Le monde a changé, les vampires aussi, les humains sont prêts pour la guerre...
 
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 [Flash-back] Traqué...

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Démétri Volturi
Garde Volturi
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MessageSujet: [Flash-back] Traqué...   Dim 19 Mar - 21:05

Les volets en bois avaient beau être solidement fermés, le vent était si violent et s'infiltrait si bien qu'ils claquaient encore, retenus avec peine par des barres de fer fixées aux battants pour empêcher la tempête d'arracher les battants. Dans le dortoir de la caserne, il régnait un froid mordant, un silence particulièrement lourd, où on n'entendait que le bruit des respirations sifflantes, de la toux, des gémissements parfois. Il y a une semaine ou deux à peine, l'endroit était rempli d'hommes se réunissant tous les soirs pour manger, jouer aux cartes, rire forte te parfois se bagarrer, avant que chacun ne se blottisse sous des couvertures épaisses, souvent serrés les uns contre les autres pour se protéger du froid et de cet hiver très rude. Aujourd'hui, des hommes, il n'en restait qu'à peine une dizaine, grelottant et aux portes de la mort. Le grand Prince avait abandonné ses armées et la population... Aucun médicament n'était plus disponible, civils comme soldats mouraient de la peste depuis déjà des jours. Accroupi au sol, Démétri rajouta des bûches dans le feu, espérant rendre l'air plus chaud pour Ester, un de ses meilleurs amis, couché dans le lit juste à côté. Il avait le regard fixe, vide, dévoré par la fièvre.

Démétri n'était pas tombé malade, contrairement à beaucoup, jouissant depuis toujours d'une bonne santé. Mais cette fois-ci, il se sentait impuissant. Aucun effort ne pouvait aider ses amis, tous mourraient, leur unité, autrefois composée d'une centaine d'hommes solides, était réduite à une quinzaine de soldats aujourd'hui. Vêtue d'un uniforme gris-noir, avec des bottes hautes et une cape courte et chaude jeté sur les épaules et descendant jusqu'à la taille, Démétri y avait ajouté une écharpe en laine contre le froid, couvrant aussi la bouche et le nez pour se protéger des miasmes de la maladie. Il portait perpétuellement des gants pour éviter de se couper, autant que pour se préserver du froid, et ne pas être contaminé non plus par le biais d'une blessure. A genoux devant l'être, il tisonnait le feu, répétant à Ester qu'il allait s'en tirer, que ça se passera bien, qu'il était solide et qu'avec du feu, de la nourriture et de l'eau, tout ira très bien, qu'il sera sur pied dans quelques jours. Son ami ne répondait pas, toujours le regard étrangement vide, la sueur coulant sur son front. Le jeune soldat attisa encore le feu puis se tourna vers son confrère, assis en tailleur, lui parlant pour lui changer les idées. Il lui raconta tout et n'importe quoi, selon ce qui lui traversait l'esprit, parfois de façon claire, parfois très confus, tout en s'occupant du feu. Les heures filèrent. La nuit passa. Lorsque le vent cessa enfin, et que les rayons du soleil annoncèrent l'aube, le soldat referma les yeux. M'instant d'après, il ne respirait plus.

On aurait dit que la fin du monde était arrivée. Les personnes tombaient comme des mouches, le froid achevait de tuer les personnes ayant échappé à la maladie mais affaiblies comme jamais. Démétri se leva d'un bond et quitta le dortoir à grands pas, s'arrêtant une fois au-dehors, sous un large porche, à l'orée de la cour de la caserne. Ne pas pleurer. Avec un froid pareil, les larmes gèleraient sur son visage avant d'avoir eu le temps de couler. Il tira une petite gourde de sa ceinture, sous la cape fourrée, et but une longue gorgée d'un alcool du pays, brûlant et très âcre, arrachant la gorge mais réchauffant le corps mieux que ne le ferait n'importe quel feu. Il faisait si froid... Claquant des dents, il serra les bras autour de lui et fit quelques pas sous le porche pour se réchauffer, inspirant l'air violent et le gel pour continuer de tenir la maladie à l'écart. Même les pires des épidémies mourraient dans un tel climat, il n'y avait plus de rongeurs ou d'insectes pour les transporter. Le soleil leva sa lumière sur un paysage de glace, de neige et de pierre, des maisons basses d'où s'élevaient de nombreuses fumées, une vaste étendue d'habitations, de commerces, de ruelles, de route, d'immeubles et de baraques, un fouillis indescriptible d'où s'élevait une cohue permanente. Jetant un regard derrière lui, vers le dortoir de la caserne, il serra les dents jusqu'à en avoir mal, refusant de pleurer. C'était la vie... Des gens mourraient, d'autres naissaient, on ne pouvait pas empêcher nos amis de partir, c'était comme ça, un point c'est tout. Ne pleure pas.

Tiana – Où vas-tu ?

Le jeune homme s'interrompit et se retourna, jetant un regard à la petite femme de chambre et cuisinière, qui l'avait interpellé. Frêle, les cheveux blonds épais rassemblés en natte sur la tête, elle avait les bras chargés de vieilles couvertures et tirait un chariot rempli de seaux d'eau et de balais. Comme tous les matins, elle se chargeait d'aller enlever les corps des morts, brûler leurs draps et couvertures, nettoyer ce qui était encore possible de l'être. Il lui répondit qu'il allait en ville, avant de reprendre son service habituel de la journée, qu'il avait besoin d'être un peu seul. Elle répondit d'un ton plus sombre qu'il ferait mieux de ne pas y traîner, la mort était partout, puis passa son chemin, tirant le chariot vers le dortoir, le dos courbé, les couvertures pesant contre son épaule. Puisque la mort était partout, il pouvait se rendre où il le voulait, puisqu'il finira forcément par tomber dessus, tôt ou tard. Quitter l'abri de la caserne ne l'aida cependant pas à se changer les idées. Des convoyeurs tiraient des charrettes remplies de cadavres, des enfants criaient, des vieillards tentaient de garder les feux vifs. L'alcool courait partout, des bouteilles s'échangeaient, être ivre était l'une des seules façons efficaces de se tenir au chaud. Démétri serra son écharpe autour de son cou puis s'enfonça sans but réel dans les méandres de l'immense ville, cette fourmilière géante où l'agitation effrénée côtoyait la maladie et la misère sans frontière. Des personnes mourraient en pleine rue, à côté de vendeurs criant sur tous les passants pour écouler leurs marchandises.

Marcher vite, presque courir, était à la fois une solution pour se tenir au chaud que pour se vider la tête et chasser toutes les idées noires. Il avait l'habitude de passer des nuits blanches lorsqu'il était de garde et avait acheté au passage un bol de soupe brûlante qu'il but sans s'arrêter. Il déambulait dans une avenue plus large, après avoir jeté le bol en bois, lorsqu'il ressentit comme un point brûlant, sur sa nuque, alors qu'un frisson, non dû au froid cette fois-ci, lui remontait dans le dos. Tournant la tête, il fouilla la foule du regard, avant que ses yeux n'accrochent au loin une silhouette drapée de noir, qui disparu à peine qu'il l'eut observé. Mais la sensation d'être suivi, elle, ne disparu pas. Pire, elle se rapprochait. A toute vitesse. Le soldat se mit à courir pour de bon, poussé par un brutal sursaut d'adrénaline. *Cours. Sans te retourner.* Il fila tout droit vers le marché au bout de l'avenue, là où tous les matins se rassemblaient des dizaines de personnes, en quête du repas de la journée sans avoir trop à dépenser. Démétri ne réfléchissait pas, suivant purement cet instinct le guidant depuis des années, lui disant où se trouvait le danger, de quelle nature où il était, où fuir et comment. Le danger, pour ce moment, était derrière lui, çà une dizaine de mètres, d'une nature... indéchiffrable. Mais le danger était mortel, il le sentait. Le soldat se fondit dans la foule, rabattant à son tour sa capuche sur sa tête, comme tout un chacun pour se protéger du froid. Il se noya dans la foule, zigzaguant à droit et à gauche, pour semer le type qui le suivait.

L'avantage d'une foule mouvante était qu'elle était parfaite pour trouver un autre chemin, profiter de l'afflux pour se sauver et disparaître des regards. A droite. Ne jamais attendre lorsque cet instinct lui intimait la direction à prendre, hésiter avait failli lui coûter la vie, plus jeune. Depuis, il ne perdait plus de temps à se demander d'où lui venait ces "commandements" et pourquoi, se contentant de les suivre sans broncher ni résister. Deux hommes poussèrent un juron lorsqu'il les bouscula un peu puis stoppèrent en voyant un pan de l'uniforme sous sa cape courte. Baisse-toi. Plus vite. Son suiveur avait dérivé vers le nord du marché, Démétri en profita pour accélérer l'allure et partir vers l'est. Il s'extirpa de la foule et courut dans une autre rue, courte où il bifurqua vers le sud de la ville, sautant par-dessus un muret. Un nouveau frisson l'électrisa quand il sentit le type reprendre brusquement la direction du sud, à son tour, et crut entendre une femme crier. S'enfonçant sous un porche, il entra très vite dans une petite grange abandonnée depuis peu, sans doute à cause de la mort de ses propriétaires, puis se plaqua contre le mur, dans l'ombre, inspirant pour calmer les battements de son cœur. Ne bouge plus. Il attendit, aussi immobile qu'une statue, la tête tournée un peu pour regarder au-dehors. Un instant plus tard, la silhouette noire passa, marchant lentement. C'était bien un homme, aussi pâle et blond que de nombreux autres hommes d'ici. Mais il dégageait un tel sentiment de danger que le soldat en eut la gorge nouée. Ses yeux étaient noirs comme de l'encre, noirs comme il n'était pas possible de les avoir sur cette terre. Il passa sans s'arrêter, poursuivant dans la rue.

Démétri réalisa qu'il tremblait comme une feuille, les mains moites dans ses gants malgré le froideur terrible. Lui qui n'avait jamais accordé le moindre crédit aux histoires de fantômes et de démons était ce matin tout à fait disposé à y croire un peu. Il relâcha sa respiration puis se décolla du mur avec lenteur, attendant encore avant de quitter la petite grange puis fuir à nouveau. Il ignorait qui était ce type, d'où il venait, ce qu'il lui voulait, sachant juste qu'il en avait après lui et qu'il n'aimerait vraiment pas lui tomber dessus. Courant de nouveau, il repassa à travers de nombreuses ruelles, ne voulant que mettre le plus de distance possible entre lui et l'homme en noir.

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MessageSujet: Re: [Flash-back] Traqué...   Ven 24 Mar - 18:08


PNJ Caïus Volturi

Cette ville puait la maladie et la mort. Même si le vampire aimait l’odeur du sang, il n’appréciait guère l’odeur d’un sang putréfié et imbuvable, comme l’était celui des infectés. On ne trouvait donc plus que ça ?! Il n’y avait donc plus que le choix entre ce sang infect ou du sang bas de gamme, sans goût, coulant si faiblement dans les veines de personnes n’ayant aucune volonté réelle de vivre ?! C’était si pathétique ! Et lui qui avait espéré que cette ville fournisse un meilleur terrain de chasse que les quelques pauvres villages minables où ils s’étaient arrêtés auparavant. Caïus soupira très fort avec un grognement frustré, les deux mains dans les poches, habillé comme n’importe quel humain de ce pays et les épaules recouverts par une longue et épaisse cape noire. Au moins, dans une telle contrée glaciale, sa pâleur et ses cheveux blonds passaient sans aucun problème dans la masse. Ses frères se faisaient déjà plus remarquer, pâles, certes, mais les cheveux noirs comme on en voyait peu. En plus de cela, pour une population si courte et trapue, Marcus se faisant d’autant plus pointer du doigt. Il était si grand qu’on le dirait monté sur échasses.

Le Volturi se retourna pour voir, d’ailleurs, si son frère avait terminé la proie qu’il venait de capturer. C’est fou ce qu’il pouvait boire lentement, lorsqu’il s’y mettait ! S’il ralentissait encore un peu, la transformation débuterait déjà chez sa victime. Et puis, comment pouvait-il se contenter d’un sang si pauvre ?! Vivement qu’ils quittent ce pays et toute cette neige, toute cette crasse et tous ces humains faiblards et misérables. Caïus détestait la neige… Il détestait ces humains sans la moindre étincelle de vie. Il détestait ces paysages désolés avec de si rares arbres et le ciel perpétuellement gris. Il détestait devoir rester longtemps dans un endroit lui sortant par les yeux. Il détestait aussi quand leur frère se lançait dans un de ses grands plans de manipulation et il ne savait quoi et les entraînait avec lui dans des coins aussi infects. Ils étaient pourtant si bien, chez eux ! Il y a… deux ou trois siècles, maintenant, ils s’étaient installés dans la ville de Volterra, au château de la place centrale, une place parfaite et agréable, où leurs épouses se plaisaient aussi. Mais non, il fallait croire que ça ne dissuadait toujours pas Aro de voyager à travers le monde entier.

Repartant de son côté, Caïus chercha de nouveau une proie intéressante, assez ennuyé. N’y avait-il vraiment rien de divertissant dans cette ville minable ? Tout en avançant, son regard tomba sur un jeune homme, qui marchait plus loin, semblant en bonne santé. Caïus s’approcha de lui, plus vite, puis eut un léger temps d’arrêt en ne sentant aucune odeur émaner de lui. Qu’est-ce que… Cependant, avant même qu’il n’ait eu le temps de s’interroger sur cette bizarrerie, le cœur de sa proie fit un brusque courant et il partit tout à coup en courant droit devant lui. Caïus en resta bouche bée, si saisi qu’il en resta une bonne minute immobile avant de se mettre à courir lui aussi, tout en veillant à garder une allure humaine. Non mais, alors ! C’était bien la première fois qu’un repas potentiel courait comme ça pour s’échapper alors que rien n’aurait dû le mettre sur ses gardes ! Et il n’avait même pas d’odeur, celui-là, qu’est-ce c’était que ce bordel ! Jurant, il le suivit jusqu’à arriver dans un grand marché animé, à ciel ouvert, où il perdit un moment sa cible de vue. Sans odeur pour le suivre à la trace, ça allait vite se compliquer. Comment avait-il pu sentir le danger arriver ?!

– Dégage, râla-t-il avec humeur en bousculant un humain de l’épaule sans ménagement.

La foule se pressait en tous sens, mais certains parlaient vivement d’un « jeune soldat qui les avait bousculé en courant comme un fou », ce qui finit par donner à Caïus assez d’indications pour savoir où était partie sa proie. Il accéléra l’allure, entra dans une autre rue, bouscule aune jeune femme qui cria sous l’effet de la surprise avant qu’il ne frappe en plein visage pour la faire taire. L’autre rue où il tourna était cette fois déserte, à peine assez large pour laisser marcher deux hommes de front. Il voyait jusqu’au fond de la rue, entendait les humains manger, respirer et parler dans les bicoques et maisons de misère des deux côtés, avec parfois de faibles lumières brillant aux fenêtres. Caïus avança en marchant, écoutant, observant, ses yeux aussi noirs que de l’encre de Chine. Où était passé ce petit soldat… Le vampire continua sa route sans s’arrêter, jusqu’au fond de la rue, où il retrouva un peu de foule. Mais aucune trace visible du mioche. Saisissant ! Un humain sans odeur, qui sentait le danger arriver, qui savait à quel moment se cacher…

La réponse lui vint alors qu’il revenait en arrière. Un traqueur. Un traqueur humain, et apparemment parfaitement conscient de ses capacités, un traqueur humain d’un niveau déjà élevé puisque même sa propre odeur avait disparu. On dirait bien que cette ville allait bel et bien lui offrir un certain divertissement, au final ! Courant à son tour, il retraversa la rue puis se fondit à nouveau dans la masse mouvante et perpétuelle des humains, écoutant pour savoir qui l’avait vu passer, qui parlait d’un soldat aussi effrayé qu’un lapin qui filait droit devant lui en essayant de se cacher. Parfois, certains autres proies en parlaient et l’orientaient sur une nouvelle piste. Bigre, c’est qu’il courait aussi vite que possible… Comment ce don-là pouvait-il être si développé chez un simple humain ?! Mais qu’importe, Caïus allait bien finir par l’avoir, même s’il devait y passer des heures entières !

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