait, c’était bien la première fois qu’on la cherchait elle. Ou alors, elle se trompait. Baissant la tête sur sa feuille, l’air encore un peu endormi, elle reprit son gribouillage inutile pour passer le temps.

Prof – Isabella Swan, levez-vous, s’il vous plaît, et prenez vos affaires.

Hein… Elle ? Mais elle n’avait strictement rien fait ! Pourquoi la demander ? Nerveuse, soudain, Bella s’exécuta en rassemblant maladroitement ses affaires pour les fourrer dans son sac à dos le plus vite possible. Elle lança un regard perdu à Edward, ne comprenant vraiment pas ce qu’elle avait fait, mais se leva tout de même pour suivre le surveillant sous le regard inquiet de son professeur. Inquiet… Inquiet ? Mais qu’avait-elle fait, au juste ? Pour une fois, Bella était restée sage, elle travaillait et n’avait causé de problème à personne ! Pourquoi le surveillant voulait-il qu’elle le suive ? Elle sortit de la classe la première, attendant patiemment et nerveusement que son « guide » l’emmène où il le souhaitait une fois la porte de la salle de classe refermée.

Surveillant – Je suis désolé mais la secrétaire m’a envoyée vous chercher, dit-il enfin. C’est l’hôpital qui app… Miss Swan, attendez !

Bella ne lui laissa pas le temps de continuer, se mettant à courir vers le secrétariat de l’école. Vite, vite, vite ! La peur au ventre, sa gorge se serrant à mesure qu’elle glissait sur le carrelage du bâtiment des salles destinées aux cours scientifiques. Elle se répétait en boucle que ce n’était rien, que c’était juste pour la prévenir, que ce n’était pas très grave, que tout allait bien. Mais, à côté… Sa raison lui hurlait que l’hôpital n’appelait pas les élèves pour rien. Et la tête du prof, celle du surveillant qui « était désolé »… Cela ne signifiait qu’une seule et unique chose, que Bella refusait de réaliser. Pas maintenant. Ils venaient de crever l’abcès, ils venaient de se parler, de réaliser tout le temps qu’ils avaient perdu ! Tout ne pouvait pas s’arrêter maintenant, c’était impossible. C’était un vrai cauchemar, elle ne voyait pas d’autre mot pour qualifier la situation.

Passant les grandes portes donnant sur la cour, Bella faillit trébucher dans les escaliers et tomba même sur la fin, loupant la dernière marche, ne se rattrapant que de justesse à cause de la peur. Dehors, quelques élèves prenaient une pause, étant sûrement en heure de creux comme cela arrivait à tout le monde, et ils la dévisageaient. Peu importe. Elle continua sa course jusqu’à se heurter contre la porte du bâtiment principal, l’ouvrant dans un geste paniqué pour entrer et courir à nouveau vers le secrétariat, ignorant les « On ne court pas dans les couloirs ! » lancés à la volée par les professeurs et surveillants qui essayaient de la rattraper. Pas le temps ! Ce n’est qu’arrivée à la porte du bureau qu’elle s’arrêta, reprenant à peine son souffle avant de dire son nom. La secrétaire lui tendit un téléphone fixe, l’air désolé, lui annonçant qui voulait lui parler mais Bella n’écouta pas et lui arracha presque le combiné des mains.

Médecin – Mademoiselle Swan ? Ici le Docteur Weber. Je suis responsable du suivi médical de votre frère. Et je dois avertir sa famille, aujourd'hui. Vous pouvez lui rendre visite dès maintenant. Son état se détériore et nous craignons qu'il ne parvienne pas à tenir jusqu'à demain.

Bella ne parvint pas à répondre la moindre chose, blême, la gorge serrée. Ce qu’elle avait redouté depuis la venue du surveillant était arrivé. Elle avait envie de hurler, de courir retrouver son frère à l’hôpital mais fut seulement capable de laisser tomber le téléphone qui se balança lâchement au bout du fil. La secrétaire, qui avait suivi et prévenu le choc, avait déjà contourné son bureau pour inciter la lycéenne à s’asseoir un peu, le temps de se reprendre un minimum. Mais non ! Le médecin avait dit qu’elle devait y aller, que Dylan ne tiendrait pas jusqu’à demain, que c’était urgent. Elle devait se lever, c’était primordial ! Tant pis pour son état, lui attendrait bien jusqu’à demain, quand… quand… Il attendrait. Se levant, Bella fit non de la tête, d’abord incapable de parler, marmonnant que ça irait, qu’elle allait à l’hôpital tout de suite. Sans savoir pourquoi, la secrétaire la laissa se relever après avoir regardé dehors. Peu importe, elle devait filer, pas le temps de discuter. La lycéenne ravala sa salive, refoulant ses larmes, et hissa son sac à dos sur son épaule avant de pousser la porte du bureau.

Elle fut arrêtée par Edward sans avoir le temps de faire plus de chemin, lui lançant un regard perdu, terrorisé et peiné. Incapable de réagir ou de manifester quoi que ce soit, elle l’écouta lui dire qu’il allait l’accompagner à l’hôpital en voiture, ne pas la laisser seule pour traverser cette épreuve. Il n’avait pas à faire ça… C’était gentil, touchant, mais il n’était pas obligé. Seulement, encore ici, Bella ne put rien répondre, se contentant de le suivre jusqu’à sa voiture. Heureusement qu’il la tenait par les épaules, qu’il avait passé un bras autour d’elle… Autrement, elle n’aurait jamais pu avancer. Elle ne voulait pas voir, ni assister à cela, elle ne voulait pas réaliser que son frère allait… Pas maintenant. Sur le trajet, Bella ne prêta même pas attention à la vitesse à laquelle conduisait Edward, observant d’un air absent la route qui défilait devant ses yeux. C’était un cauchemar et on allait la réveiller. C’était une simple maladie ! Les médecins n’étaient pas si alarmistes que cela, pourtant, qu’est-ce qui avait changé ? Pourquoi ne survivrait-il pas ? Que s’était-il passé ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi lui ? La seule personne qui avait veillé sur Raven et elle, la seule personne à la comprendre, au final.

Edward – Ta famille doit déjà être là, murmura-t-il.

Sûrement… Charlie avait appelé Renée hier, dès que Dylan avait été hospitalisé. Elle avait, évidemment, réservé les premiers billets pour venir jusqu’à Forks même si ce n’était rien de grave à ce moment-là. Quant à Raven et Charlie, évidemment, ils étaient sûrement déjà là aussi comme eux avaient sans doute été les premiers au courant. Charlie étant leur père et disposant du téléphone à tout moment de la journée, il avait pu décrocher assez vite et aller chercher Raven. Seule Bella avait été retenue à cause des cours. Lorsqu’elle réalisa qu’ils étaient arrivés à l’hôpital, elle ne put se résoudre à descendre de la voiture, terrifiée. Elle ne voulait plus. Elle ne voulait pas voir ce que le médecin lui avait dit, elle n’allait pas le supporter.

Ce fut Edward qui la fit descendre, en ouvrant la portière et en lui prenant la main. Ce fut également lui qui lui permit d’arriver jusqu’au hall d’entrée en avançant sans la lâcher jusque-là. Ils grimpèrent ensuite dans l’ascenseur, Bella ayant volontiers pris les escaliers, et s’arrêtèrent à un étage quelconque qui devait, sans doute, être celui de la chambre de son frère. Pour le coup, heureusement qu’Edward était là… Il arrêta aussi une infirmière pour lui demander où trouver la chambre de Dylan Swan et, immédiatement, le ton de l’infirmière se fit plus doux et compatissant, ce qui toucha la lycéenne même si elle savait, au fond d’elle, que c’était seulement son travail. Le moindre geste de compassion suffisait, même si cela contribuait également à lui donner envie de pleurer davantage et de s’enfuir. Ils avancèrent dans le couloir, Bella observant et écoutant les bruits qui régnaient ici. Du blanc, l’odeur de l’hôpital, des médicaments, des compresses, et même de la mort même si c’était sans doute son esprit qui voulait cela. C’était affreux, horrible, à vous faire faire des cauchemars pour des années entières, voire jusqu’à la mort. Au bout d’une traversée qui sembla incroyablement longue, Edward s’arrêta en face d’une chambre. C’était… C’était ici ? Elle fixa la porte sans avancer, le cœur au bord des lèvres.

Edward – Tu préfères rester avec ta famille ou que j’entre aussi avec toi ?

Bella leva la tête vers Edward, n’osant pas avancer seule et sentant qu’elle avait besoin d’un soutien extérieur pour entrer dans la chambre et voir son frère sur son lit de mort. Mais Dylan ne l’appréciait pas… Pour une raison qu’elle ignorait, il ne le supportait pas malgré le comportement d’Edward avec elle jusqu’à présent. Nombreuses furent les occasions où il aurait pu abuser d’elle, la lâcher, la tromper, et il ne l’avait pourtant jamais fait. Alice l’aurait forcément vu ou aurait tout fait pour la séparer de son frère, sinon… Non ? D’après leur première discussion plus ou moins ouverte au sujet d’Edward, c’était ce qu’elle en déduisait. Mais il ne l’aimait pas… pas du tout. Et elle l’avait toujours affronté de face, sans chercher à savoir ce qui n’allait pas précisément, le remballant immédiatement.

Bella – Il… Il vaut mieux que tu restes ici, dit-elle d’un ton rauque. Dylan ne t’aime pas et…

Incapable de terminer sa phrase, Bella prit la main d’Edward entre les siennes pour le remercier, lui disant qu’il pouvait partir s’il le voulait, pour ne pas attendre ici alors qu’il avait autre chose de plus important à faire. Bon, la deuxième partie, elle ne la prononça pas, mais l’idée était là et ses yeux parlaient pour elle. Prenant une profonde inspiration, la lycéenne relâcha les mains de son copain et ferma les yeux un bref instant, face à la porte toujours fermée. Allez… Il ne lui restait plus beaucoup de temps, elle devait le voir, profiter au maximum, même si elle ignorait l’état dans lequel il était vraiment. Prenant son courage à deux mains, elle lança un regard à Edward et abaissa la poignée, entrant dans la chambre.

Une ambiance affreuse y régnait, Bella le sentit dès qu’elle passa la porte. La première chose qu’elle vit était le lit sur lequel était allongé son frère, plus pâle que jamais et mal en point, l’air fatigué, épuisé, avec des perfusions partout en plus du bip irrégulier du moniteur. Même elle qui n’en avait pas vu souvent savait que, en effet, ce n’était pas normal et que les battements de son cœur faiblissaient à mesure que le temps passait. Une boule lui enserrant la gorge, la lycéenne devint blême en voyant la scène, toujours muette depuis qu’elle avait appris le diagnostic. Sa mère était là, elle aussi, tenant la main de Dylan avec les larmes qui coulaient constamment le long de ses joues, reniflant, à moitié allongée contre son fils avec sa tête posée contre la sienne. Bella sentit ensuite une main se poser sur son épaule et tourna la tête, son regard tombant sur Charlie qui tenait Raven dans ses bras. Son père exerça une légère pression sur son épaule pour l’inciter à s’avancer, ce qu’elle n’aurait sûrement pas fait seule autrement. Au prix d’un immense effort pour se sortir de sa torpeur, la lycéenne fit quelques pas jusqu’au lit de son frère et s’installa sur l’autre chaise vide à côté de lui.

Bella – Comment est-ce que… tu te sens ? Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour toi ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Dylan C. Swan
Enquêteur
avatar

Activité : Présent
Statut : Fondateur
Messages : 51

Âge Rpg : 21 ans
Statut marital : Parfois célibataire
Particularité : Traqueur

MessageSujet: Re: Passing away   Dim 5 Mar - 12:03

Essayer de lutter. Encore. Comme si la volonté seule pouvait suffire à stopper les changements s’opérant peu à peu en lui. Allongé dans un lit d’hôpital, glacé de froid alors même que la chaleur de la chambre était mordante et qu’on l’avait couvert d’une épaisse couverture, il tremblait comme une feuille et s’agitait parfois en des mouvements brusques et non contrôlés, se sentant rongé littéralement de l’intérieur pas la malédiction gagnant peu à peu du chemin. Il avait si froid… Son cœur battait à une allure phénoménale, comme s’il était sous haute dose d’adrénaline, propulsant le sang et le venin, imprégnant les organes, les veines, les muscles. Son corps lui échappait, se changeant en autre chose, en… En monstre… On lui avait « placé » deux perfusions, soit des bouts sans aiguille dissimulées par un gros pansement au poignet, pour amuser la galerie et faire croire qu’il était sous traitement. Les soi-disant médecins qui s’occupaient de lui dans ce fichu hôpital étaient sûrement à la solde du clan, jouant pour les autres humains cette farce grotesque qui allait bien mal se terminer.

Tout était déjà prévu et il le savait. Sa mort officielle orchestrée dans cet hôpital. Il imaginait déjà le petit article dans la colonne des annonces funèbres… « Un jeune homme de vingt-et-un ans décède d’une maladie inconnue à l’hôpital de Forks, le 28 septembre 2004. Toutes nos pensées et condoléances vont à la famille et aux amis. » Mort… Il allait mourir… Il voulut se lever, lutter contre ce destin, luttant contre le poison, réussissant à se redresser avant de retomber contre le lit, sans plus de forces, le souffle déjà brisé par ce simple geste. Physiquement, tout en lui donnait à voir qu’il allait y rester. Ses yeux ternes, ses cernes, son teint cadavérique, ses forces disparues, ses tremblements incessants et surtout le froid incroyable de la peau. Reliés aux machines infernales de l’hôpital qui surveillaient son rythme cardiaque et à ces fausses perfusions, la scène était comme une mauvaise comédie dans un film d’horreur, dont on n’attendait rien. Il réussit enfin à rouvrir les yeux, la tête tournée vers la porte, ses cheveux noirs en bataille contrastant presque avec violence sur l’oreiller si blanc.

Il ignorait quelle heure il était, quel jour on était, même, combien de temps allait encore prendre le supplice, combien de temps lui restait-il pour écouter son cœur battre. Il y eut une certaine agitation, dans le couloir, puis la porte s’ouvrit sur Charlie, Renée et Raven, tenue par la main par sa mère. Mère qui courut presque jusqu’au lit en fondant en larmes, ce qui faillit bien faire pleurer Dylan du même coup. Désolé… Sa mère hoqueta qu’elle avait pris l’avion directement, la veille au soir, et venait tout juste d’arriver à Forks, n’ayant fait qu’un saut à l’école pour récupérer Raven au passage puis venir ici. Charlie, lui, était blême et silencieux, précisant simplement que Bella aussi avait été prévenue puis redevenant silencieux. Renée fit le tour du lit pour se mettre de l’autre côté et ne pas toucher aux appareils, se penchant pour l’embrasser sur le front en pleurant, une main contre sa joue. Le jeune homme referma les yeux, ayant trop de mal à les garder ouvert en continu. Le froid, encore… Sa mère s’était assise près du lit et avait posé sa tête contre la sienne, à moitié allongée en lui tenant la main, sans cesser de pleurer.

C’était stupide… Voilà les derniers instants qu’il pouvait passer avec sa famille et il ne savait même quoi lui dire.

Sa mère balbutia quelque chose qu’il ne comprit pas, rendant l’ambiance encore plus lourde. Son père était à côté, tenant la petite dans ses bras. Le jeune homme brûlait d’envie de leur dire ce qui arrivait vraiment, ce qui allait se passer, ce que… Crier qu’il n’était pas malade, il allait juste être… La porte s’ouvrit à nouveau, tandis qu’il serrait un peu plus fort la main de sa mère dans la sienne. Bella entra à son tour, avec une mine de déterrée, encore plus pâle que lui qui l’était pourtant déjà beaucoup. Il voulut encore se redresser, bougea un peu, ses forces vacillant dès qu’il tenta d’y mettre plus de volonté. « Tu vas passer quelques mauvais jours », comme l’avait avertit Démétri… Quelques mauvais jours… C’était sans doute le pire jour de sa vie. Clignant des yeux en s’efforçant de les arder ouvert, il mit toutes ses forces restantes pour au moins regarder sa petite sœur s’asseoir à côté du lit sans s’évanouir ou pleurer. Elle aussi était en danger mortel… Avec Cullen qui lui tournait autour…. Et elle ne le réalisait pas… Il voudrait lui dire, ne le pouvait même pas, mourant un peu plus de la savoir en danger.

Bella – Comment est-ce que… tu te sens ? Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour toi ?

Faire attention à… Il avait peur qu’elle ne traverse ça, elle aussi, et serait bien capable de tuer le vampire végétarien s’il faisait subir la même chose à sa petite sœur… Il tendit la main en tremblant de tous ses membres pour la poser sur la joue de Bella. Elle posa sa propre main sur la sienne, ce qui lui fournit aussi un moyen de ne pas glisser aussitôt, le geste devenu trop lourd pour son corps littéralement rongé de l’intérieur. Il savait ce qu’il avait à faire… Les laisser croire, tous les quatre, dur comme fer à sa propre mort pour les protéger.

Dylan – Prend soin de toi et de Raven, parvint-il à articuler.

Son cœur s’emballait aussi vite que le moniteur trafiqué, lui, émettait des bips de moins en moins réguliers. Il savait que la fin approchait, l‘équipe médicale lui avait déjà dit et répété ce qu’il aura à faire dès que son cœur stoppera pour de bon. Fermer les yeux, retenir son souffle, s’enfermer mentalement en s’aidant du choc et l’ahurissement provoqué par la fin. Mais fallait-il vraiment que sa famille soit là lorsque le moment arrivera ? Devoir jouer pareille comédie alors même qu’il les entendra pleurer autour de lui… Il en avait mal au cœur rien que d’y penser. C’était horrible… Renée sanglotait toujours, effondrée, elle n’avait pas relevé la tête depuis toute à l’heure et il ne savait toujours pas quoi lui dire. Au revoir ? Désolé ? Il n’avait pas le choix ? C’était ridicule. Tremblant comme une feuille, il avait de nouveau envie de vomir, de hurler, sentant les changements s’opérer en lui à mesure que les minutes défilaient. Une fois de plus, la porte de la chambre s’ouvrit et un des « médecins » entra. Combien d’humains étaient donc à la solde de ce clan … ? Dylan trembla un peu plus en croisant son regard et ne le voyant examiner un des moniteurs.

Docteur Weber – Monsieur Swan, Madame Dwyer, commença-t-il doucement, peut-être serait-il préférable que vos petites filles ne restent pas ici ce soir. Je comprends que votre situation soit très délicate, mais même si la peine est grande, dans ce genre de cas, nous demandons aux frères et sœurs de ne pas… Enfin, il est préférable que seuls les parents restent, s’ils le désirent.

Il avait quand même du tact pour un type sachant très bien que cette farce ne se soldera que par la venue au monde d’un nouveau suceur de sang sur terre et pas par la mort véritable d’un jeune homme. Dylan se mordit les lèvres puis referma les yeux, trop fatigué et bouleversé pour les garder ouvert. Au-delà de l’incroyable malaise, la terreur aussi occupait une place prédominante dans son esprit. Peur de ce qu’il allait finalement devenir, peur de perdre son humanité, peur de la vie qu’il allait mener ensuite, peur d’absolument tout. Rouvrant les yeux après le départ du docteur, il inspira un peu puis tendit la main vers Raven pour qu’il puisse l’embrasser avant qu’elle ne parte. Avant qu’il n’ait plus jamais le droit de la serrer à nouveau dans ses bras.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Raven Dwyer
Ecolier/ière
avatar

Activité : Présent
Statut : Membre
Messages : 8

Âge Rpg : 7 ans
Statut marital : Célibataire
Particularité : Aucune

MessageSujet: Re: Passing away   Dim 12 Mar - 13:55

Tous les enfants étaient restés à la porte et aux fenêtres quand Raven était partie avec maman, venue la chercher, en lui disant au revoir. Et depuis, elle essayait d'assimiler la réalité, si tout était bien vrai et pas juste un gros cauchemar, comme elle ne faisait de temps en temps. Tout était vraiment vrai ? Maman pleurait... Rien que cela terrorisait Raven, elle n'avait jamais vu son père ou sa mère pleurer devant elle ni montrer qu'ils avaient mal quelque part. Maman ne pouvait pas pleurer, à ses yeux, elle ne pouvait pas être malade ou malheureuse, mais là, si elle pleurait. Et c'est bien ça qui convainquit Raven que tout était réel, très réel. Assise à l'arrière de la voiture, elle restait silencieuse et très calme, une fois n'est pas coutume. C'était réel mais c'était aussi comme un cauchemar, où elle essayait de s'échapper et n'y arrivait pas, le monstre arrivait aussitôt sur elle et la terrorisait.

A l'hôpital, maman lui prit la main, Charlie marchait avec elles aussi. L'endroit effraya encore plus la fillette qui n'y était jamais entrée, pas une seule fois dans sa vie. Il y avait des grands ne blouse blanche partout, qui marchaient vite, des gens allongés sur des brancards ou assis dans des fauteuils roulants, et une odeur bizarre et lourde qui flottait dans l'air. Et maman tremblait très fort. Encore plus fort que toute à l'heure, à l'école. Pourquoi... Pourquoi ça arrivait ? Pourquoi son frère partait ? Dans son esprit, elle refusait encore d'admettre que c'était la dernière fois, c'était impossible. Elle ne voulait pas croire maman qui lui disait qu'il fallait venir dire au revoir à son frère, elle n'acceptait pas que ce soit vrai, non. Mais lorsqu'ils entrèrent dans la chambre, que maman la laissa avec Charlie pour courir embrasser Dylan en hoquetant, elle sentit une très grosse boule se coincer dans sa gorge.

Des bras chauds et protecteurs l'entourèrent tout à coup et l'écolière se sentit quitter le sol, enroulant par réflexe ses bras autour du cou de son parrain, qui la serrait contre lui. Quand il s'approcha du lit, Raven vit plein de fils partout, des appareils qui ressemblaient à des télé mais plus petits avec des bips et des sons bizarres, et des lignes de couleur qui bougeaient dessus. C'était pour quoi faire ? C'est ça qui disait que son frère n'allait pas bien ? Pourquoi ? Depuis combien de temps ? Mais il n'avait pas le droit de partir ! Il n'y avait que les personnes très vieilles qui avaient déjà plein de rides qui partaient là-haut, comme sa grand-mère, papa le lui avait expliqué ! Sa mamie s'était endormie un soir dans son lit et elle n'avait plus rouvert les yeux après, papa lui avait expliqué que c'était normal, que les personnes très âgées montaient au ciel. Mais son frère n'était pas âgé, lui. Sa grande sœur entra aussi la minute d'après, venant s'asseoir à côté du lit.

Grande sœur – Comment est-ce que… tu te sens ? Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour toi ?

Grand frère – Prend soin de toi et de Raven, parvint-il à articuler.

Mais pourquoi... Il n'avait pas le droit de partir... Il n'était pas assez vieux... Raven nicha un instant son nez dans le coup d'oncle Charlie, ne supportant plus de regarder son frère très malade et d'avoir peur qu'il s'endort d'un coup, comme ça, comme sa mamie. Elle avait peur et refusait de croire que c'était bien la dernière fois. Et maman pleurait... Sa maman pleurait... Une image tout aussi bouleversante qui la fillette, qui avait toujours cru ses parents éternellement forts, souriants, indestructibles, capables de les protéger de tout et n'importe quoi, jamais malheureux, jamais tristes, jamais malades. La porte s'ouvrit encore et un monsieur en blouse blanche avec des lunettes entra, puis se pencha sur les télés noirs bizarres qui clignotaient. Il ne pouvait pas contrôler les bips et les lignes qui bougeaient pour que son frère aille mieux ? Ou donner des médicaments, comme dans les dessins animés, où le héros s'en sortait toujours.

Blouse blanche – Monsieur Swan, Madame Dwyer, commença-t-il doucement, peut-être serait-il préférable que vos petites filles ne restent pas ici ce soir. Je comprends que votre situation soit très délicate, mais même si la peine est grande, dans ce genre de cas, nous demandons aux frères et sœurs de ne pas… Enfin, il est préférable que seuls les parents restent, s’ils le désirent.

Mais... Raven lui lança un regard à la fois indigné et peiné, considérant pour sa part qu'il était hors de question de partir et de laisser son frère tout seul comme ça. Pas question ! Pas contente du tout, elle tira la langue avec un air méchant au docteur lorsqu'il partit de la pièce, bien décidée à rester là pour tenir la main de grand frère et lui dire au revoir. Elle ne bougera pas, elle ne voulait pas. Et puis, grand frère lui tendit tout à coup la main, ce qui la fit aussitôt s'agiter dans les bras de Charlie. Son parrain la déposa aussitôt sur le lit et elle s'allongea aussitôt contre son grand frère pour le serrer contre elle comme elle put, l'embrassant sur le front, comme lui il faisait avec elle après un cauchemar, à la maison. Il n'avait pas le droit de partir... Les larmes coulèrent enfin, à mesure que la situation prenait tout son sens, car elle entendait qu'il respirait mal.

Raven – Je ne veux pas que tu partes, murmura-t-elle.

Elle resta blottie contre lui jusqu'à ce que maman lui dise qu'il fallait y aller. Elle ne voulait pas ! Pourquoi elles ne pouvaient pas rester ? Charlie la tira hors du lit malgré ses protestations et la reposa par terre. Frustrée, Raven alla aussitôt s'accrocher à sa grande sœur et fourra son visage en larmes contre elle, s’agrippant à sa veste de ses petits doigts.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella M. Swan
Lycéen(ne)
avatar

Activité : Présent
Statut : Administrateur/trice
Messages : 151

Âge Rpg : 17 ans
Statut marital : En couple
Particularité : Embryon de bouclier

MessageSujet: Re: Passing away   Lun 13 Mar - 23:11

Dylan tendit la main vers elle en tremblant avant de lui répondre, la posant ensuite sur sa joue. Bella refoula ses larmes, refusant de craquer ici et maintenant. Elle refusait l’évidence, refusait de voir que son frère allait mourir, disparaître à tout jamais. Il ne pouvait pas… C’était une blague, un mauvais rêve, un cauchemar même. Elle n’ajouta rien, silencieuse, la gorge serrée tandis que les bips infernaux des machines continuaient encore et encore. Ils ne pouvaient pas les diminuer, au moins le temps de la visite de la famille ? Les médecins avaient déjà prononcé le décès très proche, inutile d’en rajouter une couche avec les machines horribles, les fils, et tout ce qui entourait son frère actuellement. Elle posa sa main sur celle de Dylan, la sentant lourde comme s’il n’avait même plus assez de force pour cela. Il aura fallu qu’il ait des gestes de frère les dernières heures de sa vie… Pourquoi avaient-ils pris autant de temps pour se parler ?!

Dylan – Prend soin de toi et de Raven, parvint-il à articuler.

Bella se mordit les lèvres, tremblant à son tour avant de hocher la tête, incapable de faire plus. Elle était désolée… Elle ne pouvait rien dire de plus, même face à lui, se retrouvant encore sans mot pour parler. C’était stupide, elle pouvait faire un effort ! Au moins un petit, un tout petit peu, se forcer à parler avant qu’il ne parte pour de bon. Les bips ralentissaient de plus en plus alors que Dylan avait l’air de plus en plus mal, plus pâle que jamais, son corps lui semblant incroyablement lourd. Un médecin entra alors dans la chambre, leur faisant tourner la tête sans que la lycéenne ne bouge pour autant. Une bouffée de culpabilité l’envahissait en même temps que la tristesse et une profonde injustice grandissait en elle. C’était injuste ! Parfaitement injuste… Ses yeux suivirent le médecin qui jeta encore un coup d’œil aux machines, comme si c’était nécessaire, la faisant presque espérer de la survie de son frère. Mais non… Evidemment, non. Rien ne changeait. Enfin, si. Dans le mauvais sens.

Médecin – Monsieur Swan, Madame Dwyer, commença-t-il doucement, peut-être serait-il préférable que vos petites filles ne restent pas ici ce soir. Je comprends que votre situation soit très délicate, mais même si la peine est grande, dans ce genre de cas, nous demandons aux frères et sœurs de ne pas… Enfin, il est préférable que seuls les parents restent, s’ils le désirent.

Bella lança un regard au médecin, n’ayant aucune envie de partir mais n’ayant pas plus envie de voir son frère mourir non plus. Dylan tendit alors la main vers Raven, elle-même s’écartant pour la laisser passer. Sa demi-sœur se mit à gigoter dans les bras de Charlie qui se rapprocha, toujours silencieux mais le regard grave et douloureux, avant de la déposer sur le lit. De sa petite taille, elle se coucha contre leur frère pour se serrer contre lui et le serrer dans ses bras, l’embrassant ensuite sur le front. Comme lui avait l’habitude de le faire après un cauchemar, même avec Bella lorsqu’elle avait l’âge de Raven. N’y tenant plus, elle détourna le regard, s’éloignant un peu du lit pour rejoindre la porte. Elle ne… Elle ne pouvait pas voir cela. C’était trop, trop difficile et inconcevable.

Raven murmura quelque chose pour Dylan, que Bella n’entendit pas à cause des bips des machines qui semblaient envahir toute la pièce. Fermée, elle patienta sans pouvoir bouger d’un millimètre, muette, lançant parfois des regards vers son frère en contenant ses larmes. C’était injuste. Définitivement injuste. Ce n’est que lorsque leur mère dit qu’il fallait y aller, qu’elles devaient sortir, que Raven lâcha son frère à cause de Charlie. Malgré ses protestations, il parvint à la reprendre dans ses bras pour la déposer par terre, à côté du lit, et sa demi-sœur s’accrocha immédiatement à elle, sa petite main s’agrippant à sa veste. Son visage était en larmes, Bella les sentait couler sur sa peau tandis qu’elle-même luttait pour se retenir. Bon… Elle leva la tête vers Dylan, essayant de lui dire adieu avec ses yeux comme elle était incapable de parler, avant de baisser la tête vers Raven.

Bella – Viens…, murmura-t-elle d’un ton rauque.

Entraînant sa petite sœur avec elle, Bella sortit de la chambre avec un dernier regard vers son frère et referma la porte derrière elle, se retrouvant dans le couloir où Edward attendait toujours. Le voir ici renforçait l’affreuse vérité : son frère allait mourir, peut-être était-il déjà mort alors qu’elles sortaient tout juste de sa chambre. La gorge nouée, elle ne put rien dire tout de suite, se rapprochant de lui sans lâcher Raven. Elle… ne savait pas quoi faire. Elle n’en avait aucune idée, était complètement perdue avec une envie de hurler, de crier, de pleurer, le tout en même temps. Tout lui donnait envie de vomir, ici. L'hôpital, le blanc, les bruits environnants, les patients, les odeurs, les médecins. Tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un hôpital lui donnait envie de crier et de partir en courant. La vie, la justice, la santé et les hôpitaux qui faisaient de leur mieux... C'étaient des foutaises. Mais il y avait sa sœur, une toute petite fille qui avait déjà vu sa mère et son oncle pleurer. Et Dylan voulait qu’elle prenne soin d’elle…

Bella – Est-ce que tu… Est-ce que tu crois que ça dérangerait tes parents si… si on venait, Raven et moi ? Je sais qu’Alice sera capable de… l’occuper. Et Emmett aussi. Ce ne serait qu’une heure ou deux, le temps de…

Se retourner. Se reprendre. Se passer de l’eau sur le visage, arrêter de penser à cet hôpital, à son frère, à… Elle ne savait pas trop. Si elle avait été toute seule, Bella aurait déjà pris la fuite pour aller elle-ne-savait-où, très loin d’ici, histoire de se laisser aller sans personne dans le coin. Elle lança un regard à Edward, priant pour qu’il comprenne sans qu’elle n’ait besoin de parler. Alice lui avait déjà parlé de relooker Raven, que ce serait génial, qu’elle avait déjà plein d’idées pour sa demi-sœur. Alors, elle… accepterait, non ? Elle ne savait pas quoi faire. C’était surtout ça, la vérité.

Bella – Je ne veux pas déranger, si c’est vraiment impossible, on… peut rentrer.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Edward Cullen
Lycéen(ne)
avatar

Activité : Présent
Statut : Membre
Messages : 38

Âge Rpg : 17 ans / 86 ans
Statut marital : Célibataire
Particularité : Télépathe

MessageSujet: Re: Passing away   Ven 17 Mar - 9:55

Ambiance, ambiance… Edward s’appuya contre le mur, sa tête reposant tout près du bord d’un cadre représentant un éminent scientifique ayant travaillé ici à la fondation même de Forks. Il entendait nettement le cœur du traqueur battre de plus en plus vite, alors même que les machines, elles, faiblissaient, un signe de plus que la fin approchait à très grands pas. Les battements du cœur de plus en plus rapides… Une chose au moins qui n’avait pas évolué, dans cette forme de transformation, comme si cet organe vital donnait absolument tout une dernière fois avant de s’éteindre à jamais, comme un ultime défi lancé à la mort. Heureusement que Jasper n’était pas là, il aurait vraiment eu du mal à supporter les émotions s’échappant de cette pièce. Même sans le don de leur frère adoptif, il était facile de savoir ce que les humains ressentaient. De la peur, de la tristesse, un profond sentiment d’injustice, de la colère, de la peine, du déni… Il soupira un peu en passant une main dans ses cheveux, qu’il avait déjà du mal à coiffer de base, imaginant bien l’état dans lequel allaient se retrouver Charlie, Renée, Bella et la petite Raven, dans les prochains mois.

Sortant son portable de sa poche, qui vibrait doucement, il le porta à son oreille, entendant un « allô ? » d’une voix un peu sombre. Jasper… Le télépathe se décolla du mur et s’écarta de la porte de la chambre, marchant plus loin dans le couloir en expliquant à son frère où il était et ce qui arrivait. Il entendait les autres parler derrière, ce devait être l’heure de la pause au lycée. La comédie continuait ! Alice, Jasper et lui en première, tout comme Bella, Emmett et Rosalie en terminale, pour la dernière année du lycée, où ils passeront une fois de plus leur bac. Deux chapeaux de diplômés en plus à ajouter à leur collection. Les toges, souvent immondes, de la tenue officielle de cérémonie de remise de diplôme terminait au feu dès qu’Alice s’en emparait le lendemain. A moins qu’elle ne s’en serve comme tissu pour ses créations de vêtements. Jasper lui demanda s’il revenait au lycée ensuite et Edward marmonna qu’il ne pensait pas, jetant un œil derrière lui vers la porte de la chambre. Là, non, en effet, peu probable, il allait plutôt rentrer avec les deux filles. Carlisle et Esmée étaient à la maison. Leur père adoptif avait quelques jours de congé pour « rattraper les heures supplémentaires bien trop élevées effectuées et se reposer », quant à Esmée, elle avait dû poser un congé maladie tant beaucoup commençaient à s’étonner qu’elle ne tombe jamais malade et ne soit jamais fatiguée non plus.

Jasper raccrocha lorsque la cloche sonna, de leur côté, indiquant la reprise des cours. Edward revint vers la porte, attendant sans impatience, se demandant combien de temps il restait, plus exactement. Pas plus d’une journée ou deux, sans doute. Il finit par y avoir du mouvement, à l’intérieur, les deux sœurs devaient sortir. Le vampire se recomposa aussitôt un visage teinté de compassion, triste pour elles, même si sa plus grande envie était de leur dire de ne pas s’en faire, que leur frère n’allait pas réellement mourir. Ce n’était qu’une mise en scène très convaincante. Les deux filles sortirent, Raven accrochée au bras de sa grande sœur et en larmes. Bella n’était pas dans un meilleur état, se retenant visiblement de pleurer. C’était mignon, en un sens, même dans une situation pareille, elle prenait soin de ne pas trop bouleverser sa petite sœur. Pour une enfant de cet âge, voir ses parents pleurer aggravait encore le cas. Dans la chambre, le « docteur » parlait doucement aux parents de Dylan, en leur prodiguant des conseils pour mieux respirer et les inciter à se parler à cœur ouvert, maintenant, pour ne pas le regretter plus tard. Dans une situation normale, il aurait très bien fait son boulot, celui-là ! Mais le fait que ce en soit qu’une vaste farce destinée à créer un futur vampire rendait la situation cruelle et risible.

Bella – Est-ce que tu… Est-ce que tu crois que ça dérangerait tes parents si… si on venait, Raven et moi ? Je sais qu’Alice sera capable de… l’occuper. Et Emmett aussi. Ce ne serait qu’une heure ou deux, le temps de…

Une heure, une heure… Une journée, oui. Leurs parents ne rentreront pas avant des heures, au moins. Outre qu’il faille attendre la « mort officielle » de leur fils, il faudra ensuite revoir le médecin, que le certificat de décès soit signé, puis songer aux arrangements à prendre pour l’enterrement. Et durant ce temps, Dylan sera, lui, conduit par son nouveau clan en Italie o il sera certainement pris en charge par Caïus. Edward avait entendu dire par Carlisle que c’était lui qui avait jadis entraîné Démétri, nul doute qu’il reprendra le rôle pour Dylan. Le frère « guerrier » des trois, là o Aro était le stratège et Marcus le… L’endormi. Désolé, il n’y avait aucun autre mot. Cet homme donnait sincèrement l’illusion d’être un cadavre en marche, il faisait pitié, rien que l’observer donnait envie d’abréger ses souffrances.

Bella – Je ne veux pas déranger, si c’est vraiment impossible, on… peut rentrer.

Edward – Alice et Emmett sont encore au lycée avec les autres mais mes parents sont à la maison. Ça ne va pas les déranger, évidemment.

Il se pencha et souleva souplement Raven pour la prendre dans ses bras et la porter, tendant l’autre bras pour en entourer Bella par les épaules et l’entraîner avec lui. Avantage d’être un vampire, la fillette ne pesait pas plus lourd qu’une plume. De plus, pour son âge, elle était relativement petite, pas plus haute qu’une fillette de six ans, sans doute ne dépassera-t-elle pas sa grande sœur une fois adulte, à moins d’une poussée de croissance soudaine à l’adolescence. Faire le chemin inverse fut un peu plus long, il avait le sentiment de conduire une Bella en mode automatique, qui allait s’effondrer s’il la lâchait un petit instant. Évitant l’épreuve des escaliers, il les fit de nouveau rentrer dans l’ascenseur puis traverser le hall de l’hôpital dans l’autre sens. Au-dehors, la pluie les accueillit en une onde très légère, le brouillard ne s’était toujours pas levé et pesait sur les alentours avec une force étonnante. Edward tint la portière à Bella puis fit installer Raven derrière avant de se glisser lui-même sur le siège conducteur. Commença par augmentant le chauffage pour les deux humaines, il démarra doucement puis quitta le parking de l’hôpital, prenant aussitôt la quatre-voies pour filer vers la maison.

Quelques minutes de route, dans un parfait silence, plus tard, il quitta la quatre-voies pour s’engager sur la route nationale et sortir de Forks et sa banlieue, roulant entre de hauts arbres et une brume persistante. Leur maison était à environ dix minutes de route, une fois qu’on avait quitté la ville, cinq minutes en roulant comme ils le faisaient d’habitude. Le jeune homme ne tentait pas de lancer la discussion ou de donner de stupides paroles complètement creuses de réconfort. De toute manière, les personnes en deuil entendaient ça comme elles entendaient le vent passer. De son côté, Edward se contentait de maudire mentalement les Volturi, détestant autant ce clan qu’il le craignait. Il tourna à la route plus étroite menant à la maison puis sur le chemin plus cahoteux pour les derniers mètres. La ville blanche se dressait dans le creux de la forêt, immuable, comme toujours. En sortant de la voiture, il reprit Bella par les épaules et Raven dans ses bras pour les faire entrer à l’intérieur, au chaud. En parlant de chaleur, il devrait justement leur faire avaler un truc chaud, un chocolat ou un thé par exemple, ça leur ferait du bien. En attendant, il reposa Raven pour terre pour qu’elle puisse retourner vers sa sœur, lisant dans son esprit que c’était sa seule envie. Et lisant dans celui de ses parents que le lycée avait appelé pour s’étonner de son absence.

Edward – Papa ? appela-t-il en entrant dans la salle à manger. J’ai ramené Bella et Raven, comme leur… Je te dirai après.

Mieux valait ne pas en parler à voix haute, enfin, à volume humain, en tout cas, pour le moment. Son père était occupé à travailler sur son ordinateur hybride et quelques documents et livres, dans la salle à manger. Edward lança aux deux filles de se mettre à l’aise, puis alla préparer ce qu’il fallait dans la cuisine pour elles.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Raven Dwyer
Ecolier/ière
avatar

Activité : Présent
Statut : Membre
Messages : 8

Âge Rpg : 7 ans
Statut marital : Célibataire
Particularité : Aucune

MessageSujet: Re: Passing away   Dim 2 Avr - 13:23

Grande sœur – Viens…, murmura-t-elle d’un ton rauque.

Mais... Mais... Raven se tordit le cou jusqu'à la sortie pour regarder derrière elle, vers le lit, vers maman et son parrain, cherchant quelqu'un qui allait leur dire qu'elles pouvaient rester... Mais non... Tirée par Bella, elle fut dehors en très peu de temps, réalisant à peine ce qui arrivait et pourquoi. Il y a une heure à peine, elle était dans sa classe à lire des poèmes avec la maîtresse et là, là... Pourquoi ?! Pourquoi, ça, pourquoi, il... Pourquoi ? Il était tombé malade avec quoi ? Trop sonnée pour pleurer encore ou même marcher droit, la fillette se contenta de suivre sa sœur à l'aveuglette, dans ce couloir trop blanc, avec des odeurs bizarres partout et des docteurs avec des blouses blanches qui passaient en parlant à des gens qui avaient la même chemise bleue que son grand frère. Et si tout n'était qu'un très grand cauchemar, comme elle en faisait parfois ? Il fallait se pincer le bras ou espérer très fort pour que les monstres partent et pouf, elle se réveillait dans sa chambre avec son lapin en peluche contre l'oreiller. Mais ici... Ici, ça ne fonctionnait pas, rien ne disparaissait. Perdue, Raven s'appuya un peu contre Bella, murmurant quelques paroles d'un ton toutefois trop faible pour qu'on puisse l'entendre. Pourquoi l'hôpital ne disparaissait pas en fumée, comme les monstres dans les cauchemars ? Pourquoi leur frère... Pourquoi... C'était quoi, comme maladie ? Ses pensées ne tournaient plus qu'autour de ça, autour de cette unique question. Pourquoi, pourquoi, pourquoi. Pourquoi lui, pourquoi maintenant, pourquoi ?! Elle leva la tête pour regarder sa sœur, espérant qu'elle lui répondre, qu'elle lui dise pourquoi...

Grande sœur – Est-ce que tu… Est-ce que tu crois que ça dérangerait tes parents si… si on venait, Raven et moi ? Je sais qu’Alice sera capable de… l’occuper. Et Emmett aussi. Ce ne serait qu’une heure ou deux, le temps de…

Hein ? L'occuper à quoi ? Pourquoi ? Il fallait vraiment partir ?! Raven aurait tout à fait prête d'attendre ici, par terre dans le couloir, ou même de trouver un autre petit coin où elle ne gênera personne et attendre. Atteindre l'inévitable, attendre que maman revienne et dise que c'est fini, qu'il fallait accepter la vérité. A cette pensée, une grosse boule vint se bloquer au fond de sa gorge et elle eu beaucoup de mal à respirant, avalant sa salive plusieurs fois de suite pour libérer le chemin. Une fois, papa lui avait dit qu'il ne fallait pas pleurer les morts car Dieu leur permettait de rester près de leurs proches jusqu'à ce que tous soient réunis à ses côtés dans le ciel. Jusqu'ici, Raven avait toujours été convaincue qu'il n'y avait que les personnes très vieilles qui pouvaient monter au ciel, pas les jeunes. Pas vrai ?

Copain de Bella – Alice et Emmett sont encore au lycée avec les autres mais mes parents sont à la maison. Ça ne va pas les déranger, évidemment.

Raven eut un léger hoquet lorsqu'elle quitta tout à coup le sol et dû lâcher la main de sa sœur, se retrouvant sans trop comprendre comment dans les bras du petit ami de Bella. Mais elle pouvait marcher ! Gigotant un peu, elle finit par laisser tomber très vite, regardant par-dessus l'épaule d'Edward la porte de la chambre qui s'éloignait. Jusqu'à disparaître. Le cœur battant plus vite, elle eut tout à coup le sentiment de ne plus avoir aucune force, comme les soirs où elle était si fatiguée qu'elle s'endormait contre la table ou sur le canapé, dans les bras de son père ou sa mère. Les couloirs défilaient sans qu'elle ne les voit, les gens qui passaient et parlaient semblaient s'exprimer dans une longue inconnue. Comme si on avait remplit sa tête de coton-tiges... Et toujours cette question lancinante, pourquoi cela devait-il arriver ? Comment sera la vie lorsque leur frère ne sera plus là ? Elle n'arrivait pas à imaginer... Comment ce sera le matin s'il n'était plus là pour toquer à leur porte en leur disant qu'il était temps de se réveiller ? Lorsqu'il ne sera plus à pour se chamailler avec Bella ou son parrain, lorsqu'il n'attendra plus à la sortie de l'école, lorsqu'il ne fera plus d'allers-retours dans la maison pour aider à ranger ses jouets, lorsqu'il ne rentrera plus tard le soir après le travail, avec Charlie, en disant de ne pas toucher à leurs armes car c'était dangereux ? Ce sera... un vide. Un peu comme dans un livre qu'elle avait dans sa chambre, déchiré, où il manquait la fin de l'histoire.

Comment elles arrivèrent ensuite dans la grande villa où vivait sa maîtresse d'école avec son mari, Raven n'en avait absolument aucune idée... Elles étaient à l'hôpital puis d'un coup, ici. Clignant des yeux, elle les frotta puis essaya d'essuyer un peu ses larmes, de nouveau porté par le copain de sa sœur. L'idée lui vint un instant de retourner quand même à l'école, de tout faire pour que cette journée redevienne normale, que le cauchemar arrête là, que rien ne soit vraiment passé, à l'hôpital. Dès qu'elle put reposer pied à terre, à l'intérieur, Raven retourna aussitôt s'accrocher avec force à Bella, bien décidée à ne pas s'écarter d'un centimètre pour le moment. Pourquoi venir ici ? Complètement déboussolée, la fillette essayait tant bien que mal de retrouver des repères solides, quelque chose, n'importe quoi ! Une personne qui la serrerait dans ses bras, des paroles rassurantes, quelque chose... Un peu de réconfort, c'est tout. En attendant, sa sœur remplissait parfaitement le rôle. Elle était grande, donc protectrice, et chaude, et toute douce, et très, très bien, bien réelle et toute proche. Raven dit à peine bonjour au mari de la maîtresse avant de se retourner et enlacer grande sieur avec autant de forces que possible, fourrant son visage contre elle, dans son ventre. Plus bouger. Elle tremblait comme une feuille, de la tête aux pieds, serrant Bella avec la crainte terrible qu'elle ne disparaisse d'un coup, elle aussi, sans crier gare.

Raven – Tu disparaîtras jamais, hein, dit ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella M. Swan
Lycéen(ne)
avatar

Activité : Présent
Statut : Administrateur/trice
Messages : 151

Âge Rpg : 17 ans
Statut marital : En couple
Particularité : Embryon de bouclier

MessageSujet: Re: Passing away   Ven 7 Avr - 11:42

Edward – Alice et Emmett sont encore au lycée avec les autres mais mes parents sont à la maison. Ça ne va pas les déranger, évidemment.

Merci… Bella le remercia du regard, incroyablement reconnaissante pour ce qu’il faisait pour elles. Désolée. Elle ne pouvait pas… faire autrement. Pas pour l’instant. Il se pencha pour prendre Raven dans ses bras, la soulevant comme si elle ne pesait pas plus lourd qu’une plume, tandis qu’il entourait l’adolescente de son bras pour la pousser à avancer. Elle se contenta de suivre le mouvement, marchant comme un zombie sans cesser de penser à son frère. Il était parti. Il était peut-être en train de partir, en ce moment. Elle ne le reverrait plus jamais. Elle ne le verrait plus passer la porte de sa chambre malgré l’interdiction, elle ne l’entendrait plus jamais lui faire de remarque sur son comportement. Dylan était bien plus qu’un frère, au final, et ce n’était que maintenant que Bella le réalisait… Ils venaient seulement de se retrouver ! De crever l’abcès une bonne fois pour toutes, de se dire ce qu’ils avaient gardé en eux pendant des années. Pour des conneries, en plus…

Edward n’avait aucune idée de l’aide qu’il lui donnait, là, maintenant. S’il n’avait pas été là, elle se serait très certainement effondrée au milieu du parking de l’hôpital sans plus se soucier des patients, voitures, et autres dangers. Quelqu’un aurait emmené Raven à l’intérieur pour la protéger. Et elle… Peu importe. Son frère était bientôt mort, peut-être même déjà mort. Alors, peu importe qu’elle soit en bonne santé ou non, qu’elle tienne debout ou non, que sa santé mentale suive ou pas. Tout ce qu’elle souhaitait, en cet instant précis, était se terrer dans un trou et ne jamais en sortir. Plus avant des années, pas avant que la douleur ne s’apaise. Elle grimpa dans la voiture grâce à Edward, et uniquement grâce à lui, le voyant ensuite vaguement installer Raven qui était dans le même état que sa grande sœur. Elle était gelée, frissonnant alors qu’il ne faisait pas si froid que cela, objectivement. Mais cela lui était parfaitement égal, même si Edward semblait s’en préoccuper et avoir remarqué son frisson étant donné qu’il venait de mettre le chauffage dans la voiture.

Bella lui lança un regard pour le remercier, toujours incapable de parler, regardant ensuite la route sans y prêter attention. Plus ils roulaient, plus l’impression de vide augmentait, comme si s’éloigner de l’hôpital ne faisait qu’aggraver les choses. Maintenant qu’elles n’y étaient plus, la lycéenne savait qu’elle avait vu son frère vivant pour la dernière fois… Elle ne le verrait plus sourire, râler ou la traiter d’idiote comme il en avait l’habitude. Ni se ramener furieux, avec Raven ou elle, parce qu’elles avaient encore tenté de s’échapper. C’était presque devenu un jeu, au fil des ans, les deux sœurs étant de connivence pour faire enrager leur grand frère et essayer de repousser, un peu plus chaque fois, le moment où il allait les retrouver. C’était un genre de concours. « Celle qui tient le plus longtemps gagne » et celle qui perd a un gage. Mais ça, c’était fini. Terminé.

Comme le trajet jusqu’à la Villa qui se dressait devant elles par elle ne savait quel miracle. Ils étaient arrivés depuis longtemps… ? Non. Edward ouvrit, au même instant, la portière de son côté pour l’inciter à sortir avant de prendre Raven dans ses bras. Comme sur le parking de l’hôpital, il les guidait, la lycéenne se demandant très sincèrement comment il faisait pour rester aussi patient et doux malgré la situation et leur état. En plus de cela, lui perdait un temps précieux… Il ne devrait pas être à l’école ? Ou… ailleurs ? Bella se souvenait vaguement du début de la journée de cours mais ignorait si c’était aujourd’hui ou hier. Ou plus tôt, encore. Tout ce qu’elle savait était qu’ils étaient dans la maison des Cullen. Dès qu’elles furent à l’intérieur, l’adolescente sentit sa sœur filer vers elle, s’accrochant à elle aussitôt qu’Edward l’ait reposée à terre.

Edward – Papa ? appela-t-il en entrant dans la salle à manger. J’ai ramené Bella et Raven, comme leur… Je te dirai après.

Le père d’Edward, que Bella avait pu rencontrer lors du dîner de… du week-end passé… Non, stop, ne pas y penser. Donc, le père d’Edward était dans la salle à manger, elles le virent dès qu’elles y entrèrent, occupé à travailler sur un ordinateur avec des documents à côté de lui. Il était sûr qu’elles ne… dérangeaient pas ? La lycéenne essaya de sourire, de le saluer, mais n’y parvint pas plus que sa petite sœur qui se contenta de la serrer avec force et de l’enlacer tout en fourrant son visage dans ses vêtements. Au même moment, Edward leur dit de se mettre à l’aise, sortant de la salle à manger à son tour en les laissant avec son père. Maintenant qu’il n’était plus là, qu’il y avait Raven qui tremblait des pieds à la tête dans ses bras, le choc était bien plus dur à supporter. Bella avala difficilement sa salive, enlaçant sa sœur en essayant de la réconforter un minimum alors qu’elle-même était incapable de se réconforter. L’immense regret qu’elle avait, en cet instant précis, était de ne pas avoir crevé l’abcès plus tôt…

Raven – Tu disparaîtras jamais, hein, dit ?

Q… ? Pardon ? Bella baissa la tête vers Raven, émergeant péniblement en la regardant. Elle mit un certain temps avant de se reprendre, la gorge serrée, obligée de se faire violence pour ne pas craquer bêtement maintenant. Elle aussi avait posé une question identique à celle-ci à Dylan, un jour… Lorsque leurs parents s’étaient séparés. Elle s’était sentie tellement abandonnée qu’elle lui avait demandé, un soir, dans le lit de son frère, s’il n’allait jamais l’abandonner. Et, finalement… Bella s’agenouilla, prenant le visage de Raven entre ses mains pour l’embrasser sur le front, comme son frère l’avait fait à ce moment-là. Puis elle la serra fort dans ses bras, sentant les larmes qui voulaient sortir mais les retenant encore.

Bella – Jamais, dit-elle tout bas. Je ne disparaitrai pas, on restera ensemble, toutes les deux.

Bella essaya de lui sourire mais cela dut ressembler plus à une grimace qu’autre chose, s’écartant un peu d’elle pour lui sécher elle-même les quelques larmes qui restait sur son visage. Elle devait s’occuper… Oui, c’était le rôle de la « grande sœur » de lui changer les idées, c’était à elle de veiller sur elle, mais là, tout de suite, désolée. Elle avait besoin… D’une minute. Pas plus. Besoin d’un bol d’air, ou d’un peu d’eau. Bella se releva, gardant sa sœur contre elle, et se rapprocha de la table pour l’asseoir à une chaise, proche du père d’Edward pour qu’elle ne reste pas seule, lui demandant si elle pouvait utiliser leurs toilettes avant de se tourner à nouveau vers Raven.

Bella – Je serai rapide, d’accord ? Je te l’ai promis, tu connais le docteur Cullen et Edward va revenir aussi.

Bella implora du regard le médecin pour qu’il s’occupe de sa petite sœur quelques minutes, refusant de craquer devant elle alors qu’elle avait déjà vu sa mère et son oncle pleurer. Elle avait seulement besoin d’un peu de temps, de l’air. Dès qu’elle le put, elle sortit de la salle à manger pour se diriger vers les toilettes, connaissant déjà le chemin. Elle grimpa les escaliers, le même que quelques jours auparavant pour rejoindre Dylan, et verrouilla la porte derrière elle. La pièce, assez petite vu qu'il s'agissait de toilettes, lui fournissait l'endroit idéal pour se laisser aller l'espace de quelques minutes. Bella se pencha directement sur le lavabo, sentant les larmes couler sur ses joues sans même observer son reflet dans le miroir. Elle porta sa main à sa bouche pour éviter de faire du bruit, au cas où, ignorant si quelqu'un l'avait effectivement suivie ou non. Se passer de l’eau sur le visage. Juste un peu. Quelques minutes pour se reposer, se reprendre. Elle ne demandait que quelques minutes.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Passing away   

Revenir en haut Aller en bas
 
Passing away
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Service, amorti, Bim passing shot!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Enfant du crépuscule :: Etat de Washington :: District d'Olympic :: Forks :: Hôpital-
Sauter vers: